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"Bipolar" par Jean Veber

Publié le 22 septembre 2015 par Tiavina Kleber @ktiav_

À l'occasion de son tout premier festival cinématographique, le Crous de Paris récompensera la jeune création cinématographique internationale. Pour son retour en France après plusieurs années aux États-Unis, le réalisateur Jean Veber nous présente en avant première son film en compétition Bipolar



Common Wave : Jean Veber,  pouvez-vous nous parler de votre dernier film que vous présenterez au Crous de Paris en exclusivité ce vendredi 25 septembre ? 
Jean Veber : Il s'agit de mon premier film en langue anglaise et c'est une version moderne du Docteur Jekyll and M. Hyde, avec comme objectif de ne pas me servir du maquillage. On suit donc Harry Poole expérimenter un nouveau traitement thérapeutique, une drogue qu'il essaye dans le cadre d'un test clinique qui fera de lui un monstre.
CW : Quels sont les films qui vous ont inspirés pour "Bipolar" ? 
JV : J'ai beaucoup aimé le Docteur Jekyll and M. Hyde de Victor Fleming avec Spencer Tracy, c'est celui-ci qui m'a le plus inspiré. Et bien sûr Psychose d'Alfred Hitchcock qui est une référence du genre. Anthony Perkins dans Psychose est absolument fascinant et dégage à la fois du charme, de la peur, de la crainte et c'est ce que j'ai voulu reproduire avec l'acteur Andrew J. West, qui lui ressemble physiquement d'ailleurs.

CW : Il s'agit donc de votre première réalisation aux Etats Unis, après votre expérience française avec La pharmacien de garde.
JV : Oui, j'ai été metteur en scène pour Sam Raimi, mais il s'agit là en effet  de ma première expérience en tant que réalisateur en Amérique. Et j'ai d'ailleurs eu la chance d'avoir comme directeurs de castings deux personnes travaillant pour les séries Breaking Bad et The Walking Dead, et les acteurs évoluant dans mon film sont issus de ces deux séries.

CW : Quelle a été la différence entre le tournage aux Etats-Unis et celui en France ? 
JV : La France a toujours eu des personnes très compétentes, et c'est très agréable d'y travailler. J'ai l'impression d'avoir eu un peu plus de facilités à tourner aux Etats-Unis pour rencontrer certaines personnalités du cinéma.

CW : Vous avez donc absolument voulu réaliser un thriller psychologique ? 
JV : Oui, je ne voulais pas réaliser un film d'horreur à proprement parler, parce que Bipolar n'est pas très gore comme les films d'horreur type Saw ou Insidious. J'ai donc voulu réaliser quelque chose de plus psychologique à l'image de Rosemary's Baby de Polanski. À l'origine nous avions filmé une scène assez sanglante mais j'ai préféré montrer le moment où Harry nettoie le sol, ce qui est d'autant plus effrayant. Comme Norman dans Psychose qui nettoie la baignoire après son acte meurtrier.

CW: Quel autre acteur auriez-vous aimé avoir pour ce film ? 

JV : J'aurai bien aimé avoir Daniel Radcliffe. Quelqu'un de fragile a priori, mais qui peut révéler une face plus sombre. Comme dans la film Horns d'Alexandre Aja.

CW : Que vous a apporté votre père, Francis Veber, lui aussi cinéaste ? 
JV : J'ai eu la chance d'avoir eu mon père Francis Veber, qui m'a appris ce qu'est le scénario. Il m'a toujours dit que son but était de captiver les gens, les tenir en haleine jusqu'au bout du film. Sur le côté spectacle, entertainment, il m'a donc beaucoup appris. Le film doit être un vrai divertissement.
CW : Est ce que vous avez prévu de revenir en France pour tourner ? 
JV : J'ai deux projets dont un film de cape et épée que j'aimerai beaucoup tourner et une collaboration avec la Chine qui est une comédie dans l'esprit du Magnifique avec Belmondo.
CW : Avez-vous vu des films que vous auriez aimé réaliser ou alors tourner de manière différente ? 
JV : Je me dis qu'ils ont raté quelque chose parfois, qu'il manquait un petit truc pour en faire un excellent film. Le roi de coeur de Philippe de Broca serait très intéressant à refaire. Durant la guerre, les villages sont bombardés et un aviateur se parachute dans l'un d'entres eux. Sauf que tous les habitants se sont enfuis et les fous de l'asile se sont échappés et habitent désormais la ville. De Broca aurait pu modifier ses personnages fous en les rendant plus mystérieux comme dans Vol au dessus d'un nid de coucou. Ça aurait été très intéressant à refaire.
CW : Pour terminer est ce que vous avez un top 5 de vos films préférés ?
La nuit du chasseur de Charles Laughton, Barry Lyndon de Stanley Kubrick que je revisite régulièrement, La Grande Illusion avec un Jean Gabin exceptionnel, Rio Bravo qui est un film de guerre référence et Les Affranchis de M. Scorsese.

 Merci beaucoup, Jean Veber, pour ce moment que vous nous avez accordé pour Common Wave, nous espérons vous revoir très vite et bonne continuation pour Bipolar
L'interview a été réalisée au Centre Culturel du Crous de Paris, qui accueillera du 25 au 27 septembre son premier festival de cinéma. Merci à Mathieu Beurois, à Hadrien Lagrange et Kevin Matéos pour Common Wave et l'émission Descartes to the Stars consacrée aux associations de Paris Descartes. Pour plus d'actualités cinéma Common Wave vous présente également Silence ça tourne, l'émission radio de Common Wave sur le cinéma. 

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