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Ah ! si le Musée des Tissus de Lyon était à Paris ou à Tulle.

Publié le 10 octobre 2016 par Pierre Thivolet @pierrethivolet

Ah ! si le Musée des Tissus de Lyon était à Paris ou à Tulle.

Une tunique de 2150 ans avant JC, à voir avant fermeture définitive du Musée des Tissus de Lyon

Connaissez-vous le Musée des Tissus de Lyon ? Non ? Mais vous savez bien que depuis la Renaissance, 1515, François 1er, Lyon est la capitale de la soie, qu’une partie de son économie a été construite sur le travail de ces fils produits par la bave de la larve d’un gros papillon, le bombyx. Une larve gavée par sa nourriture préférée les feuilles de mûrier, et élevée dans toute la vallée du Rhône depuis des siècles. Cela ne vous dit rien ? Et la révolte des Canuts, vous ne l’avez pas apprise à l’école? Les ouvriers de la « Fabrique » lyonnaise sont le premier prolétariat de la révolution industrielle en France. Ils avaient été concentrés sur les pentes de la Croix-Rousse dans de grands immeubles aux pièces aux plafonds très hauts pour laisser la place au métier à tisser, sans volet, sans rideau pour laisser entrer la lumière. Leur révolte est le premier grand mouvement ouvrier, réprimé dans le sang. Plus de 800 morts et cette chanson : « C’est nous les canuts, qui allons tous nus « Et Versailles, vous connaissez ? La chambre du roi avec ses tentures, ses meubles richement recouverts. Eh ! bien tous ces tissus ont été tissés ou retissés par les soyeux lyonnais, des familles aux noms prestigieux, dont certaines remontent à la Renaissance quand tant d’italiens, de lombards sont venus s’implanter entre Saône et Rhône et faire la fortune de cette ville qui à l’époque était à la frontière du Royaume de France et de l’Empire.Eh ! bien le Musée des Tissus et des arts décoratifs a été créé sur cette histoire–là, sur ces savoirs-faire là. Outre la soierie lyonnaise, on peut y découvrir des tissus venus de toutes les cultures, de tous les âges, depuis que l’homme s’est mis à apprendre à tisser. Une des pièces les plus émouvantes, une tunique égyptienne, en lin, appartenant sans doute à une femme qui aurait vécu 2150 ans AVANT Jésus-Christ ! Le monde entier nous l’envie (si ! si !) mais ni la Ville de Lyon de Gérard Collomb, ni la région Auvergne Rhône-Alpes de Laurent Wauquiez, ni la Ministre de la culture ( qui est-ce au fait ? Ah ! oui Audrey Azoulay ). Et à la fin de l’année, le Musée devrait donc fermer. Son propriétaire actuel la Chambre de commerce, en pleine réduction de recettes ne peut plus assumer les 2 millions et demi de fonctionnement, ni financer les quelques 20 millions d’euros minimum, pour remettre les bâtiments à niveau, et en moderniser la scénographie. Pétitions internationales, personnalités qui montent au créneau, ça commence à bouger, les uns et les autres accordent des miettes mais qui ne permettent pas encore de sauver le Musée dans la durée. Et l’on se dit… Quand on pense à tout ce que Région et Ville de Lyon ont dépensé pour le parc OL - 2 millions d’euros, allez on va être démago : C’est le 1/3 du salaire annuel de Valbuena -, à tout ce que la Ville de Lyon et le département ont payé et paient pour Confluences, à tout ce que l’Etat a dépensé pour le Mucem à Marseille, à toute cette profusion de superbes lieux de culture à Paris et région, on se dit donc que c’est bien dommage que Lyon ne soit pas Tulle pour que l’on s’intéresse un peu plus en « hauts lieux » au sauvetage d’une pépite de notre patrimoine national: Le Musée des Tissus de Lyon. Nous vivons une e-poque formidable. Musée des Tissus de Lyon

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