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mes bijous, tes bijous...

Publié le 16 juin 2015 par Dubruel

~~d'après LA PARURE, de Maupassant

Jeanne, une grande et jolie fille, était née, Hasard du destin, dans une famille ruinée. Elle se laissa épouser Par Paul Mabille, un petit fonctionnaire Brave, mais casanier et effacé. Elle aurait aimé sortir, danser, plaire, Assister à des spectacles d'opérettes Mais son mari n'avait pas les moyens De lui offrir les bijoux et les toilettes Qui permettent de fréquenter les salons Et les théâtres parisiens.

Un jour, Paul Mabille Accepta une invitation Au gala de l'Hôtel de Ville.

-" Mais je n'ai rien à me mettre pour aller là ! " Paul n'y avait pas songé. Il balbutia :

-" Une belle robe couterait combien ? "

-" Je n'en sais rien... Peut-être quatre cent francs. " Paul, ayant fait des économies Pour s'acheter un fusil, répondit :

-" Soit. Je te donne ces quatre cent francs. "

-" Cela m'ennuie de n'avoir aucun bijou. J'aurai l'air misère comme tout. "

-" Demande à ton amie Françoise. Elle te prêtera sûrement un de ses colliers.

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Au bal, Jeanne eut un grand succès. Tous les hommes voulaient lui être présentés. Elle dansa toute la nuit. À l'aube, en rentrant, Elle s'aperçut, En se déshabillant, Qu'elle avait plus Au cou la superbe rivière De Françoise. Elle et son mari la cherchèrent. Sans succès.

-" Si tu l'avais perdue Dans la rue, Nous l'aurions entendue tomber. Toutefois, je vais refaire le trajet. "

Une heure après, Paul revenait Sans avoir retrouvé le collier Et déclarait :

-" Dis à ton amie que tu l'as fait réparer Car tu avais brisé la fermeture. " Avant de rejoindre son bureau, Paul passa à la Préfecture Déclarer la perte du joyau. Huit jours plus tard, N'ayant plus aucun espoir De retrouver la parure de son amie, Jeanne dit à son mari :

-" Il faut la remplacer. "

Dans la boutique d'un grand bijoutier, Elle examina un chapelet de diamants Qui ressemblait tout à fait À celui de son amie. Mais il valait cinquante mille francs ! Les Mabille durent prendre des engagements Auprès d'un prêteur ...Sans même savoir comment Ils pourraient y faire honneur. Épouvantée par les années de misère Qu'ils allaient endurer pour rembourser, Jeanne se rendit chez son amie Et lui remit la rivière Qu'elle venait d'acheter. Toute émue, Elle lui dit :

-" Ton collier, ma vieille, Je l'ai perdu. J'en ai acheté un autre tout pareil. Et pour le payer, il nous faudra sûrement Travailler jour et nuit plus de quinze ans. "

-" Oh ! Comme je te plains, ma pauvre fille ; Mon bijou... était en fait une pacotille ! "


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