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Le confort de la connerie

Publié le 25 février 2015 par Amaury Watremez @AmauryWat

Le confort de la connerie" Parlons net " pour reprendre l'expression de l'Alceste de Molière...

A la suite de ce texte il y en aura pour dire : il est méchant, il est amer, il est aigri. C'est un cynique, un méchant (en plus d'être un petit bourgeois réactionnaire et hédoniste). Pour les moins cérébralement embrumés je serai un sophiste, un cynique adorant se moquer des certitudes et du confort intellectuel, un emmerdeur, un empêcheur de bêtifier en rond.

L'individu un peu plus sensible, un peu plus lucide, souffrira plus que les autres. Desproges le disait déjà dans ses " Chroniques de la Haine ordinaire " :

" L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur. "

Mais cet individu un peu plus sensible, un peu plus lucide voudrait-il du bonheur étriqué et égoïste étriqué rêvé par ses semblables. Et il a bien conscience de se conduire parfois aussi sottement que les autres. " La connerie est la décontraction de l'intelligence " disait fort justement Gainsbourg . Et tout un chacun a été, est ou sera le con d'un autre.

Le confort de la connerie
Le tout étant d'en avoir conscience, et cela c'est déjà l'être un peu moins...

Ressentir les carences intellectuelles et morales plus que le " pékin moyen " chez ses congénères, avoir conscience de l'abîme existant entre les capacités immenses au meilleur empêchées par des aspirations le plus souvent viles, engendre une révolte de tous les instants face à tant de sottise. On peut en devenir facilement misanthrope et n'avoir d'autres solutions que de se réfugier dans quelque ermitage bien caché, grotte sombre et isolé de la société des hommes ou choisir un désert.

L'on subira les abrutis partout où se trouve l'espèce humaine car " Partout où il y a de l'homme il y a de l'hommerie " ( citation de saint François de Sales). A moins de trouver une île laissant la possibilité de se préserver de l'universelle imbécillité. Mais hélas, les Tropiques aussi sont d'une tristesse infinie à cause de l'appétence à la médiocrité des primates lamentables se traînant à la surface de cette boule de gadoue sous nos pieds.

La bêtise crasse a il est vrai un avantage certain. Elle est rassurante et très confortable. Et elle permet d'être heureux sans trop de difficultés, et d'accéder tout du moins à une certaine forme de bonheur sans trop de heurts. Elle peut être parfaitement objective contrairement aux allégations et aux clichés sur l'intelligence trouvés sur le Net ou dans la vie réelle.

Le premier d'entre eux !

L'imbécile croit la plupart du temps son opinion recevable car pouvant dorénavant, loué soit le progrès technique !, la donner sur le réseau en toute liberté le plus souvent planqué derrière un pseudonyme. Il s'imagine que s'il pense quelque chose il a forcément raison sans ressentir le besoin de plus argumenter.

Le deuxième, découlant du précédent !

L'andouille est convaincu de l'absence de hiérarchisation entre toutes les opinions, tous les goûts, toutes les idées. Tout se vaut y compris ses idioties. Celles-ci sont le plus souvent des compilations de slogans abscons, de préjugés aussi vieux que les grands parents de Mathulasem. Généralement cela consiste surtout à rejeter tout discours contradictoire ou différent.

Le connard n'aime pas du tout être lucide, avoir le nez collé sur ses insuffisances. Il prend cela pour du mépris, de l'arrogance voir de la causticité. Il a trouvé cette parade depuis quelques décennies déjà. Il ne manque pas de lucidité, il n'est pas inculte ou totalement ignare, il est " simple ", il est un " vraigen " comme les autres. Et ses rêves ressemblent à des fantasmes éculés de pseudo-authenticité de publicitaires pour boustifaille sous vide.

Le sot déteste passer pour un con, il a développé quelques ruses et " trucs " infaillibles selon lui pour se défendre. Il retombe souvent assez vite dans l'infantilisme, entre autres à ressortir l'imputrescible " la culture c'est comme la confiture moins on en a plus on l'étal ". Mais rien n'y fait car " le temps ne fait rien à l'affaire " ainsi que le chantait Brassens (voir ci-dessous).

Amaury Watremez

image du haut vu d'ici

image du bas empruntée là (depuis Bouvard et Pécuchet rien n'a changé au fond)

" Le temps ne fait rien à l'affaire "


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