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Bruno Lonchampt : Les évadés du bocal

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Les évadés du bocal de Bruno Lonchampt   3.75/5  (14-09-2016)

Les évadés du bocal (173 pages) est disponible depuis le 7 septembre 2016 dans la collection Exprim' des Editions  Sarbacane.

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L’histoire (éditeur) :

Ils sont trois à s'évader de leur hôpital psychiatrique. Trois pieds nickelés soudés au chalumeau de leurs embrouilles paranoïaques, mais sacrément acharnés à vivre. Pourtant, entre Lisa, la superbe maniaco-délurée, Sandro, le jeune schizophrène halluciné, et Yves le papy rocker altermondialiste, il n'y a pas grand chose en commun à la base.

Mon avis :

Voilà un titre loufoque dont l’intrigue, entre folie et complot, nous entraîne (le mot est faible) aux cotés de 3 évadés d’un hôpital psychiatrique dans une mission risquée  d’intérêt général…A moins que ce ne soit plutôt  dans leurs fantasmes que nous tombons…

Le doute est là, partout. Forcément, suivre bipolaire, paranoïaque et schizophrène (tous persuadés de détenir la vérité) laisse l’incertitude planer…Et si cette intrigue policière n’était que le fruit de leur imagination débordante…

On part facilement dans l’idée que la folie sert de prétexte à la mise en scène de personnages grotesques, mais peut-être pas si frappadingues que ça au final. Mais, comment en être sûr….

L’impression de confusion que l’auteur instaure aussi bien dans la narration, la construction et l’intrigue est palpable à chaque page. Toutefois, on se laisse facilement (ou de manière perspicace !) prendre au jeu de ce scénario et des idées précises et folles (mais pas si infondées) de Sandro, Yves et Lisa. Les preuves sont là. Ou pas…

Il y a des airs de grand complot qu’on a envie de suivre et qui nous pousse à tourner les pages. A moins que nous soyons tombés nous aussi dans la marmite de la paranoïa ! Une chose est sûre, on ne s’ennuie pas ici ! C’est franchement décapant. On s’amuse de tant d’audace chez ces 3 protagonistes attachants (les quelques flashbacks et les lentes révélations nous permettent de mieux les cerner et de capter ces petites choses qui nous donnent envie de les aimer).

Bruno Lonchampt maîtrise l’art de la confusion volontaire et l’art de la narration. C’est stylé, musical et riche. Il y a dans cette collection Exprim’ de chez Sarbacane des romans sagaces qui ne prennent pas les lecteurs visés (dès 13 ans) pour des idiots. L’écriture, bourrée d’images, de figures de styles directes, et le vocabulaire dépotent. Ça fuse, ça balance du lourd !

Brunon Lonchampt n’y va pas de main morte et avec musicalité (au BPM assez violent), il explore la folie de façon décalée (et pourtant si réaliste) et nous offre en plus une intrigue policière pertinente.

« Hypnotique. Tout comme une bonne partie des patients du pavillon, l’écran les absorbe, ne reste que les corps en mode coquille vide, l’esprit se diluant dans la TNT. » Page 22

« Son « plan » pèse trop lourd, et les épaules du gamin ont déjà du mal à porter son sac à dos. » Page 82

« Il est prêt ; mais maintenant, face à cette porte, ses testicules se rétractent jusque dans son foie, et son cœur tente un solo de percussion. Sûr que si les autres n’étaient pas à ses côtés, il serait retourné depuis longtemps chez sa vieille maman. » Page 86

La bande son qui va bien, c’est ici


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