Magazine

Les toutes premières nouvelles

Publié le 04 juin 2008 par Gnomeinwonderland

...Ou "l'accident vu par la maman", épisode 1

Alexis m'a proposé de raconter quelques épisodes concernant les premières semaines qui ont suivi son accident, qu'il ne pouvait raconter lui-même puisqu'il n'était pas "conscient" et que cela a duré plusieurs semaines. Commencé le 4 avril dernier, je n'ai pu m'y remettre qu'aujourd'hui. Les douleurs et peurs de cet épisode sont ressorties alors que je les croyaient effacées : mais non ! C'est devant le spectacle de toute cette eau en trop déversée au barrage de Serre-Ponçon dans un bruit fracaçant que je me suis apaisée enfin.

"Mélèze : bois dur" (oui mais Alexis aussi)

On apprend l'accident

C'est le samedi 29 mars 2003 dans l'après-midi que mon mari a reçu le coup de fil de Rodrigue. J'ai su après qu'il avait dû trouver notre téléphone sur l'annuaire car Alexis ne voulait pas qu'il nous appelle ce n'était pas grave (trop gentil ce fils.... mais déjà plus conscient des choses je crois).

Alexis, mon fiiiiiils (avec l'accent pied noir !) a eu un accident de ski, transféré en hélicoptère à l'hôpital de Gap il a été retrouvé au pied d'un mélèze, sonné. Il doit avoir des fractures mais oui il est sur ses deux jambes... Il est évident pour moi que quelque chose de grave est arrivé.

Nous habitions Aix en Provence un chat un perroquet des poissons et je travaillais sur une ouverture de boutique que l'on m'avait confié, pour mai, mari en pré-retraite pour planter notre décor ordinaire...

Jacky : mon mari téléphone aux urgences où il apprend effectivement que c'est grave : choc tête, bras cassés, oreille arrachée il faut que l'on vienne. On nous propose de lui parler (je lui arrache le tél des mains)  je l'ai, il parle.... ça me rassure . Tout va bien d'après lui, rien de grave les bras peut-être, non il ne souffre pas. Il se marre comme si c'était  une mauvaise blague. Je lui dit que nous allons venir mais il dit que ce n'est pas la peine. Il me parait bien "léger" sur ce coup là mais bon on verra.

Nous donnons rendez-vous à Rodrigue au rond point des Orres (qui n'existait pas encore et qui était en travaux...) sur la route  de Guillestre pour récupérer les clés de l'appartement et il gardera la voiture d'Alexis qui était chez lui.

Et... Comme une automate je prépare quelques affaires pour partir. Je mets en "position latérale de sécurité" mon perroquet  en fait dans la cage fermée avec ration de survie et gamelle remplie pour le chat qui veut sortir et qui miaule devant la porte : sauve qui peut il sent l'ambiance.

C'est samedi. Je ne travaille pas dimanche bon on peut partir.

L'arrivée dans les Hautes-Alpes

Rodrigue est au rendez-vous visiblement très marqué, choqué, triste. Il nous transmet l'état d'Alexis  avec les clés de l'appart. Il est 19h Jacky veut tout de suite qu'on aille déposer nos affaires à Eygliers là où habitait Alexis moi je ne veux pas. On nous a dit l'hôpital : examens, salle d'opération : ne venez pas avant 22h. Je veux attendre sur place.

Et là une longue attente... oui il est en salle d'opération...
Je n'imagine rien. Peux rien.

C'est grave

Le chirurgien vient nous voir il est 1h du matin et énumère : Il a recollé l'oreille arrachée. Réparé les os et plâtré les deux bras (je passe les détails) et le plat de résistance : trauma cranien avec hématome. Il faut attendre 48h pour le pronostic qui est vital car il y a risque d'hémorragie cérébrale. Il ne peut connaître l'évolution. Il faut attendre. Dans la foulée j'apprends qu'il peut être paralysé tout ou partie, perdre la parole... et aussi devenir un légume là c'est moi qui pose la question tout cru (où cuit d'ailleurs !) et j'ai la réponse c'est oui. On pourra le voir demain en réanimation de 10h à 11h et de 15h à 16h.
Il faut rentrer et dormir.
C'est très grave.
Dans l'appart' je suis chez lui sans lui j'ai l'impression d'être entrée par éffraction. Nous décidons de dormir dans le canapé d'appoint (on est pas clair on aurait dû comprendre qu'on pouvait dormir dans son lit, qu'il n'allait pas rentrer tout de suite).
Jacky s'endort et moi à 5h du mat' je me retrouve dehors à pleurer (enfin) et je lève les bras au ciel, je me prends la tête en demandant à tous les dieux de prendre ma vie à sa place. Je marche, je pleure et j'implore. Le ciel a fait le plein d'étoiles c'est beau c'est fou de l'avoir remarqué.

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Gnomeinwonderland 6 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog