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Aquarelle

Publié le 28 juin 2015 par Aelezig

L’aquarelle est une technique picturale fondée sur l'utilisation de pigments finement broyés, agglutinés avec de l'eau gommée. Elle se pratique généralement sur un support papier spécifique. Sa transparence la différencie de la gouache qui est opaque.

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Michel Charrier - 2010

Le faible encombrement du matériel et la possibilité d'une exécution technique rapide la font souvent servir à la réalisation d'études, et à la peinture en extérieur.

Sa simplicité n'est qu'apparente. On décrit habituellement deux techniques qui, loin de s'opposer, peuvent s'associer dans un même travail.

  • La technique sèche est la plus traditionnelle. Son principe est d'étaler délicatement la peinture très diluée sur le support de façon à laisser transparaître la couleur du fond. Une fois les premiers tons posés et après séchage complet on s'intéresse aux éléments de détails de plus en plus précis en utilisant des couleurs moins diluées et en prenant soin d'aller des tons les plus clairs vers les plus foncés. Le travail progresse par couches successives et se termine par quelques rehauts plus foncés qui donnent à l'œuvre de la présence et du caractère.
  • La technique dans le mouillé, plus récente et plus dynamique, impose l'humidification préalable du support. Elle permet à l'artiste d'obtenir des surfaces aux couleurs très intenses, de faire fusionner les couleurs et d'effectuer des retraits de peinture sans abîmer le support. Les effets sont nombreux : fondus, dégradés, camaïeux, etc. Son apprentissage est long, car il nécessite une bonne maîtrise du cycle de l'eau sur le papier. C'est en effet le degré d'humidité du papier qui dicte au peintre le moment le plus opportun pour intervenir.

Les couleurs d'aquarelle se présentent sous divers conditionnements : godets, tubes, crayons, craies, aquarelles liquides.

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Albrech Dürer - 1502

Aujourd'hui différentes sociétés fabriquent des pinceaux à recharge d'eau. Actuellement, ils ne permettent pas d'avoir les résultats obtenus habituellement avec un pinceau traditionnel et un godet d'eau, mais ils sont facilement transportables et suffisent pour des croquis colorés rapides.

Le crayon aquarellable (ou crayon aquarelle) ressemble à un crayon de couleur, il permet de dessiner des détails précisément ou bien de placer les couleurs avant de les étaler avec un outil humide comme le pinceau à aquarelle. Le pastel aquarellable (ou pastel aquarelle) se présente sous la forme d'un bâtonnet rond ou carré, donc plus épais que le crayon. Il permet de remplir plus rapidement des zones de couleur.

Le support de l'aquarelle est le plus souvent un papier épais et granuleux (qui retient les pigments, donnant cette vibration très particulière des couleurs), appelé papier aquarelle.Depuis quelques années sont apparues des toiles pour aquarelle.

Histoire

Des pigments solubles dans l'eau ont probablement été utilisés pour créer des peintures retrouvées dans des cavernes préhistoriques et de nombreuses peintures murales, notamment celles des chambres funéraires, en Égypte.

La peinture chinoise classique est toute entière faite à l'aquarelle, technique sur fond sec, ou avec des techniques proches. Dès le IIIe siècle, les Chinois peignaient sur de la soie avec des encres et des colorants solubles dans l’eau.

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William Turner - 1802

Dans l'Occident du XIe siècle on l'utilise en association avec la gouache et les applications de feuilles d'or dans les enluminures qui ornaient les manuscrits des monastères de l'Europe médiévale. On peignait sur du vélin ou du papier avec ses pigments solubles dans l'eau.

L'invention de la peinture à l'huile (et sa diffusion) au XIVe siècle laisse à l'aquarelle des domaines spécialisés, un peu à l'écart des courants artistiques dominants. Au XVe et au XVIe siècles, le voyageur naturaliste, l'explorateur, ou le simple observateur, choisissent souvent ce médium peu encombrant et facile à transporter pour illustrer l'imagier des nouveaux territoires. Les explorateurs étaient accompagnés de cartographes et de topographes qui étaient souvent des artistes amateurs. En 1577, John White accompagna l’expédition de Sir Martin Frobisher en quête du Passage du Nord-Ouest. Les aquarelles de White, représentant des hommes et des femmes inuits, constituent un témoignage exceptionnel des premiers contacts établis entre les cultures européenne et nord-américaine, et se rangent parmi les œuvres canadiennes les plus anciennes de ces explorateurs.

En Allemagne, Albrecht Dürer développe cette technique, la mélangeant souvent à de l'encre et de la gouache. Il l'utilise en lavis pour des études de paysages durant son voyage en Italie en 1490, puis pour représenter de façon très détaillée des herbes, des fleurs, des oiseaux... Particulièrement adaptée aux notations précises, Holbein l'utilise au XVIe siècle pour réaliser des portraits en miniatures, et Gaston d'Orléans l'intègre à ses planches naturalistes.

Au XVIIe siècle, peintres de fleurs et paysagistes flamands traduisent quelques fois par l'aquarelle leur observation minutieuse de la nature. Rubens et Jordaens en ponctuent parfois leurs dessins de touches aquarellées souples et transparentes.

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Egon Schiele - 1911

Mais la peinture à la caséine et la peinture à l'huile gardent la préférence des artistes et surtout celle de leur commanditaires. Les peintres réservent alors l'aquarelle aux études préparatoires et certains travaux personnels. Cette éclipse relative se prolonge jusqu'au XVIIIe siècle.

Jusque vers 1760, le vocable lui-même n'est pas encore bien défini et Diderot emploie indifféremment les termes de gouaches et d'aquarelle.

À partir du règne de Louis XVI, les aquarellistes sont acceptés au sein de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Mais c'est en Angleterre, où l'enseignement de la peinture est moins encadré qu'en France, que l'aquarelle, par l'intermédiaire de la Royal Watercolour Society, fondée en 1804 à Londres, acquiert une dimension nouvelle. Samuel Palmer, Richard Bonington, William Turner en sont ses principaux acteurs. La maison Winsor et Newton, célèbre fabrique d'aquarelles, est fondée en 1834.

En France, Eugène Delacroix, Théodore Géricault, Paul Huet et Théodore Rousseau s'en servent en voyage et pour leurs croquis de paysage. Les Impressionnistes l'apprécient aussi pour sa spontanéité.

Les études de danseuses d'Auguste Rodin et les nus de Georges Rouault montrent la liberté que l'on peut atteindre avec l'aquarelle. En témoignent aussi les œuvres de Vassily Kandinsky, Egon Schiele, Emil Nolde, August Macke ou Paul Klee.

Dans les années 1960, un renouvellement de cette technique est apparu avec Raoul Dufy, Jean Bazaine, Maurice Estève, Zao Wou-Ki, poursuivie dans les années 1970 par Pierre Risch qui met au point une technique d'aquarelle sur papier de très grand format, entièrement mouillé à l'éponge et détourne un produit destiné à la sérigraphie, (drawing gum ) afin de préserver le blanc du papier et ne pas gouacher l'aquarelle.

Jusqu'à la fin du XXe siècle, la majorité des dessinateurs de bande dessinée colorient à l'aquarelle ou à la gouache ainsi que les illustrateurs de livres, notamment pour enfants.

D'après Wikipédia


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