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J’ai longtemps tourné autour de ce grand musicien, chroni...

Publié le 08 octobre 2016 par Ultramagnetique @ultramagnetique
Finding Fela

J’ai longtemps tourné autour de ce grand musicien, chroniquant à plusieurs reprises les excellents albums de ses fils Femi Kuti et Seun Kuti ou la très belle compilation de reprise pour l’association Red Hot. Mais toujours j’hésitais à chroniquer le mythique musicien nigérien, ne sachant peut-être pas par où commencer de l’œuvre féconde de l’artiste et la vie tumultueuse de l’homme.

Le film documentaire Finding Fela d’Alex Gibney est l’occasion de rendre hommage à Fela Anikulapo Kuti. Le réalisateur, oscarisé pour son documentaire Un Taxi Pour l’Enfer, retrace la vie du génial musicien entre interview (dont celle de son vieux complice et arrangeur, le batteur Tony Allen), archives et images du spectacle musical Fela ! à Broadway.

Baignant dans la musique religieuse dès son plus jeune âge, piètre élève à l’école, rejoignant son frère à Londres pour y suivre des études de médecine, il a vite fait de s’orienter vers une école de musique. Mais aux enseignements trop classiques à son goût, il préféra les salles de concert jazz. Ainsi naissaient les premières influences de Fela, jouant les œuvres de Miles Davis ou Dizzy Gillespie.

Finding Fela photo

De retour à Lagos, les premiers métissages entre musique africaine et jazz ne connurent qu’un succès confidentiel, il manquait à cette belle alchimie une étincelle. Elle viendra de la soul music portée par le groove incendiaire de James Brown et d’autres. Ainsi naissait l’afrobeat, une musique sublimant toutes ces influences dans un son nouveau qui allait faire de Fela un des plus grands musiciens africains et du XX° siècle.

Le titre Power Show en live à Berlin en 1978, morceau de 18 mn tout en montée, format habituel chez Fela. On peut y voir le musicien exigeant qu’il était, allant jusqu’à régler une des cordes de ses musiciens… (vers 3 mn)

Mais des Etats Unis il ne ramènera pas que la soul dans ses partitions, il y rencontre une militante des Black Panthers qui éveillera sa conscience politique. Fela avec ses textes engagés devient la bête noire de la dictature militaire nigérienne, mais les prisons et tortures ne feront jamais taire Anikulapokuti (« celui qui porte la mort dans sa gibecière »), il se croyait invulnérable. Il aurait pu trouver refuge et faire carrière dans une grande capitale occidentale, mais jamais il ne quitta son quartier populaire. Génial musicien et fantasque personnalité, Fela préférait défier les militaires, allant jusqu’à déclarer sa maison République du Kalakuta, ce qui lui vaudra une intervention violente de l’armée, la mère de Fela décedant de ses blessures plusieurs mois après.

Le documentaire retrace bien toutes les facettes du personnage hors du commun, musicien de génie, opposant farouche, mais aussi une personnalité complexe avec ses parts d’ombre et de lumière. Les musiques du documentaire sont sorties en BO, un parcours des différentes périodes musicales de Fela et quelques inédits comme la reprise de son célèbre titre Colonnial Mentality par son fils Femi Kuti accompagné de The Fela ! Band.

Finding Fela (2014, Knitting Factory records – Fela Films)

« Opposite People »

« Upside Down »

« Egbe Mi O »

The Fela Band and Femi Kuti « Colonial Mentality »

La bande annonce du documentaire.


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