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Art chinois - moyen-age

Publié le 28 février 2015 par Aelezig

Dynastie des Jin Orientaux (317-420) - Chine du Sud

Wang Xizhi (321-379 ou 303-361) sous la dynastie des Jin orientaux est resté le modèle, inégalé, du lettré (il était fonctionnaire militaire) tant par sa vie que par sa pratique artistique : poète, musicien et surtout calligraphe hors pair. Il subsiste de très bonnes copies de sa Préface aux poèmes du Pavillon des Orchidées qui montrent le travail de son pinceau « à la fois puissant, vif et mobile ». Les remarquables modulations du trait du pinceau qui distinguent ce texte ont servi à composer le Classique des Mille Caractères qui sert à enseigner les caractères chinois aux enfants. Dans le domaine de la peinture Gu Kaizhi (345-v. 406), peintre de scènes narratives à nombreux personnages au sein des montagnes est aussi le premier à théoriser la pratique de la peinture de paysage.

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Wang Xizhi

Dynastie des Qi septentrionaux (550-577)

Cette très courte dynastie Qi du Nord apparaît de plus en plus comme le lieu (Chine du Nord) et l'époque où s'inventa la peinture officielle : celle qui depuis les Tang jusqu'au XXe siècle sert de référence pour penser la peinture officielle en Chine. C'est avec le dernier trait de pinceau que le peintre de cette époque donnait la vie au portrait par le regard. La tradition, transmise par Guo Ruoxu (époque Song) a retenu pour cette dynastie, le nom de Cao Zhongda (originaire de Sogdiane), « réputé pour ses images rituelles indiennes » autrement dit : bouddhiques. Ce qui doit nous rappeler l'omniprésence de l'art bouddhique à cette époque, sous forme d'ensembles architecturaux, de sculptures et de peintures sur soie, murales ou sur les reliefs, et qui a quasiment disparu à la fin de la dynastie Tang à l'exception des grottes peintes. Récemment de superbes statues de Bouddha, polychromes, ont été découvertes au Shandong qui permettent des comparaisons avec leurs prototypes indiens.

Les dynasties Sui (581-618) et Tang (618-907)

C'est une période exceptionnelle par sa créativité, la diversité des formes nouvelles et leur perfection. L'unification qui se réalise sous les Sui, après des siècles de guerres, apporte la prospérité à tel point que la Chine des Tang a été, du VIe au VIIIe siècle, le pays le plus puissant du monde médiéval. La capitale est Chang'an, l'actuelle Xi'an, et compte plus d'un million d'habitants. Deux témoins architecturaux y subsistent grâce aux briques dont elles sont bâties : la Grande pagode de l'oie sauvage et la Petite pagode de l'oie sauvage qui montrent l'introduction, en architecture, des silhouettes de bâtiments massives venues de l'Inde par le bouddhisme. Les plus grands peintres de l'époque se voient confier des peintures murales, sur des architectures en bois, pour la plupart. Les peintures ont donc disparu par le feu sauf celles réalisées dans les tombes impériales de la dynastie Tang, et elles sont assez nombreuses, le mausolée de Qianling en particulier, aux environs de Xi'an.

La peinture de paysage shanshui, en général au trait d'encre et avec des rehauts de couleurs, apparaît dans les peintures funéraires, murales et polychromes, ou sur des rouleaux, par des reproductions qui en gardent le souvenir (la Maison de Wang Wei, par Wang Chuan). Dans tous les cas, le paysage est subordonné à l'homme. L'espace est évoqué par des effets de frises, éventuellement superposées à claire-voie ou hiérarchisées. Un trait ferme sait caractériser formes et textures typiques : pins, rochers, montagnes y sont indiqués par des touches ou hachures variées (tombe du prince Jiemin) et quelques passages nuancés suffisent pour suggérer un espace naturel indéfini.

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Yan Liben

Avec les peintres Wu Daozi (680-740) et Wang Wei (701-761) se développe une pratique picturale monochrome dont toute la valeur tient dans la qualité et la richesse des jeux d'encre, en particulier avec le lavis d'encre, plus rapide et expressif que la peinture au trait. Cette pratique sera renouvelée dans la peinture lettrée, en particulier dans le paysage philosophique de l'époque Song avec Fan Kuan et ses successeurs, mais aussi dans la peinture de figures, comme celle de Liang Kai des Song et toute la peinture d'inspiration chan.

Dans l'art du portrait, Yan Liben (v. 600-673), s'attache aux accessoires significatifs du rang dans l'aristocratie ou pour en préciser l'origine étrangère. Il détaille d'un trait ferme ce qui parle du statut de l'individu, par son attitude et sa silhouette.

Le cheval rapide, importé de Bactriane, si nécessaire dans la guerre interminable contre les voisins du Nord et de l'Ouest, accompagne les morts sur les murs peints ou sont déposés en modèle réduit, sous forme de céramique funéraire (mingqi) à côté du défunt parmi les images de serviteurs et de danseuses élégantes. Le cheval en viendra vite à incarner les plus hautes valeurs humaines. Ainsi la peinture attribuée à Han Gan, connue comme Lumière éclairant la nuit, évoque déjà les qualités de l'homme à travers l'image de l'animal.

Dans le domaine de la céramique précieuse, déposée dans les tombes, on décèle à l'époque Tang des motifs inspirés de l'orfèvrerie sassanide qui témoigne des échanges avec les cultures au-delà de l'Asie centrale. L'époque est aussi celle des échanges avec l'Inde classique, Gupta et post-Gupta, où se côtoient les cultures bouddhique et hindoue. C'est d'ailleurs dans l'Inde du prince Harsha, post-Gupta, que le célèbre récit de voyage : Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang de Xuanzang montre le déclin du bouddhisme en Inde. L'art bouddhique se développe encore en Chine jusqu'à la grande proscription de 845, indice ou agent du déclin de la dynastie Tang.

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Dong Yuan

Cinq Dynasties (907-960)

C'est la grande époque dans l'essor de la peinture de paysage sur soie, à l'encre mais aussi avec des couleurs, parfois intenses souvent légères et aujourd'hui peu visibles. Grâce à la tradition chinoise qui consiste à copier un maître dans la calligraphie comme dans l'art de la peinture sur soie, en conservant l'esprit et l'énergie, nous pouvons encore admirer, venues des collections impériales, plusieurs peintures sur rouleau vertical ou horizontal attribuées aux fondateurs du paysage monumental : Guan Tong (actif fin IXe siècle - début Xe siècle), Li Cheng (919-967), Dong Yuan (v. 934-962) et Juran (actif v. 960-980). Des paysages philosophiques chargés de signification, shanshui majestueux, où l'œil ne distingue qu'avec la plus grande attention l'homme, sur le chemin. L'espace y étant indiqué par la hiérarchie des formes : l'homme, le plus petit, puis l'arbre et les rochers, et enfin la montagne, immense. Tout ceci d'une encre plus ou moins noire ou plus ou moins lavée, pour évoquer ces formes « pleines ». La montagne est souvent encore visible dans le lointain, se dissolvant dans les nuées et dans la lumière. Dans cette construction de l'espace les plans sont séparés les uns des autres par des espaces vierges, immaculés, dont la blancheur signifie tout autant le « vide » que la mouvance des masses nuageuses ou un cours d'eau.

La peinture de portraits avec Li Gonglin (1040-1106) excelle à évoquer les étrangers, et les cohortes de cavaliers, leurs attitudes et leurs comportements. La scène d'intérieur qui existait sous forme de longs panoramas sous les Tang se complexifie avec la représentation de tableau dans le tableau (une forme orientale de mise en abyme : paravent sur le paravent, ou panneaux imbriqués) de Zhou Wenju, actif durant la seconde moitié du Xe siècle. Cet artiste emploie une forme proche de la perspective cavalière pour construire l'espace intérieur et architectural. La mode du tableau dans le tableau se poursuivra avec les autres peintres de la dynastie Song.

Dynastie Song (XIe-XIIIe)

C'est la période de plein épanouissement de la culture chinoise dans les domaines de la peinture, à l'encre sur soie et sur papier, paysagère mais pas seulement, et de la céramique qui donne lieu à de multiples expérimentations pour une production d'une très grande diversité et de très haute qualité. Cette culture rayonne au-delà de ses frontières et imprègne les cultures des Liao et des Jin, au nord de la Chine. Ceux-ci vont déferler successivement sur l'empire et repousser les Song vers le sud. Ensuite, sous les Song du Sud, les peintures de paysages se situent naturellement en bord de mer, ouverts sur de vastes horizons et ils remplacent les peintures de paysages abrupts des Song du Nord.

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Li Di

  • Les peintres de montagne et eau, et la peinture chan. Durant les trois siècles de la dynastie des Song, la peinture chinoise, connaît un épanouissement comme jamais auparavant. La grande peinture intellectuelle atteint la parfaite maîtrise et des créations des plus singulières, en particulier dans la tradition du paysage philosophique Montagnes et Eaux, shanshui. Les peintres Li Cheng, Fan Kuan, Xu Daoning, Yan Wengui, Guo Xi, Wang Ximeng, et Li Tang plus que tous les autres, servent de références au moins jusqu'au XXe siècle. Sous les Song du Sud, Ma Yuan et Xia Gui sont les parfaits exemples de la meilleure peinture de cour, spécialisés dans la peinture shanshui. Dans le même temps Liang Kai (à la cour entre 1201 et 1204) et Mi Fu ainsi que Muqi ont laissé une profonde empreinte dans l'histoire des relations entre la Chine et le monde occidental en tant que maîtres de la peinture chan. Le fils de Mi Fu, Mi Youren, hérita en partie de son style, apparemment « spontané », en peignant dans l'humide et, donc, avec des taches plus ou moins incontrôlables.
  • La peinture réaliste. Dès les premières années de la dynastie, les peintres de l'Académie, tels que, probablement, le lettré Zhang Zeduan (à l'Académie Hanlin, sous le règne de Renzong, 1023-1063), ont travaillé à la commande pour l'empereur et la cour. Zhang Zeduan répondait au goût, partagé à la cour, pour la peinture réaliste comme c'est le cas pour Animation au bord de la rivière le jour de la fête du printemps.
  • Les copies. Des Song, l'histoire a surtout retenu le nom du dernier empereur des Song du Nord, Huizong (1082 - 1135), à l'existence tragique. Calligraphe hors pair, peintre et poète, il retranscrit avec soin des peintures anciennes de sa collection qui, sans lui, auraient été perdues, en en gardant plus l'esprit que la lettre, comme ce fut de tradition dans la peinture chinoise.
  • Les peintures « fleurs et oiseaux », « herbes et insectes ». Dans le domaine de la peinture, le goût de Huizong le porte vers un art à la fois précieux et intime, et fait de rapports subtils, comme on peut en trouver dans la peinture de fleurs et oiseaux. Le peintre professionnel et peintre de cour à l'Académie, Li Di, sous les Song du Sud, offre un bon exemple de ce genre élégant qui plait tant à la cour et qui se poursuit dans les siècles suivants, jusque dans la céramique. François Cheng a su montrer, sans emphase, le sens des correspondances, du microcosme au reste du monde, les jeux de mots visuels qui donnent toute leur saveur à ces peintures séduisantes.

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Porcelaine Song du Nord

  • Les céladons. Sous le règne de Huizong, le céladon devient une forme de céramique chinoise très prisée pour sa glaçure monochrome bleu vert, avec des effets de dégradé qui vont de la couleur opaque au presque transparent. Ces nuances, perceptibles sur des surfaces lisses sont accentuées sur des motifs en relief. Ceux-ci traduisent l'influence de l'orfèvrerie sassanide devenue d'un prix prohibitif sous les Tang. Huizong contrôle la parfaite qualité des céladons et favorise le développement, pour la cour, de céladons Ru : leur glaçure bleu vert à bleu lavande pâle finement craquelée sur un corps grisâtre, jointe à des formes très épurées sont considérées comme les plus belles céramiques de toute l'histoire de l'art chinois.
  • Les bols jian. Selon la tradition, ils furent utilisés sous les Song du Sud dans les monastères du bouddhisme chan, pour la cérémonie du thé, puis ces bols auraient été emportés au Japon, comme faisant partie de leur enseignement, par les moines japonais qui étudiaient en Chine et qui allaient fonder la secte zen.

Dynastie Yuan (1279-1368)

La suprématie des Mongols sur une immense partie du continent eurasiatique, la sécurité apportée sur les routes commerciales, tout ceci favorise l'établissement de contacts entre la culture chinoise et des cultures très éloignées. De nouvelles formes apparaissent dans tous les domaines artistiques, mais surtout dans les porcelaines. Ainsi le cobalt utilisé pour la céramique en Asie Centrale, est importé massivement à la fin de la dynastie Yuan vers le site de Jingdezhen et appliqué à la réalisation des motifs floraux et ornementaux sur la porcelaine, inspirés des décors perses. Un travail très soigné permet des réalisations de grand prix, certaines étant destinés à l'empereur, Lorsque les motifs sont peints rapidement c'est pour des produits destinés à l'exportation. Cette pratique artistique qui effectue, dans l'univers mongol, la synthèse de plusieurs cultures établira Jingdezhen comme le centre mondial de production de la porcelaine pour les siècles suivants, du XVe au XIXe siècle.

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Yuan tardif

Du côté des lettrés, exclus des rouages de l'administration centrale, le retrait obligé ou choisi loin de la cour et loin des grandes villes les amène vers des formes nouvelles d'expression et de nouveaux sujets. Ceux que l'on appelle aujourd'hui les Quatre maîtres de la dynastie Yuan : Huang Gongwang, Wu Zhen, Ni Zan et Wang Meng furent les animateurs de la résistance au souverain Yuan. La disparition de l'Académie, qui imposait les règles depuis la cour des Song, leur offre l'occasion de la liberté et de l'« individualisme ». Le choix des sujets, évoquant l'inflexibilité, le renouveau, la pureté et le retrait, donnent tous leurs sens cachés aux peintures des « quatre nobles » : bambou, fleurs de prunier, orchidée et chrysanthème. Le pin, par sa résistance et sa longévité, et le lotus qui puise sa racine dans la boue pour produire une fleur magnifique, symbole bouddhiste, sont aussi des motifs chargés de sens qui reviennent souvent dans la peinture Yuan. Les relations, au sein d'une composition entre ses constituants approfondit leur signification : relation entre des arbres perçus comme s'ils incarnaient des gentilshommes, relation entre bambou et rocher (l'un plie, l'autre résiste), entre espace vide et sujets soumis aux aléas des éléments, relation entre l'échelle minuscule d'un lettré retiré dans une humble chaumière ou un simple abris et la nature immense, montagne ou bord de mer.

Autre trait spécifique de la peinture à la période Yuan : l'archaïsme, que l’on peut constater chez Zhao Mengfu (1254–1322) ; il utilise un registre expressif, en style d'esquisse, et sait évoquer le vent de tempête, combiné avec un pinceau précis, pour les vêtements en particulier. L'archaïsme, qui lui fait se référer à des artistes comme Dong Yuan (des Cinq dynasties) ou plus anciens, des Ve et VIe siècles, signifie pour lui simplicité dans les formes d'expression et économie de moyens dans la représentation de l'essence des choses, prises dans le temps et le changement perpétuel. Il resta un modèle pour de nombreuses générations. Il est aussi l'un des premiers à calligraphier sur le même support une composition littéraire personnelle. Et, en tant que peintre de cour, on peut remarquer que ses peintures de chevaux étaient appréciées de ces souverains venus des steppes qui avaient conquis leur empire à dos de cheval.

D'après Wikipédia


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