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Perrine Le Querrec à la Rencontre poétique chez Tiasci-Paalam en avril 2015

Publié le 20 avril 2015 par Onarretetout

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Quand elle commence sa lecture, les mots tombent et font le silence autour d’eux. Perrine Le Querrec donne sa voix à une qui n’a pas pu élever la sienne. Elle dit qu’elle était près d’elle, près de celle qui ne disait rien, qui ne le pouvait pas. Deux phrases encadrent chaque page, l’une qui engage le corps entier dans le récit, l’autre qui en dit l’épuisement. Le prénom a été modifié, mais l’auteure veut que le livre reconnaisse son humanité à cette femme, violée à l’âge de quinze ans et pendant six mois.

C’est cette humanité que Perrine Le Querrec veut faire entendre également dans un autre ouvrage, Le Plancher, dont elle lit, ce soir-là, le dernier chapitre. On ne sait de Jeannot et de sa soeur Paule que peu de choses au fond. Ce sont des reclus. Le récit de leurs vies a sans doute déjà été abordé, mais le texte de Perrine Le Querrec fait ressentir à quel point les corps sont engagés dans leurs souffrances. Ainsi de cette activité physique de Jeannot au contact du plancher sous lequel il a enterré sa mère et sur lequel il grave un texte où il affirme : « Nous tous sommes innocents ». Et c’est à Paule que l’auteure donne les derniers mots. Parce qu’elle est la survivante, l’abandonnée.

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En poursuivant la discussion avec Perrine Le Querrec, en continuant la lecture, on perçoit chez elle ce désir de se laisser envahir par les histoires des « éprouvées », des « réprouvées », et d’en libérer la parole. Il s’agit moins de témoignage que de chercher au fond d’elle-même ce qui est indicible, un enfer, et de l’exposer au regard commun, d’y risquer « un plan d’évasion ».


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