Magazine Côté Femmes

Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps…

Publié le 13 mars 2017 par Dounia Joy @Dounia_Joy

Rien n’a changé depuis deux ans où je vous dévoilais ici pour la première fois, que j’étais vierge. Je l’avais aussi fait dans un article protégé, mais j’en ai parlé plus ouvertement plus tard, dans d’autres articles. Je n’en ai pas forcément honte, mais je n’en suis pas fière non plus.

un fardeau

Ce n’est pas un choix assumé, c’est plutôt un poids, une chose que je porte comme un fardeau. Je ne pense pas être si moche mais on s’est souvent moqué de mon physique à l’école. En primaire, au collège surtout. Au lycée, ça a commencé à s’estomper mais le mal était fait et les paroles ancrées. Je me sentais moche et je n’avais pas du tout confiance en moi ni en mon pouvoir de séduction.

Les rares fois où j’osais dévoiler des sentiments à un garçon, il se moquait de moi. Cela n’a pas aidé à prendre confiance ni à me re-dévoiler par la suite. Alors, Internet, ça a un peu été comme une révélation pour moi. Enfin un endroit où je me sentais bien, où je me sentais moi. Où je pouvais laisser paraître ma personnalité sans que personne ne me juge ou se moque de moi. La fille timide laissait place à une fille rigolote pleine d’autodérision.

Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps…

Mais, je n’étais pas non plus sereine face aux garçons. C’est tout de même grâce au net que j’ai rencontré les deux seuls qui sont devenus plus tard mes petits amis. Le bilan à presque 30 ans n’est pas bien lourd. Comment ne pas en avoir presque honte quand tu vois qu’aujourd’hui les meufs de 15 ans, changent de petits copains tous les 6 mois, et qu’elles en ont une dizaine par an ! J’exagère mais quand même, quand tu vas au lycée, ce n’est plus du tout pareil qu’avant.

une rareté

A mon époque, les gens en couple au lycée c’était tout de même assez rare et concernaient surtout les terminales. Aujourd’hui, ça commence au collège voir même avant. Soit, on était grave en retard à mon époque, soit c’est le monde d’aujourd’hui qui est trop en avance… Dans une société dominée par le sexe, les publicités en ce sens etc etc… être toujours vierge à quasiment trente ans est perçu comme une tare…

Pourtant quand j’en parle, on me trouve courageuse, j’apparais presque comme une héroïne, c’est noble, c’est beau me dit-on… Il n’y a rien de beau là-dedans, je ne suis pas vierge par conviction ou parce-que j’ai voulu attendre le bon. Je suis vierge car j’ai la phobie de le faire tout simplement… J’ai peur de l’acte en lui-même, peur d’avoir mal, cet endroit de mon corps m’a toujours repoussé…

Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps…

rien que de toucher…

Me laver les parties intimes sont apparues très compliquées depuis toujours, je n’aimais pas me toucher à cet endroit. Toujours cette peur de me faire mal, de mal faire, de ne pas savoir où faire exactement… Aujourd’hui, ça va mieux depuis longtemps sur ce point mais du coup même l’épilation du maillot a longtemps laissé place à la grande forêt amazonienne. Mon ex m’a beaucoup aidé là-dessus, j’arrive maintenant à raser puis tondre ce qui me gêne à cet endroit…

J’ai conscience que lire ça doit paraître très bizarre et peut-être rigolez-vous derrière votre écran, mais ce n’est pas une chose évidente que d’avouer tout ça ici publiquement. Je ne sais pas qui me lit, et à ce jour, je m’en fous. J’ai besoin de l’écrire, je l’écris. J’ai voulu protéger l’article, et puis finalement, je le laisse pour l’instant ouvert. Peut-être finira-t-il protégé, comme peut-être finira-t-il à la poubelle…

une douleur bien étrange…

Depuis quelque temps, j’ai perdu du poids et sur mon canapé, j’avais mal au coccyx en me relevant. Je ne m’en suis pas inquiétée plus que ça, mettant ça sur le dos de la perte de poids. Des copines ayant aussi perdu du poids m’ont confirmé qu’elles avaient elles aussi eu ce souci. Puis, les douleurs se sont empirées et j’en ai parlé au médecin. Effectivement, à chaque fois qu’elle me touchait le coccyx, j’avais mal. J’ai eu des anti-inflammatoires mais au bout d’une semaine, ce n’était pas mieux.

J’ai commencé à ressentir les douleurs « à l’intérieur » au niveau de l’anus. Et j’avais comme l’impression d’avoir un corps étranger dans le sillon inter-fessier. Très désagréable. Quand je suis retournée chez le médecin, elle m’a annoncée qu’elle devait faire un toucher rectal pour vérifier l’intérieur, qu’il n’y avait pas de kyste, de fissure, ou d’hémorroïdes. Une épreuve pour moi, j’ai pleuré à cette annonce. J’ai cru refuser mais j’avais envie de savoir ce que j’avais. Alors elle l’a fait et ça a été moins pire que ce que je pensais. Elle n’a rien détecté et m’a envoyé faire une radio. La radio n’a rien révélée non plus…

Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps…

une consultation plutôt mal vécue

Le médecin voulait m’emmener voir un gastro-entérologue. J’y suis allée lundi dernier et j’en reste marquée. Je devais faire une rectoscopie mais j’ai annulé mon rendez-vous prévu à demain. Il ne pense pas que l’examen va révéler quelque chose et pense que le problème vient bien de l’os du coccyx et de la perte de poids. Il me conseille donc de muscler mon fessier ! Pas de problème, depuis le temps que je parle de faire de la musculation pour me tonifier…

Il a du refaire le toucher rectal. Le médecin m’avait mise en position couchée sur le côté, jambe replié vers le torse. Lui me disait de me mettre accroupi, appuyée sur les coudes. Mais mes jambes se tendaient et impossible dans cette position d’être « sereine ». Alors, j’ai demandé à me mettre comme le médecin. Avec lui, ça a été plus difficile, je ne sais pas si c’est parce-que c’était un homme, un vieux ou parce-qu’il était moins doux. Il a ensuite procédé à une anuscopie avec un spéculum et c’était pas agréable, heureusement que ça ne durait pas bien longtemps.

L’examen que je devais passer, la rectoscopie est fait sans anesthésie mais n’est normalement pas douloureux. Or, je me connais, je vais me crisper alors forcément que la douleur je vais la ressentir. Et il voyait très bien que j’étais très anxieuse et très stressée et aurait du me proposer la coloscopie dans ce cas, je préfère être anesthésiée ! Mais non… Bah tant pis, on verra si ça passe comme c’est venu.

Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps…

pourquoi est-ce si compliqué ?

Si je vous parle de tout ça, c’est pour évoquer ce rapport à l’intime de mon corps très compliqué. Je ne sais pas pourquoi j’ai si peur dès qu’il s’agit de dévoiler cette partie de mon anatomie. Je n’ai pourtant à ma connaissance, rien vécu qui pourrait permettre de comprendre cette réticence. Et puis, il faut dire que j’ai peur de tout aussi et que le peu d’expériences que j’ai eu, le peu de copains, ne m’a pas aidée à me désinhiber en ce sens.

Sauf que c’est de moins en moins facile maintenant. Déjà que j’ai peur de souffrir mais j’ai aussi peur de ce poids, qui serait un fardeau encore plus pour le mec que pour moi. Alors oui, je ne suis pas obligée de lui dire, mais si je sors avec quelqu’un, il me faudra sûrement du temps pour tenter d’aller plus loin. Sauf que ce temps là, les mecs de trente ans ne l’ont plus. Alors je mets des barrières, je m’empêche de vivre des choses et je refuse des avances de mecs qui potentiellement pourraient me plaire parce-que j’ai pas envie de les confronter à ça…

aurais-je refoulé des actes subis ?

Récemment, je me suis même posée la question, si je n’avais pas vraiment subi d’attouchements ou je ne sais quoi. Quelque chose qui pourrait expliquer cette peur irrationnelle. Ce n’est pas juste la peur de le faire. C’est aussi la peur que l’on me touche à cet endroit. Imaginez ce que les examens médicaux que j’ai subi pour mon coccyx m’ont fait. Je ne peux pas non plus voir de gynécologue. Rien que de penser à un instrument qu’il introduirait dans mon vagin, je sens que je pourrais faire un malaise.

Un malaise, c’est ça en fait. J’entretiens un véritable malaise avec l’intimité de mon corps. Parfois, je pense me faire aider. Et puis j’ai peur. Encore et toujours. Et puis par qui ? Un sexologue, psychologue (non pas encore eux!) ? Parfois, je me dis qu’il faudrait me forcer à le faire, avec n’importe qui on s’en fout juste ce serait fait et je n’aurais plus peur… Ce serait tout de même con que ça se passe mal et d’avoir attendu si longtemps pour le faire avec un mec qui s’en fout et dont je m’en fous, ce serait crétin…

Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps…

L’article Ce rapport compliqué avec l’intimité de mon corps… est apparu en premier sur Dans la tête de Dounia-Joy.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Dounia Joy 1404 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine