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Bienvenue à Goldman Sachs, l’antre du Diable

Publié le 28 novembre 2015 par Edelit @TransacEDHEC

FILE - In this Oct. 16, 2014 file photo, a screen at a trading post on the floor of the New York Stock Exchange is juxtaposed with the Goldman Sachs booth. The Goldman Sachs Group Inc. reports quarterly financial results before the market opens on Friday, Jan. 16, 2015. (AP Photo/Richard Drew, File)

Harris Poll classe chaque année les 100 entreprises les plus visibles du marché, sur le critère de la réputation, Goldman Sachs est une fois de plus à la dernière place. Avec 856 milliards de dollars en actifs, une forte réputation dans la finance et une longue liste d’ex-employés au plus haut niveau des agences de réglementation financière gouvernementales américaines, la banque Goldman Sachs est considérée comme l’entreprise la plus puissante au monde. Comment se fait-il alors que l’entreprise la plus puissante soit en même temps la plus détestée?

Décrite par le magazine Rolling Stones comme « une pieuvre géante accrochée au visage de l’humanité qui suce tout ce qui sent l’argent », une phrase qui deviendra culte par la suite, Goldman Sachs a enchainé controverses et scandales à tout va depuis 2008.

Voici une petite compilation des raisons pour lesquelles tout le monde déteste Goldman Sachs :

Goldman Sachs a causé la crise des subprimes et y a gagné de l’argent

Contrairement aux autres investisseurs, Goldman Sachs a anticipé la crise des subprimes qui s’est développée en 2007-8. Du coup pour se débarrasser de leurs produits toxiques, ils ont trompé leurs clients en leur proposant des placements dans des produits très risqués rattachés aux fameux subprimes, en sachant que leurs valeurs allaient baisser. En parallèle, ils faisaient d’énormes paris sur la baisse de ces actifs-là.

Goldman Sachs a acheté un total de 26 milliards de dollars d’un dérivé de chez AIG, la plus grande assurance américaine, qui s’appelle le CDS, qui, en gros, permet de parier sur la faillite des subprimes. Et ceci tout en vendant ces mêmes subprimes à leurs clients en tant qu’investissement AAA. La pieuvre n’a pas de scrupule paraît-il.

Progressivement, ils se rendirent compte qu’ils avaient tellement acheté de CDS que même AIG pourrait faire faillite, du coup ils ont payé 150 millions de $ additionnels pour s’assurer contre la faillite d’AIG.

Surprise surprise, la crise financière est là et le marché immobilier s’effondre, les gens sont à la rue. Plusieurs entreprises qu’on disait « too big to fail » sont au bord de la faillite, parmi elles AIG qui ne peut pas payer tous les gens qui ont investi dans les CDS. Le gouvernement américain décide finalement de sauver AIG. Cela aura coûté 150 milliards de dollars aux contribuables américains. Au plus grand bonheur de Goldman Sachs.

Ayant profité elle-même de l’aide gouvernementale pendant la crise financière, Goldman Sachs enregistre ses bénéfices les plus élevées ces années-là, et délivre des bonus records à ses employés. Cela n’a pas du tout plu au peuple américain, et on les comprend.

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Goldman Sachs a causé la crise de la dette souveraine en Europe et y a aussi gagné de l’argent

On est en 2001, La Grèce a besoin de rejoindre l’UE, mais ses résultats financiers ne sont pas suffisants : elle a trop de dette. Goldman Sachs vient à la rescousse : grâce à un montage financier extrêmement complexe elle réussit à dissimuler l’ampleur de la dette grecque. Le gouvernement grec payera 600 millions d’euros pour ce petit tour de passe-passe financier. La Grèce rejoint alors l’UE mais sa dette ne va pas mieux du tout, au contraire, elle double entre 2001 et 2005. Cela se termine par la crise grecque que nous connaissons actuellement.

Goldman Sachs sachant qu’elle avait fait rentrer le loup dans la bergerie, sans aucun scrupule, parie contre le cours de l’euro, et finira par se faire d’énormes sommes d’argents.

Goldman Sachs a contribué à la famine dans le monde 

Au début des années 90, Goldman Sachs crée l’indice des matières premières GSCI, le « Goldman Sachs Commodity Index». Il s’agit d’un produit dérivé basé sur deux douzaines de matières premières parmi elles: le café, le blé, l’énergie, le porc, le soja, etc.

Avec ce nouveau marché ouvert aux acteurs institutionnels et vu que le GSCI est un dérivé long-only, (on ne peut pas parier contre sa baisse) Goldman Sachs fait des bénéfices faciles en pariant sur la volatilité des prix (causé par la météo, catastrophes naturels, etc.). Plusieurs banques ont suivi le pas, notamment Deutsche Bank, JP Morgan, Barclays et beaucoup d’autres. Toutes les conditions étaient alors rassemblées pour créer une inflation des prix alimentaires.

Résultat des courses : les prix des denrées alimentaires ont augmentés de 80% entre 2002 et 2008 et continuent d’augmenter depuis, le nombre de personnes affamées lui a augmenté de 250 millions.

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Goldman Sachs n’est pas une banque de détail. Ils ne proposent pas de carte de crédit à leurs clients et n’ont pas de distributeurs ni quoi que ce soit. Pour la plupart des gens, Goldman Sachs ne fait absolument pas partie de leurs vie, cette haine envers eux n’est donc pas à cause de la qualité de leurs services, mais plus à cause de leurs réputation.

J’ai un scoop pour vous : Une banque ayant une réputation effrayante, impitoyable, prête à tuer pour vous, c’est exactement le genre de banque que la plupart des clients avec qui elle traite veulent à leur côté. Ici on parle de hedge funds, gros investisseurs institutionnels, boites de private equity, etc. Goldman Sachs est, et a toujours été, une des meilleures banques dans ce qu’elle fait. Les clients qui peuvent choisir ont tendance à travailler avec celles qui peuvent subvenir efficacement à leurs besoins, que ce soit levée de fonds, achat ou vente d’une entreprise, ou en les aidant avec leur portefeuille d’investissement.

Le passé nous a clairement montré qu’il valait mieux être du côté de Goldman Sachs, que contre elle. Evidemment, les investisseurs sont particulièrement sensibles à cela. Car Goldman Sachs, c’est avant tout la banque qui gagne dans ce grand jeu de poker qu’est la finance mondiale. Et comme on dit au Poker : « Winner takes it all »

Donc l’avis de la « populace », in fine, ça ne les empêche clairement pas de dormir la nuit.

Y


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