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Nini peau d'chien

Publié le 26 mars 2015 par Malesherbes

J’avais récemment stigmatisé l’attitude des politiques qui préconisent le « ni-ni ». Agir, et encore plus gouverner, c’est choisir. Si, devant une alternative, on estime que ses deux options sont équivalentes, c’est visiblement qu’on a été incapable de les évaluer correctement. Un élément dans les options considérées a été imparfaitement apprécié ou bien on a mal pondéré l’importance des différents facteurs menant à cette absence de décision. Or, très souvent dans notre existence, nous sommes amenés à choisir. Dans les cas où l’on se déclare incapable de le faire, on se résout à s’en remettre au hasard, allant parfois jusqu’à tirer à pile ou face. Les hommes politiques qui utilisent ce genre de pratique sont pour moi discrédités  à jamais.

Venons-en maintenant à la situation actuelle. Lorsqu’un électeur de sensibilité de droite n’a à choisir qu’entre un binôme FN ou un binôme PS, vers qui va-t-il pencher, vers des socialos, disons même brutalement des rouges, voire même  des cocos, ou bien vers le FN, parti de droite, qui agite un certain nombre de thèmes, tels l’immigration, l’identité nationale, le temps de travail et l’assistanat, souvent repris par l’UMP, au point que parfois l’on ait du mal à distinguer un parti de l’autre ? Il est plus que probable que son suffrage ira vers le binôme FN, contribuant ainsi à le faire élire.

Ce  faisant, plutôt que de contribuer à la réussite du binôme de gauche, il viendra renforcer les rangs du FN. Or, quelle est la situation actuelle ? Un PS en déconfiture et un FN en pleine ascension. Les résultats de premier tour de ces départementales montrent un accroissement de l’implantation locale du FN, presque inexistante jusqu’ici. Cela facilitera sa progression aux régionales, aux législatives, aux sénatoriales et le délivrera de tout souci pour rassembler les parrainages requis pour une candidature à l’élection présidentielle. Le FN a doublé le PS et talonne la droite traditionnelle. Suite à la droitisation de l’UMP menée par Sarkozy, inspiré par Buisson, suivi des Hortefeux, Ciotti, Estrosi et tutti quanti, notre ancien président semble ne pas mesurer le risque de voir l’UMP éclater entre conservateurs et souverainistes ou de se faire phagocyter par le FN, de la même manière que le PC s’était fait avaler par Mitterrand. Décidément, il n’y a pas que des pilotes pour se suicider aux commandes de leur avion.

Quant au PS, lorsque ses sympathisants ont à choisir entre UMP et FN, il les incite beaucoup plus raisonnablement  à opter pour l’UMP. Ses dirigeants, conscients de tout ce qui sépare leurs électeurs des thèses du FN, ont été suffisamment responsables pour, entre deux maux, choisir le moindre et recommander sans état d’âme de voter pour l’UMP.


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