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"La face voilée du rap" de Mark Breddan

Publié le 04 décembre 2014 par Francisrichard @francisrichard

L'auteur de La face voilée du rap, Mark Breddan, qui est un pseudo, est un amateur de rap: c'est "une forme particulière de chant selon laquelle la voix ne suit plus une mélodie, mais un rythme, généralement dérivé du funk.", chant qui s'inscrit dans le mouvement Hip-Hop.

En fait il aime le rap comme divertissement et non pas comme engagement. Encore que, dans sa période insatiable, qui va de 1990 à 1995, il est athée (il a retrouvé la foi chrétienne depuis): "Ma religion c'était le rap. Ma religion consistait à être anti-flics et antiraciste, c'est-à-dire anti-français et anti-blanc."

Durant les années 1996-1997, il se lasse de cette musique et n'est pas convaincu par le changement qu'elle a opéré: "Tous les disques de rap se sont mis à se ressembler, que ce soit dans le tempo, les rythmes, les samples, les textes. Ce qui faisait la richesse du rap à ses débuts, y compris l'humour, la légèreté, s'est mué en surenchère dans le misérabilisme social, la revendication victimaire."

La prise de conscience

Devenu prof de banlieue, il se rend compte que les élèves qui se complaisent dans le rôle de victimes de la société ne vont pas à ses cours, mais assistent à son atelier de rap.

Le tournant pour l'auteur, c'est le 11 septembre 2001. D'aucuns acceptent la thèse officielle, d'autres, comme lui, penchent pour la thèse du complot, même s'il ne la trouve pas satisfaisante. Alors il se met à étudier l'islam. Dans le même temps les rappeurs français expriment leur haine de l'Occident et leur sympathie pour le monde arabo-musulman.

D'une part Mark Breddan prend conscience que l'idéologie conspirationniste se traduit par un antisémitisme grandissant, d'autre part que le rap a de plus en plus partie liée avec l'islam. Comme il n'existe pas d'ouvrage sur les rapports entre islam et rap, il décide l'écrire.

Le double langage

Il est un premier point commun que l'auteur détecte aussi bien dans l'islam que dans le rap, c'est le double langage.

Ce double langage est présent dans le Coran, tout comme dans les expressions de personnalités musulmanes telles que Tariq Ramadan - discours tolérant et universaliste devant les médias, prière intolérante et sectaire devant ses coreligionnaires.

Ce double langage est présent chez les rappeurs, qui ne disent pas la même chose au cours d'interviews que dans leurs textes. Exemple: "Je chante la paix, le doigt sur la détente." (Kery James, Tous contre nous-mêmes, 2009)

L'appât du butin

Le deuxième point commun entre le rap et l'islam est l'appât du butin.

Les textes de rap cités par Mark Breddan sont éloquents. Exemple: "Pas de promesses, paie-moi en cash, en espèces car j'aime la tune." (Expression Direkt, Mon expression part en couilles, 1998)

Les razzias des musulmans du VIIe siècle n'étaient pas moins significatifs de cet appât et ces pillages étaient bien sûr légitimés par le Coran: "Nourrissez-vous des biens licites enlevés aux ennemis et craignez le Seigneur. Il est clément et miséricordieux." (Sourate VIII, verset 70)

Les délinquants ne manquent pas parmi les rappeurs, qui chantent la délinquance, le braquage ou le cambriolage, et qui fustigent le matérialisme de l'Occident, qu'ils opposent au vertueux monde arabo-musulman (la finance islamique représente aujourd'hui entre 400 à 500 milliards d'euros d'investissements dans le monde...).

Les bons et les méchants

Les thèmes d'origine du rap sont l'esclavage et la colonisation.

Il y aurait d'un côté les gentils noirs et les gentils musulmans qui auraient été solidaires, de l'autre les méchants blancs qui auraient été esclavagistes et colons à la fois.

Dieu que cette fable est jolie!

Sauf que l'esclavage arabo-musulman dure plus de mille ans et qu'il précède la traite européenne et lui survit; sauf qu'à ce sujet il n'est pas question pour les musumans de faire repentance comme les chrétiens l'ont fait...

N'être jamais coupable est en effet le troisième point commun entre l'islam et le rap. Exemple: "Chaque fois qu'un frère tombe au combat, un soldat dans le coma" (Nessbeal, Soldat, 2011)

 

La haine des autres

Le Coran comprend 86'721 mots dans sa version approuvée par la grande mosquée de Paris. Si l'on s'en tient qu'aux mots signifiants, ce nombre tombe à 58'562 mots. Le mot amour n'y apparaît que 10 fois, dont 1 fois seulement pour l'amour d'une femme pour un homme et 0 fois pour l'amour d'un homme pour son prochain, tandis que 12'297 mots se rapportent à Allah ou à l'obéissance à ses commandements.

Par ailleurs, un tiers des 6235 versets du Coran véhiculent "la haine des autres et l'appel au djihad"...

Tout le contraire des évangiles.

Dans le rap: "La violence et la vulgarité des propos tenus dans un nombre incalculable de textes de rap dépassent de loin le droit légitime de s'engager pour défendre une cause ou pour contester une politique."

Cela n'est pas sans conséquences: "La liste des candidats au martyre ou au meurtre s'allonge. Des jeunes gavés de rap pour certains, de théories du complot et d'islam pour d'autres, l'ensemble saupoudré d'une dose indigeste d'antisionisme dieudo-soralien, tout cela englué en un inquiétant réseau d'ignorance et de mort."

Francis Richard

La face voilée du rap, Mark Breddan, 168 pages, Tatamis


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