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Marion, 13 ans pour toujours

Publié le 29 septembre 2016 par Montagnessavoie
Alors aujourd'hui au menu, je ne vous parle pas de voyage, pas d'un récit de voyage, pas de cuisine exotique ou de comment se rendre au Pirée en tramway, mais d'un téléfilm que j'ai vu hier et qui parle de harcèlement à l'école : Marion, 13 ans pour toujours. 
Alors le picth, comme on dit. Marion est harcelée à l'école, ça se finit en suicide. Les parents sont impuissants. Flash back sur le pourquoi du comment, puis enquête coûte que coûte de la mère, Nora (jouée par Julie Gayet) pour faire la lumière sur cette tragédie.  D'abord, quelques arrêts sur image pour débriefer un peu. Les profs bordélisés : un peu caricatural, ce sont les femmes qui sont le plus chahutées. Comme par hasard la prof d'espagnol, tiens ! Un peu exagéré ? Les cours auxquels on assiste sont vraiment un cauchemar. Les élèves écoutent de la musique sur leur portable, montent debout sur les chaises, répondent, crient, etc, etc. Impossible ? Oui, on se dit, ils ont des têtes de petits blancs bourgeois, pas crédible. Avouons la vérité, on aurait mis des élèves noirs et arabes que ça aurait sonné raciste. Et puis chacun, avec son passé de prof, son expérience déjà riche, se met à réfléchir... si si, c'est crédible, c'est possible. Et de sortir quelques anecdotes qui nous sont arrivées. Alors, oui, parfois les profs sont bordélisés et non, ce n'est pas dû à leur manque d'autorité. Venez donc gérer 25 élèves comme ceux du film pendant une heure et on en reparle. Voilà pour les mises au point professionnelles.  Ensuite, on ne fait plus d'arrêt sur image, mais on commente beaucoup parce qu'inévitablement ça nous pose question. Le rôle des profs, le rôle du chef d'établissement, de la meilleure amie de Marion qui soudain change de camp. Les non dits, les silences, tout se joue là-dedans en fait. Parler ou se taire, vaste débat. La mère n'est pas intrusive, elle fait confiance à sa fille. Elle sent que quelque chose cloche mais ne va pas fouiller dans son téléphone portable. Elle respecte son intimité. Mauvais parents ? C'est la réflexion qu'un des personnage envoie à la face de Nora. Bon sang mais quelle connerie ! Chaque parent peut se retrouver dans cette situation, même ceux qui croient bien connaître leur progéniture. On est jamais à l'abri de rien et quand on dit qu'on n'a rien vu venir, c'est qu'on n'a rien vu venir ! Regardez les parents de ces jeunes filles qui partent en Syrie. Vous pensez que ce sont de mauvais parents peut-être ? Les donneurs de leçon auront toujours à redire mais, ici, on cherche à comprendre plutôt qu'à accuser.  Les acteurs sont parfaits. Marion, incarnée par la jeune, Luana Bajrami et Julie Gayet, vraiment convaincante, forte et brisée à la fois, exceptionnelle de vérité dans ce rôle. Personnellement, je me suis mise à fond dans son personnage. Maman, elle refuse d'abdiquer et veut se battre coûte coûte pour découvrir qui sont les coupables, les gamins qui ont harcelé sa fille et l'ont poussée au suicide. On est avec elle, jusqu'à temps qu'on se rende compte qu'elle est en train de tourner folle, de briser ce qu'il reste de sa famille, de piétiner le travail de deuil que son mari, le père de Marion (joué par Fabrizio Rongione) tente de faire en silence. Les relations humaines et les réactions de chacun sont parfaitement analysées et décortiquées. On voit tout à fait où le réalisateur veut en venir et, pour autant, c'est écrit avec une infinie finesse et une grande habileté. Ce n'est pas pour rien que le film est tiré d'une histoire vraie. Des faits comme ça, il en arrive tous les jours, partout, près de chez nous. Sauf que certains les racontent, partagent leur expérience même douloureuse, pour faire avancer le débat, pour informer et éviter ça. C'est le cas de Nora Fraisse, la mère de Marion, la vraie, qui a publié en 2015 un livre sur son histoire, leur histoire.  Évidemment, il faut voir ce téléfilm, parce que le harcèlement est quelque chose de grave et qu'en tant qu'adultes, nous sommes tous concernés, d'autant plus quand on est prof ou parents.  Voilà, c'était ce que j'avais à dire aujourd'hui. 

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