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Blue jasmine - 6/10

Par Aelezig

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Un film de Woody Allen (2013 - USA) avec Cate Blanchett, Sally Hawkins, Alec Baldwin, Andrew Dice Clay, Peter Sarsgaard, Bobby Canavale

Déçue je suis.

L'histoire : Jasmine, une ex très riche bourgeoise de Manhattan arrive chez sa soeur fauchée de San Francisco. Son mari a été emprisonné, et s'est pendu dans sa cellule. Depuis des années, sa fortune se bâtissait sur des escroqueries financières énormes, sans que Jasmine ait jamais eu le moindre soupçon. Totalement ruinée, dévastée par la perte de tout ce qui faisait son monde, y compris son mari, elle va devoir affronter la vraie vie et trouver un travail...

Mon avis : Damned ! Woody est l'un des mes réalisateurs fétiches, Cate est l'une de mes idoles, et ce film avait donné lieu à des critiques dithyrambiques, sans compter les nombreuses récompenses. J'étais donc impatiente de le voir. Il passait hier soir sur Canal ; c'est tout juste si je n'aurais pas débouché le Champagne pour fêter l'événement (sauf que je ne bois pas d'alcool...).

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Au fur et à mesure que le film se déroulait, je n'en croyais ni mes yeux ni mes oreilles... j'étais bel et bien totalement insensible à ce qui se passait. Je m'attendais à une confrontation beaucoup plus drôle et féroce entre les deux soeurs, la milliardaire déchue de New York et la "plouc" de San Francisco, avec au passage une petite satire sur la haute bourgeoisie superficielle de Manhattan. C'est bien - en gros - ce qu'on a dans le film. Mais l'humour irrésistible de Woody n'est pas au rendez-vous ! Et les dialogues sont d'une platitude que je lui ai rarement connue... En fait, cela m'a fait penser au précédent, et médiocre, To Rome with love. Woody, wake up !

J'ai pensé un instant qu'on était dans le mélo à la Woody, où l'humour est davantage en sourdine, comme dans Le rêve de Cassandre ou Match Point. Mais ces films regorgent d'ironie, de coups du sort, de basses et de lâchetés ; ils décrivent avec perfection des histoires horribles de gens banals. Ce qui n'est pas le cas ici.

J'ai trouvé la réalisation fort bancale : beaucoup trop de flash-backs ; on est davantage dans la vie rêvée de Jasmine que dans son combat pour sortir de cette galère, alors que c'était ça l'intérêt de l'histoire ! Et puis la fin est bien trop cavalière spoiler elle retombe amoureuse bien vite, et d'un milliardaire ! fin du spoiler.

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La question est : mais pourquoi donc tout le monde a-t-il adoré ce film ? Serait-ce juste à cause de la remarquable prestation de Cate ? Mais Cate est TOUJOURS remarquable. Elle n'est pas mieux ici qu'ailleurs. So what ?

En plus, j'ai quand même un doute : mon chéri, qui d'habitude n'aime pas du tout Woody Allen, a bien aimé ! Bizarre...

Allons vérifier sur le net ce qui se dit...

Non, je n'ai pas rêvé, tout le monde est sur orbite : impeccablement cousu, chef d'oeuvre irréprochable, un de ses meilleurs films, un véritable petit bijou, un Woody pur jus, une splendide comédie (j'ai pas ri une seule fois), ironie cruelle, une savante construction entre passé et présent...

Quelques très rares journalistes ont eu la même impression que moi : "Difficile de compatir à la chute libre de cette trophy wife incapable de voir la réalité en face. (...) De facilités scénaristiques en personnages caricaturaux, ce "Blue Jasmine" est une sitcom de luxe qui peine à émouvoir" (TéléCinéObs) ; "Blue Jasmine" est une version pachydermique d'Un tramway nommé désir, un portrait de femme dépressive qui revisite Une femme sous influence au rouleau compresseur. (...) Cate Blanchett en fait des caisses" (Transfuge).

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Le film a fait 1.500.000 entrées en France.

On dit Blue Jasmine inspiré par l'affaire Madoff, ce milliardaire new-yorkais qui a défrayé la chronique il y a quelques années, condamné à 150 ans de prison après qu'on eût découvert que toute sa fortune reposait sur une gigantesque escroquerie. Mais... les "littéraires" auront remarqué une grosse similitude également avec la pièce de Tennessee Williams, Un tramway nommé désir...

Non, vraiment, j'ai été hyper déçue et je ne comprends pas l'engouement suscité. Finalement, j'aimerais voir ce film revu et corrigé par... Ken Loach.


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