Magazine Poésie

Le stress de nos forêts

Par Francis Lo @FrancisLO_ecolo

La sécheresse en Californie menace aussi à Yosemite, un extraordinaire et magnifique parc national de l'ouest américain : les réserves d'eau sont au plus bas et la végétation commence à souffrir, les touristes doivent adapter leurs activités en fonction. Mais sécheresse ou pas, le parc reste une destination incontournable de l'Ouest américain.

Erri de Luca que je cite dans mon poème " L'arbre de vie ", a dit qu' " un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait ", malheureusement la génération actuelle conjugue ce lointain à l'imparfait.

Les gens crédules qui voient des feuilles sur les arbres ne s'alarment pas, quant aux autres gens fortunés, ils s'inquiètent vraiment au moment où les choses ont une incidence sur l'argent amassée dans leur portefeuille.

Un énième conférence en décembre 2015, seulement si elle n'est plus entendue que celle de Doha en 2012, les hausses moyennes de températures seront de l'ordre de 4 degrés d'après les très sérieux et inquiétants rapports exposés par la Banque mondiale.

Et si ses chiffres sont confirmés, le prix à payer sera de 3,2% de PIB en moins, avec une autre conséquence, 100 millions de morts d'ici 2030 : rien face à l'obésité du Monde, plutôt un soulagement pour notre planète.

Sans même évoquer la reprise de la déforestation massive, les forêts, poumons de la Terre, sous toutes les latitudes, humides ou sèches, pour toutes les espèces, feuillus ou conifères, sont menacées de dépérissement.

EDF persiste et lance la construction du plus grand barrage en plein cœur de l'Amazonie.

Selon une étude scientifique internationale publiée en ligne ce 21 novembre 2012 dans la revue "Nature", les forêts sont beaucoup plus vulnérables à la sécheresse que les scientifiques ne le pensaient : 70 % des espèces sont à la limite de l'asphyxie.

" Tous les arbres et toutes les forêts du globe vivent en permanence à la limite de leur rupture hydraulique. Il y a donc une convergence fonctionnelle globale de la réponse de ces écosystèmes à la sécheresse ", explique Hervé Cochard, chercheur à l'Inra, à Clermont-Ferrand, et coauteur de l'étude pilotée par Brendan Choat, de l'université Western Sydney (Australie), et Steven Jansen, de l'université d'Ulm (Allemagne).

La vision globale de ce phénomène, qui se porte sur plus de 220 espèces réparties dans 80 régions aux climats variés, conduit à envisager des effets catastrophiques sur lesquels les chercheurs ne se prononcent pas. Depuis la publication du rapport, un peu partout à travers le Monde, les niveaux des grandes réserves d'eau s'épuisent bien plus vite que prévu, que ce soit en Corée du Sud, en Chine, au Mexique, aux États-Unis, plus particulièrement en Californie.

" J'ai pu récemment observer en Guyane que la saison sèche, particulièrement aride cette année, a causé des dégâts. Les plantes pourront sans doute s'en sortir, mais que se passera-t-il si ces épisodes se multiplient ? "

Cette question soulevée par Jérôme Chave, du laboratoire "Évolution et diversité biologique" du CNRS de Toulouse, mérite d'être complétée :

Quand les arbres manquent d'eau, des bulles d'air obstruent les vaisseaux de transport de la précieuse sève des racines à leurs cimes, et font des embolies qui provoquent leur dessiccation.

Un Yogi du nom de Maharishi Mahesh a dit : " chaque goutte de sève contient la plénitude de l'arbre entier ", or les scientifiques ont constaté qu'à ce phénomène s'ajoute un important manque de nourriture.

Aujourd'hui l'on est sûr que les évolutions prévues du climat devraient être marquées par des épisodes de sécheresse plus fréquents, et dans les scénarios climatiques, les paramètres liés à l'écosystème avec une mortalité accrue des arbres, ne sont pas pris en compte.

Si les théories sont quelque peu contredites par les uns ou les autres, je me permets de reprendre une citation de Johann Wolfgang Von Goethe : " toute théorie est grise mais vert florissant est l'arbre de la vie ", et poursuis avec l'extrait du discours de Michel Vennetier de l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture à Aix-en-Provence :

" La tendance à la hausse se poursuit ... En Provence les années suivant la canicule de 2003 ont également été très sèches, et nous avons constaté des mortalités importantes sur les pins sylvestres, les sapins et les chênes-lièges quelques années après ... En vingt ans, les superficies connaissant un dépérissement des forêts ont été multipliées par quatre. Dans l'Ouest canadien, c'est une zone équivalente à la forêt française qui est dans ce cas. "

Et pendant ce temps ... la déforestation se poursuit afin de planter encore plus de palmiers à huile pour plus de profits en rappelant que ces plantes très gourmandes en eau ne sont pas des arbres.

Le stress de l'eau met les forêts dans la détresse.

Conseil du sage du nom de Kuang Chung - même si cela n'est pas la priorité de l'homme d'aujourd'hui :

" Si vous planifiez pour un an plantez une graine ; pour dix ans plantez un arbre ; pour cent ans éduquez le peuple. "

Problème ... les hommes poussent plus vite que les arbres.

Le stress de nos forêts

Le stress de nos forêts

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Francis Lo 1 partage Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines