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CINEMA: "Un Homme très recherché", l'après 11 septembre / "A Most Wanted Man", after 09/11

Par Bullesdeculture @bullesdeculture
Un Homme très recherché est l'un des derniers films avec feu Philip Seymour Hoffman  (Truman Capote, The Master). Il y est dirigé par Anton Corbijn (Control, The American) et joue en compagnie de Rachel McAdams (N'oublie jamais, Sherlock Holmes), Grigoriy Dobrygin (Comment j’ai passé cet été), Willem Dafoe (Spider-Man, The Grand Budapest Hotel ) et Robin Wright (Forrest Gump, House of Cards). Il y campe un personnage d'espion comme seul l'auteur à succès et ancien espion des services secrets britanniques John Le Carré  sait si bien les décrire. Plongée dans un nouveau film post-11 septembre.
A Most Wanted Man is one of the last movies with the late Philip Seymour Hoffman (Capote, The Master). He is directed by Anton Corbijn (Control, The American) and plays with Rachel McAdams (The Notebook, Sherlock Holmes), Grigoriy Dobrygin (How I Ended This Summer), Willem Dafoe (Spider-Man, The Grand Hotel Budapest) and Robin Wright (Forrest Gump, House of Cards). He portrays a spy character that the famous author and former British secret service spy John Le Carré knows so well to describe. Let's dive in a new film post-09/11.More in English >> (Translation in progress, come bubble later)
Synopsis : C’est dans la ville portuaire de Hambourg que les terroristes du 11 septembre ont mis au point leur attaque du World Trade Center. Aussi, quand dix ans après, un immigré russo-tchétchène, Issa Karpov (Grigoriy Dobrygin), débarque, les services secrets occidentaux dont les services allemands de Günther Bachmann (Philip Seymour Hoffman) et les services américains de Martha Sullivan (Robin Wright). Mais qui est donc cet immigré clandestin si observé et qui demande à une avocate de gauche, Annabel Richter (Rachel McAdams), de l'aider à rencontrer le banquier Thomas Brue (Willem Dafoe)  ?

© Mars Distribution

Publié en 2008, le récit imaginé par le britannique John Le Carré nous emmène au cœur du quotidien des services secrets. Le début du film est en ce sens assez quelconque : un cargo entre dans le port d'Hambourg, un homme mystérieux grimpe en silence sur un quai puis s'éloigne. On le suit pendant quelques temps dans son errance puis très vite, nous nous retrouvons en compagnie de la cellule anti-terroriste de Günther Bachmann. Cet Issa Karpov dont personne ne sait encore rien a été repéré sur les écrans de surveillance et Bachmann veut savoir ce qu'il vient faire à Hambourg.
Ce qui est très curieux dans ce film, c'est qu'il s'agit d'un récit d'espionnage où personne n'est sûr de rien : ni dans un camp ni dans l'autre. Pendant un très grande partie du film, Bachmann et son équipe vont suivre les faits et gestes de cet Issa mais rien ne leur dira s'il est dangereux ou non. Il a bien une barbe, il s'agenouille pour faire la prière, il parle couramment arabe et se cache depuis son arrivée en ville  mais à part ça, rien.

© Mars Distribution

Et c'est tout l'intérêt de ce film : ici, il ne s'agit pas d'un film où le monde  est  schématisé de façon simpliste (d'un côté les bons, de l'autre les méchants) mais plutôt d'un personnage, Bachmann, tâchant de le comprendre et de s'adapter à son changement. Le film ne repose donc pas sur une succession de scènes d'action mais plutôt sur une forme d'intrigues de salon où les filatures se passent sans dramatisation exagérée, les réunions avec les autres services aux avis différents sont houleuses mais ordinaires et quand les agents passent à l'action, c'est rarement spectaculaire.
Ainsi, le film avance lentement et nous en démêlons tranquillement les fils de sa complexe intrigue. Parce que bien évidemment, il ne s'agit pas de se fier aux apparences. Si le cadre se resserre et si la tension est à son comble à certains moments, ce n'est pas parce qu'un personnage a une arme braquée sur la tempe mais parce qu'un homme doit signer ou non un ordre de transfert d'argent. Car chaque acte, chaque décision, aussi anodine soit-elle, a une conséquence. Et ce sentiment nouveau d'un danger permanent et diffus où l'ennemi n'est plus si clairement dans le champ (de vision), le réalisateur  nous le fait partager avec subtilité. Comme Clint Eastwood l'avait brillamment fait avec Un Monde parfait (1993), Anton Corbijn nous décrit la fin d'un monde que l'on croyait parfait.  À qui faire confiance ?, de qui doit-on se méfier ? sont les questions qui traversent tout le film.

© Mars Distribution

Côté casting, alcool, cigarettes et vieille Mercedes, Philip Seymour Hoffman est tout entier dans son rôle d'un chef espion toujours inquiet. En face, Robin Wright excelle dans son rôle d'agent de la CIA et reste dans la continuité du personnage froid et retors qu'elle incarne dans la série House of Cards. De même, Rachel McAdams est parfaite dans le rôle de l'avocate idéaliste et sa relation trouble avec Issa Karpov, interprété par l'acteur russe Grigoriy Dobrygin, n'en est que plus touchant. Enfin, le visage toujours aussi inquiétant de Willem Dafoe est parfait pour incarner un opaque banquier international.
En résumé, avec Un Homme très recherché, Philip Seymour Hoffman et Anton Corbijn nous livrent un film d'espionnage très haletant où toute la science du récit de John le Carré nous happe avec délectation.
jici



Facebook officiel : https://www.facebook.com/Unhommetresrecherche.lefilm
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