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VENIN de SERPENT : Le nanodote qui chope les toxines avant les cellules – Journal of American Chemical Society

Publié le 12 mars 2017 par Santelog @santelog

VENIN de SERPENT : Le nanodote qui chope les toxines avant les cellules – Journal of American Chemical SocietyLe venin de serpent est un cocktail toxique complexe fruit d'une évolution sur des millénaires, de manière à toujours rester en avance sur les stratégies d'adaptation de la proie. Alors, pouvoir neutraliser rapidement et facilement le venin de serpent en cas de morsure, quelle que soit l'espèce, pourrait sauver des millions de vie. Car si ces accidents sont très rares dans nos pays, on estime que dans le monde, les morsures de serpent concernent chaque année 4,5 millions de personnes et que 2,7 millions souffrent de blessures paralysantes et plus de 100.000 en meurent. Ce moyen, les chimistes de l'Université de Californie, à Irvine, l'ont trouvé, et il est peu coûteux et plus efficace que l'anti-venin traditionnel. Une innovation présentée dans le Journal of American Chemical Society.

En cas de morsure de serpent, le traitement standard nécessite une perfusion intraveineuse lente d'anti-venin à l'hôpital et peut coûter jusqu'à 100 000€. Et l'antidote n'arrête que les dommages infligés par un nombre limité d'espèces : " L'anti-venin actuel est très spécifique à certains types de serpents. Le nôtre semble montrer une capacité à large spectre d'arrêter la destruction cellulaire " , explique le chercheur Jeffrey O'Brien, co-auteur de l'étude.

Les chercheurs démontrent ici que leur anti-venin est capable d'inhiber les pires effets des cobras et des kraits d'Asie et d'Afrique, ainsi que ceux des vipères d'Amérique du Nord. L'équipe a synthétisé un matériau nanogel polymère qui se lie à plusieurs protéines toxines clés, ce qui les empêche de détruire les membranes cellulaires et d'entraîner une apoptose cellulaire généralisée. Absorbées à la surface des nanoparticules du nouveau matériau les protéines toxiques restent " séquestrées " et dans l'incapacité de détruire les membranes cellulaires chez l'hôte.

Ils l'appellent le nanodote , et cet antidote à large spectre a une longue durée de vie et coûte beaucoup moins cher. Car l'antidote existant est très coûteux et très difficile d'accès: il est produit en injectant du venin à des chevaux de venin puis en attendant des semaines pour que les animaux développent des anticorps. Ensuite, il s'agit encore d'extraire leur sang, de le transporter etc... et ce processus n'est pas autorisé partout dans le monde. Depuis la publication ces résultats, les chercheurs ont même découvert que le nanodote est un bon antidote contre les piqûres de scorpions et d'araignées.

L'idée est de changer de paradigme dans la réflexion sur les solutions à ces types de problèmes, concluent les auteurs. Les besoins sont énormes. Le Ministère américain de la Défense a financé la première phase des travaux de laboratoire, l'armée américaine a en effet quantités de troupes dans les tropiques et en Afrique sub-saharienne...

Journal of American Chemical Society via eurekalert (AAAS) 7-Mar-2017 Snake bit? UCI chemists figure out how to easily and cheaply halt venom's spread


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