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Arrogance

Publié le 11 juin 2015 par Malesherbes

Avec quelle morgue notre premier ministre a-t-il répondu à l’Assemblée nationale à ceux qui l’interpellaient à propos de son déplacement à Berlin ! Après Nicolas Sarkozy qui affirmait diriger la France comme une entreprise, voilà Manuel Valls qui se comporte comme un despote mal éclairé.

Pour ce qui est de la gestion d’une entreprise France, j’évoque maintenant des souvenirs personnels. Lorsque, il y a quelque vingt ans, l’entreprise qui m’employait connut des difficultés, elle interdit à ses cadres de voyager en avion en classe affaires, les incita à  prendre le train en 2° classe, en infraction avec les règles de leur convention collective, et leur imposa d’obtenir une haute autorisation avant tout  déplacement à l’étranger. En conséquence de quoi, certaines des agences de voyage qui fournissaient l’entreprise se trouvèrent bientôt elles aussi en difficulté.

Venons-en à la France. Le 21 septembre 2007, François Fillon déclarait en Corse : « Je suis à la tête (sic) d'un État qui est en situation defaillite ». Cinq années de gestion du tonitruant Sarkozy, suivies par trois années de présidence Hollande, n’ont malheureusement rien changé à cette situation. Nous vivons dans un pays où, du fait du déficit de la Sécurité sociale, on prélève une taxe de cinquante centimes pour chaque boîte de médicaments Il est vrai que lorsqu’on est capable de se faire payer pour plusieurs milliers d’euros un voyage prétendument officiel à Berlin, on est totalement incapable de saisir qu’il est des gens pour qui cinquante centimes sont une somme. Au moins autant que la somme dépensée, c’est cette cécité qui est grave.

Comment donc un Premier ministre socialiste peut-il s’éclipser « en douce » d’un congrès de son parti ? Cette rencontre avec le président de l’UEFA est intervenue trop tard, ou trop tôt. Trop tard pour le cas où il s’agissait de vérifier que les réalisations nécessaires à la tenue de la manifestation avaient bien été entreprises. Trop tôt pour s’assurer que tout était prêt pour un événement commençant dans un an.  Et surtout n’était-il pas possible de caler un rendez-vous avec Michel Platini lors de sa venue à Paris quelques jours plus tard ? Est-ce une simple coïncidence si cette rencontre avait été fixée le jour de la finale de la Coupe d’Europe de football, finale dont la France était absente mais  qui opposait la Juventus de Turin au Barça de Barcelone, ville natale de Manuel Valls ? La présence de deux des enfants de M. Valls confirme en fait le caractère de voyage privé d’agrément de ce déplacement présenté comme officiel. Dernière question : ce comportement est-il vraiment très différent de celui de Mme Saales, contrainte à  la démission de son poste à l’INA ?

Le gouvernement et le président lui-même conjuguent leurs efforts pour justifier l’attitude de Manuel Valls. J’ai entendu Barbara Pompili, qui lorgne depuis quelque temps vers un poste au sein du gouvernement, venir au secours du Premier ministre en expliquant que la charge écrasante supportée par  les ministres justifiait que ceux-ci s’octroient quelques moments de détente. Comme si ceux-ci étaient les seuls à travailler au-delà de trente-cinq heures par semaine ! Je m’étonne de ce que certains d’entre eux parviennent malgré  tout à trouver le temps, et les billets, pour venir bronzer sur les tribunes de Roland Garros.


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