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On y était : Pierre Lapointe et Peter Peter au Trianon

Publié le 11 février 2015 par Swann

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Mardi 10 février. On a comme une envie de se shooter à la tristesse. De se piquer à la mélancolie. Une perfusion d’histoires d’amour ou de vie plus ou moins ratées. Pierre Lapointe est le gars parfait pour nous donner envie de pleurer. Et comme le Canadien fait vraiment bien les choses, il invite en première partie, un docteur ès tristesse venu de la même contrée que lui : Peter Peter. La tête d’affiche vient défendre son album Paris Tristesse, la première partie termine d’achever la promotion de son deuxième effort Une version améliorée de la tristesse. On ne trouvera pas mieux pour pleurer, ce soir-là.

Peter Peter se charge de nous mettre en condition et de nous déprimer. Surprise : il est seul avec sa guitare. C’est la première fois qu’on le voit ainsi. Pourtant, ce n’est pas comme si on ne l’avait jamais vu sur scène. On a arrêté de compter après le troisième concert. Donc, seul avec sa guitare il livre, de manière brute ses chansons : Une version améliorée de la tristesse, Tergiverse, Montréal, Carrousel… Il chante aussi une chanson qu’il avait écrit pour quelqu’un d’autre mais qu’il n’ose pas chanter lui-même. Ça parle d’un vieil ami, Daniel, qu’il a perdu de vue, long time ago… Voilà, on est déjà bien chamboulées. Bref, on est prêtes à entendre les chansons déprimantes du grand Pierre Lapointe.

On y était : Pierre Lapointe et Peter Peter au Trianon
On y était : Pierre Lapointe et Peter Peter au Trianon
On y était : Pierre Lapointe et Peter Peter au Trianon

Ça commence par un Tu es seul et resteras seul. Le hic. Le micro fonctionne mal, on ne l’entend pas. Le Trianon ne laisse quand même finir sa chanson avant de se plaindre bruyamment. Pierre Lapointe est étonné : « vous avez attendu toute la chanson ? Je vous trouve bien polis pour des Français ». Rire général. Comme le Canadien est sympa, il recommence tout depuis le début. Tu es seul et resteras seul… Pendant une heure et demi, le public alternera entre rires et larmes. C’est cru, c’est beau, c’est triste (Le Lion imberbeQuelques gouttes de sang, Nu Devant moi, Je déteste ma vie, Tel un sel homme). C’est beau. Oui, on l’a déjà dit. Mais on aime se répéter, surtout quand on aime. Pierre Lapointe joue parfaitement l’homme mégalo qui s’aime beaucoup. Et on rit. Il raconte, encore une fois, son histoire d’engagement contre les actrices qui chantent, avec cette chanson qu’il avait écrite pour « la-grande-Monia-Choukri-l’actrice-la-plus-cool-de-Montréal » et qu’il a finalement gardée pour lui. Il se moque du public français qui ne va pas réussir à applaudir en rythme avec les changements de tempo sur 27-100 rue des Partances et se déconcentre lui-même si bien qu’il en oublie les paroles. Quand il ne chante pas ses chansons à lui, il chante celle des grands noms de la chanson française : Charles Aznavour (Comme ils disent), Léo Ferré (C’est Extra). On avoue, les poils de nos avants-bras se sont dressés, des frissons n’ont pas cessé de traverser nos échines. On a pleuré. Un peu. Oui, on avoue. Et, comme tout le reste du Trianon, on s’est levées spontanément à la dernière chanson. Merci Monsieur Pierre Lapointe.

(Et merci aussi à Peter Peter.)

On y était : Pierre Lapointe et Peter Peter au Trianon
On y était : Pierre Lapointe et Peter Peter au Trianon
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Photos : Emma Shindo


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