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Prix fixes, coûts à la hausse, les déboires financiers du KC-46 de Boeing

Publié le 23 juillet 2015 par Toulouseweb

Le feuilleton avait duré des années et avait męme conduit le congrčs américain et Boeing ŕ faire pression sur l’électorat américain ce qui avait annulé le contrat d’origine consacrant le groupe EADS vainqueur en 2008. Lequel groupe s’appelle désormais Airbus Group. De la sorte, les anglo-saxons ne prononceront plus Ť Idze ť en lieu et place de E.A.D.S. comme le font les francophones. L’appel d’offre initial remonte ŕ janvier 2007 et le choix –théoriquement inaliénable, avait été annoncé en février 2008, EADS s’était alors allié avec Northrop Grumman avec comme cellule celle de l’A330 dont le dérivé en ravitailleur multirôles (MRTT) était déjŕ développé et qui démontrait ses capacités. Que nenni puisque comme je l’écris en préambule, il a été remis en question ŕ la demande de Boeing.
Ce n’était pas Ť Fair play ť, mais il ne s’agit pas ici des britanniques et leur respect légendaire du compétiteur, mais des américains pour lesquels je ne voue cependant aucun ostracisme. Pour autant il faut bien reconnaître que parfois ces Américains, et peut ętre l’Amérique plus que le citoyen de cette fédération, sont obnubilés par leurs seuls intéręts. C’est le Ť Buy America ť qui prédomine en tout. Toujours est-il que l’appel d’offre avait été relancé aprčs que le contrat soit annulé en septembre 2008. Mais cette fois, Northrop Grumman avait fait savoir qu’il ne participerait pas ŕ une nouvelle compétition laissant EADS (Airbus Group) affronter la concurrence acerbe de Boeing. Et pour mettre tous les atouts de son côté, le groupe européen offrait de construire et de personnaliser les appareils sur le territoire américain, trčs précisément ŕ Mobile en Alabama lŕ d’ailleurs oů l’assemblage du premier A320 Ť américain ť a déjŕ débuté sur une ligne qui sera inaugurée le 14 septembre prochain.
Le Ť buy American Act ť est donc passé par lŕ. Et le choix final de l’US Air Force s’est porté en dernier ressort sur Boeing qui offrait une version ravitaillement en vol de son 767 qui, comme cela a souvent été écrit n’était alors qu’un avion Ť de papier ť. A savoir un appareil dont le développement restait ŕ peaufiner. Mais c’est le KC-46 de Boeing qui l’a remporté face au KC-45 d’Airbus Group.
En Europe nous ne savons pas assez bien valoriser un tel concept du " acheter européen" et cela avait été dénoncé lors d’un précédent salon du Bourget par Serge Dassault alors président de l’avionneur éponyme Dassault Aviation.
Autant vous dire que je ne me suis męme pas hasardée aujourd’hui ŕ appeler le constructeur Airbus Defense & Space constructeur du programme des A330 MRTT pour écrire cette chronique. Car la bienséance lui interdirait de faire le moindre commentaire sur les déboires que connaît aujourd’hui le vainqueur du contrat, en l’occurrence Boeing.
Avant męme que le constructeur n’ait publié ses comptes pour le 1er semestre de l’exercice 2015 ce mercredi 22 juillet, des sources bien informées avaient annoncé que Boeing devrait passer en Ť pertes et profits ť un montant de 536 millions de dollars liés au coűt plus élevé de développement et de production du fameux KC-46. On doit sourire jaune non seulement chez Boeing, mais aussi du côté de l’US Air Force (le commanditaire in fine du contrat), car ce programme avait déjŕ induit des charges que Boeing avait provisionné au second trimestre 2014 pour un montant de 425 millions de dollars car rappelons le, le contrat du KC-46 est un contrat vis-ŕ-vis de l’US Air Force ŕ prix ferme.
Alors qu’Airbus Defense & Space vient d’engranger fin juin son 6e contrat ŕ l’export avec la Corée du Sud pour 4 A330 MRTT, ce qui porte ŕ 34 appareils vendus ŕ l’export dont 24 sont déjŕ en service, Boeing, lui, en est toujours au développement de son appareil concurrent. Et malgré ses déboires financiers le groupe de Chicago a confié ŕ l’agence Reuters Ť qu'il était déterminé ŕ maintenir le calendrier de livraison des 18 premiers appareils ŕ l'armée de l'air américaine d'ici aoűt 2017 et d'en construire 197 d'ici 2027.
Nicole Beauclair pour AeroMorning

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