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ALGERIE:Un pouvoir squatté, un pays abandonné

Publié le 28 septembre 2015 par Amroune Layachi
ALGERIE:Un pouvoir squatté, un pays abandonné

ALGERIE:Un pouvoir squatté, un pays abandonné

Je souhaite que mes analyses de la situation politique, économique et sociale en Algérie, ainsi que mes prévisions pour l’avenir, soient fausses. J’aimerais aussi que l’optimisme affiché au niveau officiel soit sérieux et basé sur des données que nous ignorons. Mais j’en ai de forts doutes, car tous les indicateurs montrent qu’ils nous trompent comme d’habitude.  L’Algérie est abandonnée et vit l’une des plus mauvaises périodes de son histoire. Le pays fonctionne au hasard, passant d’une gestion par procuration à un pays sans aucun guide où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul homme, avide du pouvoir et dénué de légitimité, de compétence et d’aptitude. La terminologie politique et économique utilisée, ces derniers jours, par certains responsables en Algérie me donne le vertige. Soit je ne suis plus capable de comprendre les choses, soit ils veulent berner le peuple en le gavant de mensonges en tous genres.  Ils savent qu’ils ont acheté les consciences d’une partie de ce peuple, et ont réussi à faire peur à l’autre en brandissant la menace d’un remake de ce qui se passe en Syrie, en Libye et en Irak, au moment où nous demandons de tirer les leçons des expériences allemandes, turques, suédoises, brésiliennes, malaisiennes et d’autres pays développés. Ceux qui président aux destinées de l’Algérie font valoir l’idée d’un État civil par opposition à l’État du DRS. Ils oublient de préciser que « l’État civil »,dont ils se vantent n’est qu’un royaume d’Algérie commandé par le conseiller spécial du Président en l’absence du chef de l’État. « Son Altesse », le conseiller spécial de « son Excellence » s’appuie sur le soutien d’individus mus par leur seul intérêt, du monde de l’argent et de parties étrangères qui ont manœuvré pour démanteler l’appareil national de sécurité, affaiblir les institutions nationales et les marginaliser.  Les institutions ne sont plus que des coquilles vides, dont l’illusion de vie n’apparaît que dans les déclarations des ministres et des directeurs qui multiplient les promesses sans lendemain. Le ministre de l’Industrie et des mines a osé déclarer que l’Algérie ne sera pas affectée par la chute du prix du pétrole, même si celui-ci descend à 10 dollars le baril. C’est une étrange déclaration porteuse de beaucoup de tromperies et d’entêtements, défiant toutes les analyses et prévisions ainsi que toutes les théories scientifiques, politiques et économiques qui confirment, toutes, que la croissance dépend de l’argent, du savoir, de la réflexion et de la volonté politique.  Ce sont des facteurs qui ne sont plus disponibles dans une Algérie devenue une propriété privée appartenant à une caste qui s’est alliée à la mafia de l’argent et la France pour se venger du peuple et des institutions de l’armée. On ne s’est pas limité à cela, puisque le ministre du Tourisme aussi prétend que le développement ne se réalise pas en temps d’opulence, mais en période de crise et de difficultés. On dirait qu’il cherchait à justifier notre échec et notre incapacité à bâtir un État, produire la richesse et réaliser la prospérité quand le prix du pétrole était élevé.  Il veut nous faire croire qu’il est possible de réaliser le développement et la prospérité sans ressources financières, sans bonne gouvernance et qu’il est aussi possible de transformer l’Algérie en un pays touristique en faisant de la démagogie et en émettant de fausses promesses, comme il l’a fait dans tous les secteurs qu’il a eu à gérer.Parallèlement à ces déclarations rassurantes et optimistes, le Premier ministre reconnaît pour la première fois que l’Algérie est en crise, et l’avant-projet de loi de Finances 2016 arrive pour lever le voile sur des augmentations des prix de l’électricité, de l’eau et du gasoil. Ces dernières s’ajoutent aux taxes sur les services de la téléphonie mobile, de l’Internet, de la vignette automobile et d’autres prestations qui pèseront lourdement sur le citoyen, appelé à subir les conséquences de cette crise engendrée par la mauvaise gestion. Ce sont là quelques exemples du double discours, de déclarations provocatrices et de l’entêtement qui confirment l’ignorance et l’insistance à pousser le pays vers l’inconnu. Cela est le fait de responsables qui affirmaient, lorsque le prix du pétrole dépassait la barre des 100 dollars, que toutes les réalisations ont été obtenues grâce « à son Excellence le président ».  Mais dès qu’il y a eu une chute du prix du pétrole, ils se sont précipités pour réunir les walis en vue de les impliquer et leur faire porter la responsabilité de l’échec, comme s’ils avaient toutes les prérogatives, que c’était eux qui géraient réellement le pays et que c’était eux, aussi, qui sont à l’origine de la régression actuelle et de la détérioration prochaine de la situation. Ils nous disaient que le président jouit de toutes ses capacités intellectuelles et physiques, qu’il réfléchit mieux que 40 millions d’Algériens et que c’est lui qui décide et qui gouverne. Ils nous disaient que Saïd Bouteflika n’est qu’un simple conseiller qui n’intervient pas dans les affaires des responsables et qu’il ne cherche pas à succéder à son frère. Ils nous affirmaient qu’ils sortiront le pays de sa dépendance des hydrocarbures et qu’ils édifieront un État de droit et des institutions. Mais nous nous sommes réveillés, et nous avons retrouvé un pays sans président apte à gouverner avec un frère qui veut le remplacer. Nous nous sommes rendu compte que 1 000 milliards dollars de l’argent du peuple ont été gaspillés. En raison de la mauvaise gestion, nous avons hérité d’un pays en plein effondrement parce qu’il est privé d’une bonne gouvernance. Un pays où le maire, le wali, le directeur, le ministre et même le général sont privés de toutes les prérogatives et où les libertés et les initiatives sont étouffées. Notre problème aujourd’hui réside dans la nature de ceux qui nous gouvernent. Ils nous haïssent et ils sont déterminés à se venger du peuple et de l’institution militaire. Il réside aussi dans notre faiblesse, notre lâcheté et notre incapacité à soutenir un peuple trompé, ainsi que dans notre inaptitude à sauver un pays mis en danger par la mauvaise gestion et la mauvaise planification de cette caste qui s’est accaparé illégitimement du pouvoir, en réduisant les institutions de la République à de simples coquilles, sans âme ni prorogatives et sans hommes compétents. Tout cela, en application d’un scénario qui, à notre sens, vise à détruire la Patrie, ses institutions et ses hommes, non pas à édifierun État civil.   http://www.tsa-algerie.com/20150928/un-pouvoir-squatte-un-pays-abandonne/

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