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Le silence des Loups

Par Livresque Du Noir @LivresqueduNoir

Ecrire ?
Cela peut sembler si simple lorsqu’on lit Victor Hugo, Balzac, ou plus proche de nous, Jean d’Ormesson. On pourrait croire que les histoires naissent sous la plume de l’auteur, grâce à un esprit fertile, une culture construite sur la curiosité et une soif de connaissances. (quelle platitude !)
A moins qu’il ne s’agisse que d’intuition ?

Pourtant écrire… Que d’obstacles ! Que de déconvenues ! Que d’hésitations !
Ado, j’écrivais des poèmes par plaisir, par instinct, par inspiration, au coin d’une table en quelques minutes… (Bof, comme tout le monde !)
Entre deux, je lisais Agatha Christie, Conan Doyle, ou Stephen King. Des grands classiques !
Et le temps a passé.

Réfractaire à la lecture des auteurs de notre littérature (peut-être à cause de Lamartine que je trouvais indigeste, ou Chateaubriand, trop quoi ? Je ne sais plus… mais il me barbait), j’ai ensuite plongé dans les BD… De toute nature. (Vrai gamin, va…)

Jusqu’au jour où j’ai découvert à peu près dans cet ordre, Camus (La peste et L’étranger), Balzac (Le père Goriot), Maupassant, Loti et… Bernard Werber… (Vous savez… Les fourmis !)
J’ai compris qu’on pouvait raconter des histoires, plein d’histoires, des histoires passionnantes, vivantes, humaines ou fantastiques… Sans lasser le lecteur !
Ce n’est pas une envie qui est née, mais peut-être le début d’une inspiration. (Oaouh… ça fume)
Les choses en sont restées là, pendant des années.
Des poèmes naissaient… pour mieux disparaitre. Des dizaines ! Voire des centaines dont il ne reste presque rien ! (Allez, un petit effort, on va pleurer)
Mon fils, Alexandre, a eu très tôt la passion du cinéma. Au point d’en faire des études : l’ESRA à Paris. Et depuis son métier !

Par un (heureux ?) hasard, je me suis retrouvé à cohabiter avec lui, ayant décroché un nouveau job dans la capitale. Pendant qu’il étudiait, je bricolais avec mon ordinateur (des jeux stupides…), Facebook et l’environnement du Net n’existant pas comme aujourd’hui. Puis, petit à petit, une rengaine est née : « Papa, ce serait bien si on écrivait un scénario » ! (Pas beau comme idée, ça ?)
Les mois ont encore passé jusqu’à une soirée de septembre 2004 où je me suis demandé ce que je pouvais faire pour occuper mes soirées autrement qu’en regardant des séries TV lassantes ou en jouant à des inepties.

Pendant que mon fils étudiait, j’ai commencé à couvrir des pages d’un récit à partir d’images qui me trottaient dans la tête. Une scène ou Bogart, clope au bec, navigue à vue dans une nuit poisseuse au volant d’une Chevrolet légendaire… (Des mythes, quoi ! Stupidité…)
Les soirées se sont succédées derrière l’écran informatique et les pages se sont additionnées lentement, mais très sûrement. (Feignant, va…)

Quelques semaines plus tard, j’ai imprimé le texte et je l’ai fait lire à mon fils. Le commentaire est tombé un peu plus tard : « ce n’est pas un scénario, c’est un polar, mais continue. C’est bien ! »
Une nièce, colocataire provisoire, s’est plongée dans le manuscrit. Une fois encore, même observation : « c’est pas mal ! » (Ça va bien les chevilles !)

En parallèle, je me suis plongé dans la lecture de romans policiers, peut-être happé par le Millénium de Larson, et des auteurs comme Mankell, Grangé, Thilliez, Tabachnik, Hyder, Coben, Connelly, Vargas et bien d’autres. (Pour sûr, vrai de vrai… j’entasse les polars)

Une grande partie de Un été trop tranquille est née dans ce fatras d’informations captées partout et nulle part. Avec un objectif : raconter une histoire ! Une histoire prenante, bourrée de rebondissements, de surprises, pour obliger le lecteur à devenir accro ! Une histoire de méchants, d’horreurs, de trahisons… Une histoire tout en rythme, où la psychologie ne devait pas prendre le pas sur l’aventure, avec des personnages « humains », ayant leurs blessures, mais sans outrance et en tentant d’éviter les clichés. (J’ai fait une analyse simple de ce qui me plairait… Au final, je me suis écœuré, mais j’ai tenté le coup, et ma foi…)

Je voulais un livre surprenant… (Quel orgueil ! Quelle arrogance ! Faut pas pousser…)
L’histoire avait un début, mais hélas, restait sans fin !
Il fallait boucler… Et comment boucler quand le récit n’est pas structuré, quand le pitch n’existe pas, quand le sujet reste vague et confus ?

Un soir, lors d’un journal TV, l’actualité brûlante fut monopolisée par la secte des Raëliens et le clonage humain. Certains rebondissements de l’Ordre du Temple Solaire – rappelez-vous le fameux suicide du Vercors en 1997 – avait aussi occupé l’actualité. Subitement, je tenais enfin mon histoire !
Je reprends l’écriture… Les semaines s’écoulent, les découpages, suppressions, ajouts, s’accumulent et le texte prend de plus en plus forme.

Les lecteurs se succèdent… comme les encouragements. (Également très vrai… Je les collectionne)
Au final… un polar nerveux, truffé de rebondissements, où l’action reste présente, avec des personnages surprenants et une fin… si imprévisible.

Par un heureux hasard, et grâce à mon épouse, après 7 tentatives pour décrocher un éditeur, je soumets mon manuscrit au concours des lecteurs du Club France Loisirs en 2013. Le livre décroche le Prix des Lecteurs, est parrainé par Tatiana de Rosnay (!), et s’envole vers une nouvelle histoire sous son nouveau titre « Le Silence des Loups ». Il obtient un peu plus tard Le Prix Spécial Dora Suaez Le blog 2014, et atterrit chez Pocket après plus de 145 000 exemplaires vendus en grand format. Le rêve !

Voir les commentaires des lecteurs Facebook sur ma page. (CQFD)
D’autant que le virus de l’écriture s’était ancré dans mon univers. 4 autres titres  ont été écrits dont 3 sont publiés par France Loisirs, à ce jour (2015)
Mais c’est une autre histoire… (Et, tra la la la…)


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