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Casey B. Dolan : Mère parfaite

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Mère parfaite  de Casey B. Dolan      4,5/5 (13-02-2015)

Mère parfaite (416 pages) est paru le 15 janvier 2015  aux Editions Denoël (traduction : Arnaud Baignot et Perrine Chambon).

Site de l’auteure ici 

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L’histoire (éditeur) :

Après une jeunesse malheureuse, Amber commence des études à l’université. Elle rencontre Wade, qui tombe fou amoureux d’elle et l'épouse. Très vite, Amber se retrouve enceinte et accouche de Tyler. Elle joue les femmes dévouées et les mères comblées. Mais ce n'est qu’une façade, elle n’aime plus son mari et se révèle incapable de nouer une relation avec son fils, dont elle a du mal à accepter l'hostilité sourde. Le climat familial est de plus en plus pénible, et seule la présence de Joshua, le meilleur ami de Tyler, détend un peu l’atmosphère : adolescent rejeté par sa famille, il finit par s’installer avec eux… Quelques années plus tard, Amber est retrouvée morte, «euthanasiée» à l’hôpital où elle était soignée pour un cancer très agressif. Seuls trois hommes ont vu Amber la nuit de son décès : Wade, le mari délaissé, Tyler, le fils hostile, et Joshua, qui s’était considérablement rapproché d’Amber les derniers mois. Chacun avait des raisons de la tuer, que ce soit par amour ou par haine. Quand la vérité finit par éclater, c’est un véritable coup de tonnerre…

Mon avis :

Mère parfaite était un thriller que j’avais envie de découvrir mais dont  j’avais eu peur que ce soit une lecture de trop dans mon planning. Et puis à force de lire différentes chroniques vantant ses qualités, le désir de me plonger dedans été de plus en plus forte et s’est transformé en besoin ! C’est pourquoi, je remercie infiniment Célia des Editions Denoël de m’avoir fait parvenir son coup de cœur des publications de janvier, et pour la confiance qu’elle m’accorde.

Mère parfaite nous plonge dans les méandres d’une famille dysfonctionnelle afin de nous faire découvrir qui aurait pu causer la mort d’Amber, l’épouse et la mère de cette famille.  Ambert est une femme de 41 ans mal dans sa peau depuis la mort de sa mère, depuis ses fausses couches répétées, depuis que son fils s’est éloigné d’elle, la rendant même illégitime (alors même qu’il n’a que 6 ans). Bref, Amber va mal, mais arrive à trouver un peu de réconfort dans la course à pied et grâce à sa rencontre avec Joshua, un jeune garçon timide qui traverse de grandes difficultés dans sa famille, meilleur ami de son fils lorsque ce dernier est âgé de 13 ans. Alors, lorsqu’elle meurt « euthanasiée » à l’hôpital où elle est soignée pour un cancer fulgurant, les soupçons se portent sur trois hommes : Tyler, son fils qui la haïssait, Wade son époux  avec qui elle n’arrivait plus à communiquer et Joshua, le seul qui la comprenne et avec qui elle traverse une histoire forte.

Mère parfaite est une excellent page-turner. D’abord, il y a  l’histoire. On est rapidement pris au piège de la vie d’Amber Whittington-Jones, tout de suite touché par cette personne fragile, qui a (comme chacun des autres personnages) ses imperfections, à la fois victime  et coupable. Elle apparait par moment aussi détestable et antipathique que touchante dans son rôle de mère parfaite alors qu’elle est si malheureuse et tourmentée, et surtout très seule. L’auteure a très bien construit son personnage et cette famille à problèmes, dont le mari ressort du lot par sa normalité, plus mis sur le compte de son absence finalement. Car Wade est un mari dévoué, certes, mais plus dévoué à son travail qu’à son épouse.

Et puis, il y a également la construction du récit qui est une vraie réussite ! L’histoire d’Amber est écrite à la première personne et au passé. Il est maintes fois interrompu par des chapitres au présent, composés de dialogues, comme des analyses de deux, puis trois personnages avec une psy, des échanges qui explorent le récit de la défunte. On comprend peu à peu ce le choix de cette construction et l’importance de l’utilisation de ces différents points de vue. A force de progression, chacun d’eux apporte ses éclaircissements sur les faits et on se fait une idée plus précise de cette protagoniste même si les soupçons quant à sa fin ne devient pas pour autant plus évidents. C’est cette alternance des voix qui donne un très bon rythme à l’intrigue (qui ne manque déjà pas d’attrait) et c’est construction qui selon moi en fait la force du livre. Mère parfaite est un thriller extrêmement bien mené.

La déchéance de cette famille est navrante, le comportement d’Amber n’est pas toujours excusable mais parfaitement compréhensible, et ses proches ont tous leur part de responsabilités (son ingrat fils est absolument exécrable !). Il y a là de quoi alimenter une bonne intrigue qui devient très vite addictive par la tension qu’elle dégage. Le dénouement, peut-être un peu présumable à son approche, reste bon et surtout fort.

En bref : aucune déception ! Psychologie des personnages, ambiance tendue amplifiée par la présence de  sujets délicats, relations entre personnages complexes et bien conduites, dialogues justes et  crédibles et intrigue prenante, voilà de quoi contenter tous les lecteurs de Mère parfaite.


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