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Burkini, le dernier mot à John Locke

Publié le 29 août 2016 par Lheretique

J'ai trouvé intéressante l'analyse de Christophe de Voogd, l'un des fondateurs de Fondapol, dans le Figaro. A vrai dire, c'est surtout sa référence à John Locke et son Essai sur la tolérance que j'ai trouvée fort à propos. Locke écrit : 

«Le port d'une chape ou d'un surplis ne peut pas plus mettre en danger ou menacer la paix de l'Etat que le port d'un habit ou d'un manteau sur la place du marché»

mais il pondère 

«Il est dangereux qu'un grand nombre d'hommes manifestent ainsi leur singularité quelle que soit par ailleurs leur opinion. Il en irait de même pour toute mode vestimentaire par laquelle on tenterait de se distinguer du magistrat [comprendre l'autorité civile] et de ceux qui le soutiennent ; lorsqu'elle se répand et devient un signe de ralliement pour un grand nombre de gens…le magistrat ne pourrait-il pas en prendre ombrage, et ne pourrait-il pas user de punitions pour interdire cette mode, non parce qu'elle serait illégitime, mais à raison des dangers dont elle pourrait être la cause?»

Voilà qui me paraît à propos. Tant qu'il s'agit de gens venant se baigner, il n'y a pas matière à légiférer, si cela devenait le ralliement d'un courant de pensée dont l'un des objets est de saper notre démocratie, il en irait autrement et il faudrait alors y réfléchir.

Comme le dit fort justement Sarkofrance, on ne cesse de légiférer sur le vêtement de la femme musulmane depuis un moment en France. On va finir par se couvrir de ridicule. Si les pouvoirs publics mettaient autant d'énergie à garantir aux femmes leur liberté et leur sécurité dans les quartiers devenus des zones de non-droit, ils auraient fait un pas utile. S'ils se préoccupaient de manière générale de la liberté des femmes et de veiller à ce qu'en droit et dans les faits elles ne subissent pas de discriminations un autre pas aurait été accompli.

La France est très loin du compte. C'est l'insécurité dans laquelle les femmes vivent, accompagnée de la pression sociale et locale qui y est associée qui pousse les femmes à se revêtir de burkinis, burkas, voiles et autres accessoires dégradants. 

Les pouvoirs publics feraient mieux de s'attaquer aux causes plutôt que de poursuivre des moulins à vent...


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