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AXA généralise l'assurance paramétrique

Publié le 12 mars 2017 par Patriceb @cestpasmonidee
AXA Dans un univers « digital » dont toutes les caractéristiques peuvent désormais être qualifiées, mesurées et converties en données numériques, l'assurance se transforme inéluctablement. Trois ans après ses premiers pas, AXA se prépare maintenant à généraliser l'approche paramétrique, qui automatise la couverture des risques.
Le principe de ce modèle émergent est finalement assez trivial : dans tous les cas où un dommage à garantir peut être directement corrélé à un ou plusieurs paramètres mesurables objectivement, il est possible de concevoir un contrat dont les conditions sont fondées sur une simple formule mathématique. Par exemple, une assurance pour un champ d'éolienne pourrait déclencher (automatiquement) une indemnisation si, pendant une durée donnée, la vitesse du vent est inférieure de 10% à la moyenne sur 5 ans.
AXA a donc déjà une expérience certaine en la matière, dans 28 pays, principalement centrée sur les risques météorologiques et climatiques (associés à des mesures de température, de pluviométrie, de hauteur des vagues…), qu'elle met aujourd'hui surtout au service de grandes entreprises, à l'image d'un opérateur d'installation photovoltaïque en Chine, couvert contre le manque d'ensoleillement. La création d'une entité dédiée à ce nouveau métier, AXA Global Parametrics, va permettre à la compagnie d'étendre son champ d'action, notamment vers les PME et les particuliers.
En outre, avec l'explosion des volumes de données captées – en particulier grâce à la multiplication d'objets connectés en tout genre, capables de collecter des informations sur toutes sortes de paramètres de notre environnement –, il est évident que l'avenir de l'assurance paramétrique s'annonce radieux dans de multiples domaines. Pour les clients, elle promet de contribuer à une expérience utilisateur optimisée, offrant une plus grande transparence (entre autres sur les conditions de garantie) et une fluidité incomparable du traitement des sinistres (instantané, sans intervention humaine).
Présentation de l'assurance paramétrique
Du point de vue d'AXA, le modèle est tout aussi séduisant. D'abord, parce qu'il lui procure des opportunités d'imaginer et développer des garanties inconcevables auparavant. Mais aussi, et l'enjeu est probablement considérable, parce que le degré d'automatisation qu'il apporte ne sert pas uniquement à proposer des produits plus abordables : il représente aussi un extraordinaire moyen de rationaliser les opérations.
Cet aspect n'est d'ailleurs pas sans soulever des questions majeures, à l'échelle de l'entreprise, voire de la société. Car le développement des approches paramétriques fera progressivement disparaître les métiers liés aux traitements des sinistres, remplacés par des algorithmes plus ou moins élaborés, alimentés par des flux continus de données. L'évocation par AXA de l'exploration du potentiel de la blockchain pour gérer les contrats est ainsi représentative de cette ambition de faire disparaître l'humain de l'équation.
En prolongeant la réflexion au-delà de ce qui est possible aujourd'hui mais envisageable demain, combien de temps faudra-t-il encore pour que les techniques d'apprentissage automatique et l'intelligence artificielle, devenues capables de modéliser les risques à partir des montagnes de données accumulées, commencent à défier les actuaires et s'emparent aussi de leur rôle ? Se dirige-t-on, en réalité, vers un concept de compagnie d'assurance totalement robotisée ? Est-ce là la rançon inévitable de la satisfaction des attentes de transparence, d'efficacité et d'instantanéité exprimées par les clients ?

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