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Masdar City, vitrine du concept de ville intelligente ?

Publié le 14 octobre 2014 par Pnordey @latelier

A la pointe de la technologie et qualifiable de "concept city", la ville de Masdar présente des caractéristiques extrêmement abouties d’une écoville et ville intelligente.

Plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui dans les villes alors qu’au niveau territorial, celles-ci ne représentent qu’une part infime du globe. Si les villes consomment les 3/4 de l’énergie produite sur Terre, l’ONU prévoit surtout un taux d’urbanisation de 70% d’ici à 2050, avec une augmentation de 2 milliards de personnes sur la planète. Avec l’avènement du numérique et l’ère du Big Data, le concept (encore très large) de smart city a vite émergé mais il est encore difficile de le définir précisément au vu de la complexité de l’impact du numérique sur les différents aspects de la ville (optimisation des ressources, citoyenneté collaborative, gouvernance numérique, transports écologiques et automatisés…). Véritable enjeu donc pour les territoires car relais de croissance et socle pour un développement durable, la smart city attirera de plus en plus les investissements dans les années à venir (39 milliards en 2016 selon ABI Research). Masdar, ville des Emirats Arabes Unis, est en construction depuis 2008 et est une véritable ville nouvelle et éco-ville, mais aussi une ville test pour le concept de smartcity sous certains aspects.

La priorité : l’optimisation des ressources

Initiée par la famille régnante d’Abu Dhabi (le Sultan Ahmed Al Jaber), Masdar est tout d’abord un projet de démonstration. Les Emirats Arabes Unis sont membre de l’OPEP (Organisations des Pays Exportateurs de Pétrole créée en 1960) et possèdent des réserves estimées à 98 milliards de barils, et Abu Dhabi est celui qui en détient le plus avec 92 milliards de barils. En initiant le projet de ville intelligente et écologique (à la pointe des technologies vertes), la construction de la ville de Masdar représente donc un signal fort de la part d’un pays exportateur de pétrole. La ville se veut la "Silicon Valley" de l’énergie en expérimentant des technologies des systèmes énergétiques du futur. Dessinée par le cabinet britannique de design et d’architecture Foster and Partners, Masdar souhaiterait atteindre l’objectif de "zéro carbone et zéro déchets". Elle devrait donc être organisée en îlots et quartiers à haute performance énergétique et environnementale, et compte même devenir à énergie positive (qui produira plus d’énergie qu’elle n’en consomme).

Concrètement, la ville de Masdar est découpée en plusieurs entités, dont deux exclusivement réservé à l’exploitation d’énergies renouvelables et à la réduction de l’empreinte écologique : Masdar Power et Masdar Carbon. La première est une entreprise de construction et d’exploitation d’installations de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables : panneaux photovoltaïques, de solaire par concentration thermique, d’éolien terrestre et marin. La deuxième est une entité qui développe des projets de réduction des émissions de CO2 par une amélioration de l’efficacité énergétique et par des procédés de capture et de séquestration du carbone (CCS). Ces technologies devraient par exemple réduire de 40% la consommation d’eau et d’énergie des immeubles. La finalité est évidemment un développement durable inégalé, avec par exemple un approvisionnement en énergie qui proviendra quasiment que de l’énergie solaire.

Une ville laboratoire du futur

Au delà de l’aspect énergétique de la ville qui est finalement la clé de voûte du projet, Masdar est finalement une expérimentation de ce qu’il est possible de faire autour du concept de ville intelligente. Déjà dans sa structure : les trois autres entités sont la Masdar City chargée de la gestion de la ville, la Masdar Capital qui est la structure financière de la ville (avec des partenaires internationaux tels que la Deutche Bank ou encore le Crédit Suisse) et le Masdar Institute, centre de recherche de la ville. Selon le Sultan Ahmed Al Jaber, directeur général du projet, cette ville doit devenir une vitrine de la ville du futur. Déjà, le nombre des acteurs partenaires de ce projet démontre qu’il est un laboratoire pour le futur. Le Masdar Institute a en effet constitué avec le prestigieux Massachusetts Institute of Technology et pourra former 600 à 800 étudiants en Master et Doctorat. Le campus sera ainsi constitué de 6 bâtiments dans le désert qui sera le coeur intellectuel de la ville : les domaines de recherche ont été sélectionné avec soin, et sont clés pour l’avenir (santé, environnement, systèmes complexes d’énergie…). Siemens, qui a d’ailleurs établi son siège du Moyen-Orient là-bas, participe à la création des infrastructures sur place. Le Masdar Capital est quant à lui destiné à l’investissement dans des domaines clés pour le développement durable : les énergies renouvelables, le stockage des énergie ou encore les transports propres. Ces derniers sont d’ailleurs centraux dans l’organisation de la ville : la marche et le vélo sont privilégiés et un système de transports rapides personnels (PRT) sera mis en place.

Représentant un investissement de 15 milliards de dollars, celle-ci s’étendra sur 7km dans le désert et pourra accueillir 50 000 habitants et 40 000 travailleurs non résidents d’ici à 2020. Elle représente un des projets les plus aboutis de la ville intelligente : de la maitrise énergétique à une architecture millimétrée et un centre d’innovation ultra performant, Masdar est en passe de devenir un des exemples pour l’urbanisme futur même si toutes les facettes du projet semblent difficilement applicables aux villes traditionnelles.

 

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