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Half Bad – Tome 1 : Traque blanche

Publié le 27 février 2015 par Loulou Coco

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   Half Bad, Tome 1 : Traque blanche de Sally Green, chez Milan, 2014

Nous avons décidé de vous parler d’Half Bad pour une bonne raison : nous ne sommes pas du tout d’accord sur ce livre et avons des avis très différents. On trouvait donc cela intéressant de vous faire partager nos points de vue. Et pourquoi pas d’avoir votre avis par la suite ?

Half Bad a été acheté par Coco. C’est vrai que dans les étals des librairies, ce livre a de quoi attirer votre attention : tout noir, une main qui s’accroche à des barreaux rouge sang, un résumé qui donne l’impression de s’adresser directement au lecteur, qui en même temps intrigue et pourtant ne dit rien de ce qui va se passer dans le récit, et surtout, le tout est entouré d’un gros fil (un vrai de vrai, pas comme image dans la couverture). Un gros fil que l’on dirait en toile de jute, donc assez grossier et qui donne un frisson : ce que contient ce livre est tellement démoniaque qu’il faut un fil en plus du grillage en couverture, pour retenir la créature qui vit à l’intérieur…

Oui, bon je vais un peu loin… Hum hum.

De quoi titiller la curiosité

De quoi titiller la curiosité

Avant de vous donner nos avis en voici un résumé :

La famille Byrn ne comptait jusque-là que des sorciers blancs. Cora, la mère a eu trois beaux enfants irréprochables, issus d’un père sorcier blanc. Jusqu’au jour où Nathan est né. C’est indéniable, son père ne peut être qu’un sorcier noir. Nathan est donc un sang-mêlé. Ce n’est qu’à ses dix-sept ans, lors de la cérémonie faisant de lui un vrai sorcier et lui révélant son don, que l’on pourra déterminer s’il penche plutôt vers la magie noire ou blanche. Mais le Conseil des Sorciers Blancs, régnant sur toute l’Angleterre, garde un œil sur lui. En effet, le père de Nathan s’avère être le plus grand sorcier noir de tous les temps. Il est donc fort probable que Nathan se révèle être lui aussi un sorcier noir puissant. Et cela se confirme bien avant son dix-septième anniversaire, par des capacités magiques avancées. Nathan finit par subir le joug du Conseil. Il est traité comme un sorcier noir, bien avant de connaître sa véritable identité. Il fuit, pour vivre et tenter de retrouver son père. Mais y arrivera-t-il ? Si la cérémonie de son dix-septième anniversaire n’a pas lieu conformément à la règle et dans les temps, il risque de mourir.

Y a pas à dire ça a l'air génial !

Y a pas à dire ça a l’air génial !

L’avis de Loulou :

Nous avons donc là un récit largement versé dans le fantastique, avec magie noire et blanche, sorciers, potions, traque, et tout ce qu’il faut pour : soit vous dégoûter car c’est encore un énième récit de sorcier, soit vous enchanter car l’écrivain a réussi à refondre les codes. Et sur ce point chacun se fera son propre avis, notamment à cause de la diversité des lectures que tout individu a à son actif.

Et bien pour ma part, je suis entre les deux on va dire. Je ne suis pas du tout dégoûtée, le tout est plutôt bien travaillé, le monde magique est relativement classique, mais les détails en plus sont convaincants. Pourtant je n’ai pas accroché au point de vouloir lire la suite. Cela reste quand même de la magie classique, et on se doute déjà quasiment de comment cela va se finir. Explications :

J’ai personnellement bien aimé le côté très brut de décoffrage de la présentation du monde dans lequel vit le héros. On ne nous fait pas une présentation en bonne et due forme du monde magique, des personnages ou autres. Mais le tout est très bien introduit tout au long de l’histoire, par divers détails, conversations et événements, ce qui montre la bonne écriture de l’écrivain. En réalité je trouve cela même très bien écrit. Entre les romans sur la magie où tout nous est tellement expliqué de A à Z que l’on n’y croit plus parce que cela fait catalogue (et qu’on a l’impression que l’auteur ne sait pas se dépatouiller autrement qu’en faisant de longs discours pour expliquer tel fait anormal), et les romans où rien n’est expliqué au point que l’on ne peut pas croire au monde fantastique, on est déjà bien servi. Ils sont rares les livres où les explications foisonnent, mais sonnent bien dans le fond (comme Harry Potter). Rares aussi ceux où rien n’est expliqué de but en blanc, mais par informations distillées dans le récit et où pourtant on comprend tout. Eh bien Half Bad fait partie de ceux là à mon sens. Grâce au peu d’explications, mais très bien distillées, on peut rentrer dans le monde sans souci. On y croit justement parce que tout ne nous est pas expliqué comme sur un catalogue. On nous présente la chose comme normale, un peu comme si c’était évident pour nous aussi et que nous faisions partie de ce monde, ce qui est plaisant et aide à s’identifier.

Mais bon, cela reste de la magie classique, certains évènements et dons que l’on voit ne nous impressionnent pas et certaines choses sont assez prévisibles. Un peu paradoxal, je sais, mais c’est aussi le charme de ce livre.

Un point est très intéressant dans l’écriture de ce roman. Le passage du chapitre un au deux peut être troublant, je le comprends très bien. Mais personnellement c’est l’un des premiers points qui m’a plu. L’entrée dans l’histoire se fait de façon brute, avec un « tu » que l’on met quelques secondes à identifier comme « personnel », introspectif. Le personnage est dans une détresse telle, dans sa cage, qu’il se parle à lui-même et énumère tous ses actes ; c’est ce qui lui permet de ne pas sombrer dans la folie. On entre donc dans les pures pensées du personnage principal d’emblée. C’est intrusif, brutal, mais au moins cela nous met dans le bain de suite. On ne retrouvera cette forme de narration que lors d’un petit chapitre en plein milieu de l’histoire. Sinon la narration est classique, on suit les aventures du personnage par ses yeux, mais de façon moins intrusive, avec un bon vieux « je ».

Le passage de l’une des formes à l’autre ne m’a pas vraiment gêné. J’étais même confortable dans la première solution, j’y aurai bien goûté encore un moment. Mais la narration classique est aussi très réussie. L’écriture est très bonne et la traduction ne laisse apparemment paraître aucun défaut.
Par contre, là où ce « tu » est un peu gênant, c’est dans la différence entre le résumé sur la quatrième de couverture et le premier chapitre. Quand on lit tout d’abord le résumé, on pense que ce petit bout de texte s’adresse à nous. On est donc tenté de croire que l’histoire va nous inclure pleinement dans les évènements, que le lecteur aura une grande place. Mais dès le premier chapitre on comprend que ce « tu » est introspectif. C’est cela qui m’a troublée, et non le passage du chapitre 1 au 2, avec la narration qui change. Ce résumé est donc trompeur pour le lecteur et risque de ne pas attirer les bonnes personnes.

Le récap’ de Loulou :

Points positifs :

  • Un packaging hyper bien pensé, qui en attirera plus d’un.
  • Une histoire dans laquelle on peut rentrer facilement et à laquelle on peut croire. L’auteure revisite assez bien le fantastique.

Points négatifs :

  • Le packaging et surtout le résumé, trop « spectaculaires », qui risquent de ne pas attirer le bon public finalement, et de décevoir après lecture du livre.
  • Une histoire un peu trop classique de sorciers.
Le visuel anglais est plus sobre que le nôtre peut-être même un peu moins mystérieux aussi.

Le visuel anglais est plus sobre que le nôtre peut-être même un peu moins mystérieux aussi.

L’avis de Coco :

Autant vous le dire tout de suite : je n’ai pas réussi à finir ce livre. C’est rare, voire même inconcevable pour la lectrice maniaque que je suis, mais hélas c’est la triste réalité. Je voulais pourtant absolument lire ce roman, et cela pour deux raisons principales :

  1. On en parlait beaucoup dans les blogosphères, et dans les magazines spécialisés, comme étant le nouveau Harry Potter. Pas moins que cela.
  2. Le marketing qui accompagnait sa sortie était très impressionnant. Hormis la couverture et le lien de jute, dont Loulou vous a déjà parlé, le livre était livré en librairie avec une véritable cage en fer noire. Un peu comme les cages de canari. C’était un appel à la libération que ce livre nous laissait. Alors je lui ai rendu sa liberté. Du moins j’ai essayé.

Je savais peu de choses sur l’intrigue avant de commencer ma lecture, et cela ne m’a pas dérangé outre mesure. J’aime beaucoup le mystère, surtout lorsqu’il est couplé avec la magie. Aussi ce n’est pas vraiment le manque d’informations sur le monde magique qui m’a dérangé, mais plutôt le style du livre.

Comme vous l’a déjà présenté Loulou, les premiers chapitres sont assez déconcertants. A peine le temps de s’habituer au pronom « tu » que le sujet change et l’environnement également. S’ensuit une série de souvenirs (non annoncés comme tels) mélangés à la réalité. En outre, la mise en page m’a laissé un arrière goût de brouillon dans la bouche : des chapitres très courts (une seule phrase), des phrases parfois sans verbes etc …

Bref, le style me faisait buter sur pratiquement chaque chapitre. La confusion régnait tellement dans mon esprit que je ne sus même pas identifier les personnages en dialogue au deuxième chapitre. Et c’est aussi là le problème de ce livre selon moi. A force de cultiver le mystère, on finit par en instiller là où il n’y en a pas nécessairement besoin. Le héros se doit d’être mystérieux, je le conçois très bien, mais tous les personnages ne doivent pas forcément l’être.

L’idée de départ du roman est pourtant très bien : un enfant rejeté par ses parents à cause de ses origines, le tout dans une société ultra hiérarchisée. Certes, ça sentait un peu le réchauffé mais ça avait du potentiel. Malheureusement, l’idée de départ tourne vite au cliché. Le pauvre enfant se retrouve martyrisé par tous, il est renfermé mais bagarreur, il tombe forcément amoureux de la plus belle fille de son entourage (et vice-versa), cet amour sera évidemment destructeur (façon Roméo & Juliette) …. En littérature (ou même dans la vie de tous les jours), les clichés sont inévitables c’est vrai, mais on peut toujours en limiter le nombre.

Voilà, je ne peux malheureusement pas vous faire une critique plus longue puisque j’ai abandonné le navire avant qu’il ne coule. J’espère sincèrement que vous pourrez trouver dans ce livre du plaisir, ce ne fut pas mon cas et je trouve cela dommage. Je m’en sors quand même avec une nouvelle leçon de vie : « Toujours faire attention à ce que l’on nous présente comme un futur best-seller ».

Métaphore de l'avis de Coco sur le livre

Métaphore de l’avis de Coco sur le livre

Le recap de Coco :

Point positif :

  • Un packaging alléchant

Points négatifs :

  • Une écriture hachée menue qui passe son temps à semer le trouble dans l’esprit du lecteur au lieu de se concentrer sur son efficacité
  • Des personnages et des actions clichés
  • Un packaging trompeur finalement
Au final, deux avis hyper différents sur un seul roman. Venez défendre votre point de vue sur Half Bad, on vous attend les bras grands ouverts !

Au final, deux avis hyper différents sur un seul roman.
Venez défendre votre point de vue sur Half Bad, on vous attend les bras grands ouverts !

Bonne lecture les loulous et les cocos !


Auteur : Sally Green
Maison d’édition : Milan
Date de parution : 24/09/2014
Public cible : à partir de 15 ans


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