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[Critique] Vice Versa, "Tout ça c'est dans ta tête"

Par Jordan More-Chevalier @KinoJmc

Synopsis

Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d'optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s'assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie - au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n'est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d'ailleurs... Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d'effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l'esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s'aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l'Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie...

Avis de la rédaction

★★★★☆

Critique

Pixar a toujours l'habitude de nous épater avec la vitalité de son animation et l'inventivité toujours renouvelée quant au déroulement de ses histoires. Vice Versa ne déroge pas à la règle et démontre toute la singularité et la fraîcheur dont sont capables les studios américains lorsqu'il s'agit de mettre la main à la pâte.

Vif et coloré dès les premiers instants, Vice Versa se distingue par ses personnages et son univers inédit dans l'animation américaine : explorer les tréfonds de votre âme à l'aide de vos émotions personnifiées...

Si Monster, Inc présentait déjà un paysage neuf et novateur, il en allait de même pour les magnifiques Là-Haut, Wall-E, Toy Story ou encore Les Indestructibles de Brad Bird. Pixar c'est le terrain fertile de Disney, celui qui donne depuis presque vingt ans, tout le dynamisme et l'inventivité au géant américain de l'animation. Pixar prend les risques, Pixar innove aussi bien sur les possibilités qu'offrent la 3D et l'image de synthèse, il s'en approprie les techniques pour modeler un univers cohérent et séducteur. Si les studios Ghibli (dont la distribution internationale est gérée par Disney, précisons-le tout de même) ont depuis longtemps largué la filière première de notre souris favorite, Pixar tient bon et réalise un quasi-sans-faute, dans son parcours semé d'embuches, jamais il ne manque ses virages.

Faire parler des jouets, se permettre des scènes d'introduction sans aucun dialogue où le protagoniste n'est autre qu'un petit robot compacteur d'ordures, partir à la découverte de monstres qui se nourrissent de la peur des enfants, embarquer un vieillard grincheux et un "petit gros" dans une maison portée par des ballons, conter l'histoire d'un rat rêvant de grande gastronomie... Tout cela vous semble familier n'est-ce pas ? Pourtant il en fallait du talent et de l'imagination pour créer un univers cohérent, novateur, avec de tels personnages, tout en répondant au cahier des charges quelque peu normatif de la Maison-Mère...

Vice Versa y parvient tout aussi bien, destiné aux adultes comme aux enfants, le film fourmille de références collectives du quotidien, il joue sur les clichés et les tourne en dérision, souvent très drôle, un peu émouvant, rarement pathos (un peu parfois, on est chez Mickey tout de même), orchestré à la perfection par le grand Pete Docter, le film est tellement maîtrisé que vous ne remarquerez même pas la structure, presque toujours la même, d'un modèle scénaristique finalement assez classique : début heureux / présentation des personnages (intro) - problème à résoudre (intrigue) - problème résolu (dénouement) - happy end (chiale !).

Le film est intelligent, car il parvient à rassembler un public sur un thème pourtant très personnel que sont les émotions, il en vulgarise le fonctionnement, le généralise et en fait un terrain de jeu florissant capable de conquérir une salle entière ou de combler les exigences d'un public cannois. Il articule à merveille les réactions humaines en société et la comédie chaotique qui se joue dans la tête des personnages principaux à savoir : la joie, la tristesse, le dégoût, la peur et la colère.

Laissez de côté votre sens aigu de l'analyse, considérez que le cinéma peut aussi être un grand moment de divertissement, asseyez-vous confortablement dans votre fauteuil et admirez le nouveau film carnavalesque des studios Pixar, vous ne serez pas déçus (préférez les voix en V.O si vous en avez l'occasion, les dialogues sont bien plus percutants).


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