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Sarah

Publié le 06 mars 2017 par Pralinerie @Pralinerie
Salar Uyuni
C'est ma première rencontre avec Marek Halter et avec sa série La Bible au féminin. Et je dois dire que je ne suis pas trop trop déçue, peut-être parce que je n'attendais rien de spécial. J'ai souvent peur des romans historiques, leur préférant les essais. Peur des approximations, des romances trop développées (Christian Jacq, héros de mon adolescence...), des anachronismes. Bref, peur du genre en lui-même.
On rencontre Saraï, fille d'un puissant d'Ur, le jour de ses premières règles. La voilà donc prête à épouser un noble de la ville et à lui donner des enfants. Mais notre adolescente est rebelle. Elle fuit en plein milieu de la cérémonie, laissant son père et son futur époux rouges de honte. C'est au cours de cette escapade qu'elle rencontre Abram, un nomade. Reprise par les soldats, Saraï prend sa décision : Elle sera l'épouse d'Abram ou de personne. Et d'ingurgiter des plantes qui la laissent stérile, après des jours entre vie et mort. Son destin est scellé, elle devient prêtresse d'Ishtar. Mais vous connaissez la Bible comme moi, Saraï va devenir l'épouse d'Abram et tarder à lui donner un fils. L'auteur imagine une malédiction, Saraï est condamnée à être la plus belle, à ne pas vieillir, à attirer les regards mais à ne pouvoir donner la vie. Et c'est le leitmotiv du livre, cette stérilité. 
Si Marek Halter intègre les épisodes bibliques bien connus de la Genèse, ceux-ci passent toujours au second plan pour ne pas quitter Saraï un instant. C'est à travers son regard, ses croyances (bien peu affirmées ou creusées, d'un relativisme presque contemporain) et son nombril (isme) que l'on traverse les événements. Si le roman se lit bien et que l'idée de faire parler les femmes de la Bible était intéressant, Sarah n'a pas non plus un intérêt fou. On sent que le sujet pouvait être plus creusé, plus challengé pour ne pas tomber dans une biographie fictive tournant uniquement autour de problèmes féminins, personnels, qu'il y avait des enjeux de foi, de politique, de représentations qui ont été écartés. Dommage.

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