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Iron Maiden ou la renaissance du prog-rock

Publié le 20 septembre 2015 par Antoine Dubuquoy
Iron Maiden ou la renaissance du prog-rock

Les fans de Maiden vont probablement me tomber sur le râble. J'ai prononcé le mot infâmant "prog-rock"... et je persiste. Même si sur le fond, cette renaissance du rock progressif est plutôt une bonne nouvelle. Tant qu'Emerson Lake & Palmer ou Yes ou King Crimson n'annoncent par leur grand retour... Peut-être existent-ils encore. Je n'ai pas envie d'aller vérifier.

Mais revenons à Iron Maiden. Le groupe de Steve Harris et Bruce Dickinson vient de sortir son x-ième album (pas envie de faire le décompte exact...). Un double (à l'aune de ce qui se pratiquait in antiquis temporibus) avec un titre de 18 minutes pour clore l'opus. Qui, hormis quelques remixeurs fous, ose mettre dans un album un truc de plus de 3 minutes? On avait perdu l'habitude des plages floydiennes de 20 minutes. Crac, une face d'album. Le punk avait balayé tout ça. On était revenu à l'essence de la chose rock'n'rollienne. One, two, three, four, gabba gabba hey. Are you ready motherfuckers? Certes, il y eut Television qui dans son légendaire Marquee Moon osa le titre de 10 minutes, mais c'était bien l'exception. On avait oublié. 

Dans le genre pompes et circonstances (Pump and Circumstances, c'est du Elgar, c'est british, et c'est pas pop, quoique...), il y avait bien Jim Steinman et Meat Loaf. Mais ça date de pratiquement quarante années (Bat out of Hell, excellent album inclassable, que je recommande au passage). Mais revenons à Iron Maiden, qui vient de sortir The Book of Souls, le livre des âmes. Sur la pochette, Eddie the Head, en grande forme. Côté icono, du grand Maiden. Mais quid du contenu? Don't judge a book by the cover, comme disait le poète.

Il fut un temps, où il était impossible d'écouter du hard/metal quand tu écoutais du punk/post punk/new wave. Le hard était vécu comme une abomination. Un truc de graisseux chevelus, sales et tatoués. Les années passent, les cheveux des membres de Deep Purple tombent, leur surcharge pondérale s'accroit. Sur les affiches, ils font peur. Mais pas pour ce qu'ils représentent. Pour leurs gueules de vieux. Qui s'accrochent au mythe de Higway Star et Smoke on the Water... Débranchons les! Euthanasie!!! Mais je m'égare. Revenons à Maiden, que j'ai commencé à écouter il y a moins de 10 ans, folie des Internets, folie du streaming, folie de YouTube. Le documentaire Flight 666 n'y est pas pour rien. Où l'on voit un chanteur pilote de Boeing 757, des musiciens jouant au golf, buvant du thé. Loin des mythes destroy façon Cocksucker Blues. Les rockers ont vieilli, se sont embourgeoisés. Et soulèvent l'enthousiasme des foules aux quatre coins du monde, 666 the Number of the Beast, 2 minutes to Midnight, hymnes braillés par les kids d'Amérique du Sud ou d'Asie. Hallu.

Du coup, on se penche avec curiosité sur le dernier né. C'est du rock. C'est lyrique. C'est parfois un eu pompier, c'est la loi du genre. Mais vocalement, Dickinson est au top. En sobriété. L'ensemble est d'une belle musicalité. Ambitieux. Sans tomber dans la caricature. Certes, tous les potards sont réglés sur 11. Mais Iron Maiden échappe miraculeusement au syndrome Spinal Tap. La bonne surprise est là. The Book of Souls s'écoute avec une sorte de gourmandise coupable. 

Et c'est bon!

Enjoy!!


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