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#FDDay : « Les startups du numérique en France connaissent en moyenne 42% de croissance annuelle »

Publié le 23 septembre 2015 par Pnordey @latelier

A l’occasion du France Digitale Day, Marie Ekeland et Olivier Mathiot reviennent sur les défis à relever en matière de numérique, en France.

A l’heure où Emmanuel Macron et Axelle Lemaire planchent respectivement sur la loi Macron 2, et un projet de loi du numérique présenté au Conseil des ministres en novembre prochain, France Digitale a organisé comme chaque année depuis trois ans son grand raout réunissant le gratin de la French Tech et quelques grands noms européens.

Le motto de cette édition ? Jouer collectif pour encore et toujours, fédérer et structurer un mouvement French Tech.

Entretien réalisé dans le cadre de L’Atelier numérique sur BFMBusiness, avec Marie Ekeland, co-fondatrice de Daphni et co-présidente de France Digitale et Olivier Mathiot, président de PriceMinister et co-président de France Digitale.

Pour la 3ème édition du France Digitale Day, vous avez choisi de lui donner un accent politique. Vous le présentez comme un évènement de réflexion pour concevoir, promouvoir le programme entrepreneurial français de demain, et ce, de manière collective. Est-ce urgent aujourd'hui ?

Olivier Mathiot : On a créé France Digitale sur le constat suivant : le numérique en France mérite une place plus importante. Les entrepreneurs du numérique et leurs investisseurs, souvent des fonds de capital risque, étaient mal représentés. Or, nombreuses sont les professions en France à être représentées par des instances. Cette catégorie, le numérique, pourtant en forte croissance, était souvent mal écoutée et comprise. C’est au moment du fameux mouvement des pigeons que nous avons vu la nécessité de s’inscrire dans l’agenda politique, et de passer un certain nombre de messages, de façon à populariser cette économie des startups.

La Silicon Valley, Israël, la Scandinavie aussi sont des exemples. On a beaucoup d’entrepreneurs en France. Mais ils sont méconnus. Et leur succès, souvent, n’est pas à la hauteur de ce qu’on pourrait espérer, étant donné la taille de la France. Si on regardait à l’aune du PIB, nous devrions avoir plus de champions mondiaux que le Danemark. Ce qui n’est pas le cas.

Marie Ekeland : Nous avons d’ailleurs mis en place avec EY un baromètre que nous publions tous les ans, pour montrer à quel point l’écosystème est dynamique. Les startups du numérique en France connaissent en moyenne 42% de croissance annuelle, avec 40% du chiffre d’affaire à l’international. En matière de compétitivité pour la France, c’est assez remarquable. Ceci génère une croissance des emplois certaine, dont un vivier pour les jeunes.

On observe aussi une catégorie nouvelle d’entreprise: l’écart salarial entre le dirigeant et le salaire moyen est très resserré. Il est de 2. Les salariés ont, en revanche, un accès au capital. Tout ça dénote du schéma classique français des PME familiales.

On s’inspire quelque peu du modèle américain.

Marie Ekeland : Absolument. En fait, on voit qu’il y a une obsolescence claire des lois, face à cette typologie d’entreprise. Plus qu’obsolètes, elles ne sont pas adaptées. Nous souhaitons passer la nature et la culture propres à ces entreprises. Nous sommes, aujourd’hui, dans une économie très internationale. La compétitivité en est accrue :  même si en tant qu’entreprise, vous ne vous développez et ne déployez pas vos produits à l’international, il y aura un besoin. Votre produit se doit d’être compétitif, par rapport à l’offre internationale, ce qui est corrélée à beaucoup de contraintes.

La croissance de ces entreprises est, comme disait Olivier, cruciale. Un chiffre, et vous comprendrez le symbole: l’âge moyen des sociétés du CAC40 est de 104 ans. On voit bien que l’ascenseur économique est cassé.

Les étudiants comme cible-clé?

Olivier Mathiot : Si nous souhaitons créer un modèle de société française exemplaire qui donnerait envie aux étudiants de rejoindre ce secteur, soit en tant que créateur d’entreprise ou en tant que collaborateurs, il faut qu’il y ait une exemplarité.

L’exemplarité fonctionne excessivement bien dans les grandes universités américaines. Ca a un effet boule de neige très positive. Des entrepreneurs s’associent à des gens dans le business et à d’autres, techniciens. Tout ça a créé des complémentarités et des équipes, capables de se hisser tout en haut du podium mondial. Et ces entreprises ont émergé dans les années 80, 90 et 2000. Les nôtres sont centenaires.

L’attractivité française est aussi et surtout, dans l’innovation. Il faut réformer nos critères d’innovation. Nos schémas pour penser l’innovation sont plutôt calés sur le ministère de l’Industrie et des schémas d’innovation et de R&D, orientés recherche. Il faut aussi penser le développement. Par exemple, le développement des nouveaux usages !


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