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Les Enfants de minuit

Par Antoinehl

Je suis venu en Inde avec un bon paquet de livres. Flaubert côtoie Tolstoi, Dickens observe les poésies de Bouvier et le Capitaine Fracasse se repose désormais dans son château restauré.
Lorsqu’on est loin de chez soi, c’est l’atmosphère parisienne qui manque, et je me suis plongé avec délectation dans le Nana de Zola, et avant cela dans l’Assommoir.
Les livres sur l’Inde, offerts par la familia a noël, sont restés sagement au bas de la pile, attendant leur heure, patiemment.

Et puis au détour d’un weekend, au moment de faire son marché bouquinesque, on ouvre un peu au hasard un livre, les premières lignes défilent. Et la….

“Il était une fois… je naquis a Bombay. Non, ca ne marche pas, il ne faut pas perdre la date de vue; je suis né dans la maternité du docteur Narlikar, le 15 août 1947. Et l’heure ? L’heure a également de l’importance. D’accord, la nuit. Non, il est important d’être plus …. A minuit sonnant exactement. Les bras de la pendule ont joint les mains pour m’accueillir avec respect. Il faut tout dire: A l’instant précis ou l’Inde accédait a l’indépendance, j’ai dégringolé dans le monde”

Alpagué, attrapé, fasciné par l’écriture vivace et poétique de Rushdie, je viens de dévorer les Enfants de minuit.

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A travers les yeux de Salem Sinai, le premier des indiens nés le jour de l’indépendance, Rushdie nous emene d’Islamabad aux sublimes vallées cashmeries en passant par sa ville natale, Bombay. Le héros grandit avec la nouvelle nation indienne et passe avec elle de la jeune enfance a l’adolescence, puis a l’age adulte.
Les facettes de l’Inde littéralement s’enchaînent pour s’étouffer, renaître et se détruire dans un cycle teinté d’hindouisme et de métempsychose permanente.
Les styles du bouquin, eux aussi se mélangent, passant en permanence du roman historique précis, au récit fantastique, a la poésie toute bollywoodienne et a la saga homérique.

A dévorer calé dans un fauteuil, avec les odeurs indiennes qui vous chatouillent les naseaux et le bruit des rickshaws qui passent au loin.

Les Enfants de minuit (Midnight’s children) de Salman Rushdie, traduction de Jean Guiloineau, Livre de Poche, collection biblio, 1980


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