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Du mythe de la pierre d’Euville en Meuse

Publié le 16 septembre 2015 par Groupe Ble Lorraine @BLElorraine

Depuis l’année dernière, une exposition magistrale raconte la fabuleuse aventure industrielle de la pierre d’Euville dans des anciens ateliers réhabilités.

Situé non loin de Commercy, le Hameau des Carrières est le théâtre d’un paysage surprenant. Des portiques imposants repeints en bleu ou en jaune, des rails incrustés dans le sol, ainsi quelques petits pylônes ayant un jour porté des câbles électriques témoignent de l’activité industrielle qui régnait ici jusque dans les années 1960. Au milieu du XIXème siècle, près de 3 000 hommes s’activaient en ces lieux. Il ne reste aujourd’hui plus qu’une petite équipe de carriers. Il faut dire que la pierre d’Euville est difficile et onéreuse à exploiter. Très dure, il faut en effet enlever le découvert pour l’extraire.

carrières Euville

Les carrières d’Euville en 1899 (Crédits photo : Adolphus PEPPER)

La pierre d’Euville est exploitée à ciel ouvert depuis le Moyen-âge. Les premières galeries d’extraction ont été ouvertes en 1907. Creusées à même la falaise, certaines d’entre elles impressionnent toujours les visiteurs. A l’époque, 700 carriers travaillaient sur vingt chantiers différents répartis sur un kilomètre de front de taille. La végétation en a recouvert depuis les sommets.

Matériau noble, la pierre d’Euville a servi dans de nombreux chantiers, à l’image de l’édification du Château de Commercy, de la réalisation de la Place Stanislas à Nancy ou encore plus tard lors de la construction du Canal de la Marne au Rhin et de la ligne de chemin de fer entre Paris et Strasbourg. En pleine révolution industrielle, l’expansion économique permise par ces deux nouvelles voies de communication amena la pierre d’Euville jusqu’à la capitale française. Plus de 739 895 mètres cubes du matériau furent ainsi acheminés à Paris entre 1853 et 1890. La pierre fut utilisée pour bâtir le Paris haussmannien au tournant du XXème siècle, le soubassement de l’hôtel de ville encore le Pont Neuf. Le prestige de ces réalisations a contribué à forger le mythe de la pierre d’Euville. L’intense exploitation industrielle des carrières vît apparaitre les premières cités ouvrières de Lorraine pour attirer et retenir sur place la main d’œuvre.

La Communauté de Communes du Pays de Commercy a investi un million d’euros il y a quelques années pour rénover deux bâtiments de la grande carrière. Outre l’exposition, ceux-ci abritent des portiques et des scies géantes qui ont largement servi.


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