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Syrie: les rebelles frappent au coeur du fief du clan Assad

Publié le 22 février 2015 par Plusnet
Syrie: les rebelles frappent au coeur du fief du clan Assad La rébellion a frappé pour la première fois samedi au coeur de Qardaha (nord-ouest de la Syrie), ville d'origine du président Bachar al-Assad, avec un attentat à la voiture piégée qui a fait quatre morts selon la télévision d'État.
Et dans la province septentrionale d'Alep, 48 rebelles et membres de leurs familles, dont dix enfants, ont été «exécutés» mardi par les forces du régime qui menaient une offensive dans la région, selon une ONG qui parle d'un massacre.
«Quatre citoyens ont été tués et d'autres ont été blessés dans un attentat terroriste à la voiture piégée dans le stationnement de l'hôpital de Qardaha», a indiqué la chaîne de télévision officielle, sans plus de détails. Le terme «terroriste» est utilisé pour désigner les rebelles dans le langage du régime.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'explosion a tué «deux soldats, une infirmière et un employé de l'hôpital» de Qardaha.
«Un homme est entré sur le stationnement de l'hôpital de Qardaha au volant d'une ambulance remplie d'explosifs. Un autre homme se trouvait avec lui, mais on ignore s'il s'agissait d'un complice ou d'un otage», a précisé l'OSDH.
Les environs de Qardaha ont été récemment visés par plusieurs roquettes lancées par les rebelles dans la province de Lattaquié (nord-ouest), mais c'est la première fois qu'un attentat vise le coeur de la ville.
Qardaha est le lieu de naissance du défunt président syrien Hafez al-Assad, père de l'actuel chef de l'État, et il y est enterré.
Le clan Assad a dirigé la Syrie d'une main de fer pendant plus de quatre décennies, jusqu'au début de la  guerre en 2011 déclenchée par une contestation populaire qui a été écrasée dans le sang par le régime, avant de se transformer en rébellion armée.
La guerre a fait plus de 210 000 morts en quatre ans alors que 10 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont été déplacées par le conflit, environ 3 millions ayant quitté le pays.
Enfants exécutés
Dans la province d'Alep, où une offensive de l'armée et de ses supplétifs contre les rebelles a échoué cette semaine, «48 Syriens, dont 13 rebelles, avec les membres de leurs familles ont été exécutés mardi par balles dans la localité de Rityane», selon l'OSDH.
Parmi les civils figuraient dix enfants et cinq femmes, selon l'OSDH, qui précise que les victimes appartenaient à six familles.
La plupart ont été exécutés dans leurs maisons. «Les soldats et les miliciens prorégime savaient exactement où ils vivaient grâce à des informateurs qui les accompagnaient», selon M. Abdel Rahmane, qui s'est fondé sur des témoignages d'habitants revenus à Rityane après le retrait des militaires.
Joint par internet, un militant anti-régime de la province, Mamoun Abou Omar, a affirmé que certains «ont été tués au couteau, d'autres ont été défigurés».
L'offensive de l'armée et ses supplétifs, dont le Hezbollah libanais, a été mise en échec par une contre-attaque des insurgés. Elle s'est soldée par 129 morts côté régime et 116 côté rebelles. L'armée voulait couper la principale route d'approvisionnement et surtout briser le siège des rebelles sur deux villages chiites, Nebbol et Zahra.
L'ONU avait affirmé vendredi que les crimes de guerre ont progressé en Syrie de façon «exponentielle».
Dans la ville même d'Alep, les raids aériens quotidiens sur les secteurs rebelles ont fait samedi au moins huit morts, dont deux femmes et deux enfants dans le secteur de Sakhour, selon l'OSDH. Et dans deux quartiers loyalistes, six civils ont été tués par des roquettes lancées par les rebelles.
Ailleurs dans le pays, dans la région rebelle de Ghouta à l'est de Damas, au moins dix personnes ont péri dans les raids aériens de l'armée, selon l'OSDH.
D'après l'ONG, près de 6000 civils, dont 1733 enfants, ont péri en Syrie depuis l'adoption le 22 février 2014 d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant notamment que toutes les parties mettent fin aux attaques contre les civils, ainsi qu'à l'emploi sans discernement d'armes dans les zones peuplées.
Source : Lapresse

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