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Nous trébucherons encore

Publié le 17 septembre 2015 par Mentalo @lafillementalo

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Début juillet, j’ai passé un week-end merveilleux à base de filles aussi intelligentes que belles, de pâtisseries orientales et de papouilles à des bébés qui n’étaient pas les miens. D’habitude, les enfants des autres, je les trouve mignons (au mieux), mais merci bien mais j’en ai plein à moi qui sont mieux, garde les, vraiment. J’étais donc assez étonnée de les trouver drôles, intéressants, bisouillables même. Mais pas un instant l’idée m’a effleurée d’en refaire un à moi, qui éclipserait tous les autres bien sûr, pour encore quelques années. Je ne m’émeus plus des doudous mignons, du linge de lit tellement twee, de la poussette dernier cri (au vu du prix, surtout), de l’écharpe de portage révolutionnaire, du jouet premier âge montessorien (la soupe aux cailloux, pesto d’herbe, croustillant de sable, est parfaite). Tout cela m’est devenu tellement étranger. Au contraire, je remplis des sacs entiers à destination de ceux qui en ont besoin, j’allège ma maison, sans nostalgie. Je remplis le grenier, pour la génération suivante. Il y a un temps pour tout, celui des taches de lait sur mon épaule est révolu. (Vivement que celui des Playmobil, cette invention de l’enfer, prenne fin lui aussi.)

La toute petite enfance de mon aînée ne fut pas pavée de roses, est-ce pour cela que je n’ai jamais sacralisé cet âge? J’ai aimé ces périodes, mon corps garde la mémoire de ce temps-là sans amertume, mais les voir grandir et interagir me comble et me fascine. J’aime ce qu’ils deviennent, aussi différents l’un de l’autre soient-ils. Quatre entités bien distinctes. Quatre esprits autonomes, quatre visions du monde, quatre voix au chapitre autour de la grande table – et les plus petits ne laissent pas leur part au lapin (à défaut de chien). Alors bien sûr c’est remuant, bien sûr c’est bruyant, mais c’est tellement passionnant.

J’apprécie particulièrement l’apport de chacun à l’édifice familial, ce moment où ils en savent soudain plus que moi sur un sujet, et les voir raconter, argumenter, convaincre. J’aime ces moments où leur savoir leur permet de se rejoindre dans la discussion, nous écartant de fait, ces moments où nous ne sommes plus que spectateurs. Ces jours où ils s’entendent pour nous préparer une surprise, un cadeau bricolé. Ces soirs où nos voix se rejoignent pour chanter le même air. Cette équipe formidable et mouvante que nous formons. Cette sensation d’avoir fait un sacré bout de chemin ensemble déjà, même si d’autres plus ardus sont devant nous, et que nous trébucherons encore.


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