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Véhicules électriques: brisons quelques clichés

Publié le 03 octobre 2016 par Christian Gagnon @autoopinion

Véhicules électriques: brisons quelques clichés

Moteur de la Ford Fusion Energi

S’acheter une voiture électrique est une expérience enrichissante. On dirait qu’on reprend conscience des distances et il faut bien planifier ses itinéraires et ses sorties. Lorsqu’on possède ce type de véhicule, ça doit devenir naturel de savoir jusqu’où on peut aller. Après l’essai d’une Kia Soul EV 2016 il y a quelques semaines, je me suis posé bien des questions sur ce que la population et les médias pensent de ces véhicules. Les médias ont d’ailleurs un travail à faire qui est de vous informer correctement sur les qualités et les défauts de ces véhicules. Je ne sais pas si c’est le fait qu’on favorise la facilité d’utilisation des voitures traditionnelles à essence, mais il convient de briser quelques clichés quant aux véhicules électriques.
Il y a plusieurs types de véhicules utilisant l’électricité : le véhicule hybride étant le plus connu (Toyota Prius, Ford Fusion Hybrid, etc.) utilisant à la fois l’électricité et l’essence. De cette catégorie sont issus les véhicules hybrides rechargeables (généralement avec le suffixe PHEV) : ceux-ci sont hybrides, mais peuvent être branchés afin de conserver une petite charge pour fonctionner à l’électricité uniquement. En général, vous aurez entre 25 et 35 kilomètres d’autonomie électrique après quoi le véhicule est un hybride conventionnel.
Le troisième type est le véhicule électrique à autonomie prolongée (Chevrolet Volt, BMW i3 avec prolongateur d’autonomie, etc.) : il s’agit d’une voiture électrique à laquelle un moteur à essence sert de génératrice. Il ne propulse pas la voiture, il ne sert qu’à recharger la batterie lorsqu’elle est vide. Dans le cas de la Volt 2017, l’autonomie électrique de base est d’à peu près 85 kilomètres alors que la BMW offre environ 140 kilomètres, dépendant des conditions.
On arrive enfin à la voiture purement électrique (Kia Soul EV, Nissan LEAF, etc.). Il n’y a pas de tuyau d’échappement puisqu’il n’y a pas de moteur à essence. L’autonomie électrique varie selon les modèles, mais disons que ça va de 125 kilomètres pour la Mitsubishi i-MIEV à plus de 500 kilomètres pour la Tesla.
Pendant l’essai de la Kia Soul EV 2016, j’ai entendu plein de commentaires élogieux, mais aussi erronés. En voici quelques-uns :
  • « 170 kilomètres d’autonomie, c’est pas beaucoup. » En fait, combien d’entre vous videz votre réservoir d’essence chaque jour? Pas beaucoup, j’en suis sûr! En fait, selon une étude réalisée en 2014, 89 % des Canadiens parcourent moins de 60 kilomètres par jour. L’autonomie de la voiture électrique peut donc suffire dans la majorité des cas.
  • « Je voyage souvent en auto, alors je ne peux pas avoir de voiture électrique. » Étant voyageur moi-même, je peux facilement comprendre cette affirmation, mais en y réfléchissant, vous avez peut-être deux véhicules dans votre entrée. L’autre véhicule peut servir aux voyages et être à essence. Et si vous n’en avez qu’un, pourquoi ne pas en louer un pour les vacances. Ce sera surement une économie de cout d’entretien, d’immatriculation et d’assurance.
  • « Il n’y a pas beaucoup d’endroits pour recharger les batteries. » C’était peut-être vrai au début, mais c’est de moins en moins vrai. En fait, le réseau s’agrandit chaque semaine par l’ajout de nouvelles bornes, dont plusieurs sont gratuites. Comment est-ce possible? Plusieurs villes et villages en installent dans leur centre-ville pour attirer la population. Pendant que vous rechargez votre voiture, vous irez prendre un café ou magasiner dans les commerces locaux. Avec l’application ChargeHub, j’ai même déniché une borne Ultra Rapide gratuite : 80 % de la charge en 20 minutes, que demander de plus?
  • « Les voitures électriques ne sont pas puissantes. » C’est tout le contraire! Le couple d’un moteur électrique ne varie jamais. La puissance maximale est donc disponible en tout temps. Si vous suivez une voiture électrique lente sur la route, ce n’est pas la faute de la voiture, mais plutôt de la personne assise derrière le volant!
  • « Une voiture électrique, c’est plus cher. » Même avec le rabais gouvernemental, c’est effectivement un peu plus cher. Toutefois, elle vous permet de rouler dans les voies réservées, de prendre les traversiers gratuitement (vous ne payez que pour vous et les passagers) et autres avantages reliés aux voitures électriques. De plus, pour ma part, juste de faire un pied de nez aux pétrolières qui ne se gênent pas pour augmenter leur prix juste avant les fins de semaine ou les grands congés, ça vaut tous les surplus de prix du monde. En plus, vous profiterez de l’électricité la moins chère en Amérique du Nord.
  • « C’est trop long pour rentabiliser cet achat. » C’est l’affirmation qui me dérange le plus. Premièrement, une auto n’est jamais rentable puisqu’elle perd de la valeur. Deuxièmement, pourquoi demande-t-on à une voiture électrique d’être rentable alors qu’on ne se pose jamais la question pour un cabriolet, une camionnette, un VUS ou une voiture de luxe? Combien de personnes roulent en Ford F150 sans qu’il y ait une roulotte attachée ou même un chargement dans la boite? Combien de personnes s’achètent un cabriolet et le remise durant la saison froide? Les véhicules utilitaires sont à la mode alors que plusieurs n’ont pas du tout besoin d’un utilitaire. Arrêtons de comparer les voitures électriques avec celles à essence. Comparons les voitures électriques entre elles et nous aurons un portrait plus juste de la situation.

Ce qui arrive dans le cas des véhicules électriques, c’est que vous vous êtes habitués à ne pas vous casser la tête. Il y a toujours une station-service au coin de la rue pour faire le plein. Après avoir passé une semaine au volant de la Kia Soul EV 2016, j’en déduis que lorsqu’on possède une voiture électrique, on calcule plus nos déplacements et on évite les trajets inutiles. Si on a des courses à faire, on se débrouille pour regrouper nos achats afin de ne pas de faire nombreux trajets. En fait, on devrait faire ça aussi avec une voiture à essence. Mais vous le savez, la facilité prend très souvent le dessus.
Mon essai de la Kia Soul EV 2016 sera publié au début d’octobre chez www.leblogauto.ca

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