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Les 10 mécanismes de réaction au stress

Publié le 14 mars 2017 par Amantes

Le stress est la réponse naturelle à un sentiment de danger : quand on a peur de ne pas savoir gérer la situation ou les émotions. Il existe 10 mécanismes classiques de réaction au stress qui nous permettent de gérer (par défaut) les situations. Bien qu’ils soient bénéfiques sur le court terme, leur utilisation nous enferme dans un comportement inconscient et nous coupe de l’expression de nos émotions.

Dans cet article, nous allons voir ces 10 stratégies et comportements que l’on utilise en réponse au stress.

Les 10 mécanismes de réaction au stress

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress est un état dans lequel on entre lorsque l’on se sent incapable de gérer une situation. Cette situation peut être intérieure (émotions, souvenirs, ressentis) ou extérieure (circonstances, événements).
Le stress est un mécanisme de survie qui s’enclenche dès lors que l’on se sent coincé. Cette réaction instinctive se déclenche lorsque l’on a peur pour nous ou que l’on se sent incapable d’avoir une solution afin de nous permettre de sortir de cette situation.

Voici comment vous pouvez reconnaître le stress :

  • poul qui s’accélère
  • sueurs / montées de chaleurs
  • émotions intenses
  • respiration qui s’embale
  • transpiration
  • état de panique intérieur
  • impression d’être absent
  • tensions dans le corps et les muscles

Lorsque nous rentrons dans un état stress, nous passons automatiquement en mode instinctif où des stratégies primaires se mettent en oeuvre de manière inconsciente afin de gérer la situation. Il s’agit de réactions, c’est à dire qu’elles se déclenchent de manière automatique et inconsciente, et la plupart du temps on ne s’en rend pas compte.
Ces stratégies que nous utilisons pour gérer ces situations de stress, il en existe 10 :

1. Déni

Le déni est le fait de refuser la réalité de ce qui est, que cela soit les circonstances extérieures, les émotions que nous ressentons à l’intérieur ou encore les pensées qui traversent notre esprit. Nous faisons alors comme si ils n’existaient pas et nous voilons la face. C’est une stratégie qui consiste simplement à faire comme si tout allait bien alors que certains signaux d’alarme résonnent dans notre corps et notre esprit. Cela consiste à ignorer purement et simplement les signaux que notre esprit nous envoie : les émotions.

Beaucoup de gens usent du déni dans leur vie de tous les jours afin d’éviter d’avoir à gérer la douleur, les problèmes ou alors les émotions négatives. L’incapacité à regarder en face et à admettre la réalité des signaux intérieurs créée cette manie de se les cacher.

2. Régression

La régression est une réaction qui nous fait revenir dans un stade de développement antérieur : nous redevenons un enfant ou un adolescent.
Parfois, cette stratégie est utilisée lorsque certaines pensées, émotions ou impulsions nous paraissent inacceptables. Alors, nous redevenons un enfant avec l’espoir que la situation soit gérée par une force extérieure à nous, les grandes personnes par exemples. C’est une manière de se déresponsabiliser et de s’en remettre à l’extérieur pour que les choses s’arrangent d’elles-mêmes.

Un adulte peut subir une régression lorsqu’il est très stressé, et ainsi se comporter comme un enfant : être têtu, bouder, faire la tête, appeler à l’aide, rester coucher au lit …

3. Extériorisation

Il s’agit là d’extérioriser des sentiments ou des émotions que l’on se sent incapable d’exprimer d’une manière intérieure. En « jouant la comédie », c’est à dire en incarnant l’émotion à la hauteur de ce qu’on la ressent intérieurement, on s’autorise à l’exprimer. On exagère alors souvent le comportement afin de bien faire comprendre l’ampleur de l’émotion que l’on exprime, aux autres ou à nous même. On devient littéralement l’acteur de notre émotion.

Ainsi, quelqu’un qui est énervé pourra jeter des objets à travers la pièce. Quelqu’un de triste pourra pleurer au désespoir en criant « pourquoi??? ». Quelqu’un qui ressent de la haine insultera les personnes présentes…

Il s’agit de jouer la comédie de l’émotion ressentie. Comédie ne veut pas dire faux ou inventé : cette comédie est totalement réelle pour la personne qui la vie et l’exprime de cette façon. C’est une manière d’arriver à exprimer ses émotions quand on ne sait pas le faire d’une manière calme et douce à l’intérieur de soi. C’est une manière de faire circuler cette énergie émotionnelle qui est bloquée en nous.

4. Dissociation

C’est un comportement qui nous fait nous dissocier de certaines parties de nous. Ainsi, nous avons la capacité de nous séparer de certaines parties de nous et de ne plus les ressentir. C’est comme si nous avions plusieurs personnalités qui existent simultanément, plusieurs personnages.

La conséquence est que parfois, nous ne sommes plus là, nous sommes dans notre monde, ou alors dans un autre monde. Comme nous jonglons entre plusieurs aspects de nous-même, il arrive que l’on perde la notion du temps et que l’on ait alors du mal à se sentir soi-même avec une direction claire. Une personne qui se dissocie peut avoir du mal à rester connectée à ce monde physique et à cette réalité.

Cette stratégie est parfois utilisée par les gens qui ont vécu des traumas, ou des abus car c’est une manière de se déconnecter de cette partie de nous qui est douloureuse et qui porte les mémoires teintées d’émotions qui ne sont pas facile à gérer. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir de trauma à proprement parler pour utiliser cette stratégie.

Certaines parties de notre conscience sont occultées et se retrouvent dans le subconscient. Elles sont comme oubliées, deconnectée, dissociée de nous-même. C’est comme faire des séparations et des compartiments de conscience, dissociées les unes des autres. Il peut s’agir de parties de nous qui ont des valeurs différentes (exemple : une est honnête et l’autre fraude sur ses impôts…)

5. Projection

La projection est un comportement qui nous fait attribuer aux autres des pensées, émotions ou actes que nous n’acceptons pas. Ainsi, au lieu de regarder ce que nous n’acceptons pas en nous, nous préférerons le pointer du doigts chez l’autre et de le lui reprocher.

Ceci démontre notre incapacité à accepter que ce sentiment, cette émotion ou cette pensée est en fait en nous-même. Son caractère à nos yeux inacceptable nous fait le projeter à l’extérieur, sur quelqu’un d’autre. C’est une manière de se déculpabiliser, mais aussi de montrer le caractère inacceptable de la chose en question. Mais en disant « c’est l’autre », nous devenons aussi impuissant à le changer…

6. Inversion

Parfois, lorsque nous vivons une pensée, un sentiment ou une émotion non désirée, nous pouvons utiliser une stratégie pour la convertir en son opposée. Ainsi, nous nous comportons à l’extrême opposé de ce que nous ressentons afin de compenser et d’annuler ce que nous ressentons.

Par exemple, une personne en colère contre son chef, malheureuse dans son travail et qui souhaite le quitter, se comportera d’une manière opposée : très gentille, disposée, généreuse et disponible pour son chef, affirmant qu’elle souhaite continuer longtemps dans cette entreprise.

Le fait d’être incapable d’exprimer et de s’avouer ce que nous ressentons nous fait nous comporter à l’inverse. C’est un moyen de déculpabiliser le fait de ressentir l’émotion, et de la compenser en agissant à l’opposé. Cependant, nous ne faisons que la renforcer car nous ne prenons pas conscience d’elle.

7. Répression

La répression est le fait de bloquer inconsciemment certaines pensées, impulsions ou émotions. Dès qu’elles surgissent, elles sont instantannément bloquées et réprimées. Le fait de les bloquer à la source permet de les occulter et ainsi de ne pas avoir à les gérer. C’est une sorte de contrôle excessif où l’on s’interdit l’expression.

La mémoire est très malléable, c’est pourquoi il arrive que certains souvenirs soient réprimés en nous : on n’y a plus accès consciemment. Certains filtrent sont appliqués afin de nous protéger. C’est une forme de déni.

8. Déplacement

Le déplacement se produit lorsque nous sommes incapable d’exprimer nos émotions, sentiments ou pensées par rapport à une personne/objet/situation. Ainsi, la manière que nous avons d’exprimer cette énergie est en déplaçant le problème ailleurs.

Ainsi, une personne qui ressent de la colère envers son chef au travail, et qui s’interdit de l’exprimer afin de garder son job, trouvera un autre moyen pour le faire : en rentrant à la maison, il retrouve une bêtise de son chien qui le mettra dans une colère noire. Il exprime alors la colère « interdite » de son travail sur son chien…

L’émotion exprimée parait souvent disproportionnée car elle ne provient pas de la circonstance qui sert à l’exprimer. Il est important d’en prendre conscience. Elle provient d’une circonstance antérieure et différente, pour laquelle nous n’avons pas pu exprimer l’émotion. Nous l’avons donc déplacée ailleurs…

9. Intellectualisation

Se servir de notre intellect est un moyen de prendre de la distance avec une situation/personne/circonstance qui nous cause une émotion ou un sentiment que nous n’arrivons pas à gérer. Intellectualiser les choses est un moyen d’éviter la confrontation avec les sentiments et les émotions qui pourraient être douloureux.

Il peut s’agir de prévoir, plannifier, expliquer, embellir…

Dans tous les cas, c’est une forme de déni. Car l’explication mentale ne suffit pas pour libérer l’énergie des émotions. C’est comme la théorie et la pratique : sans la pratique, la théorie ne sert absolument à rien.

10. Rationaliser

Il s’agit de trouver de bonnes raisons, de bons arguments et de voir le côté positif, sans se soucier d’accorder d’importance à l’autre : les émotions et les sentiments qui nous font du mal. Il s’agit de trouver une raison rationnelle et mentale pour expliquer quelque chose d’inexplicable : ceci est le reflet que nous n’arrivons pas à expliquer les émotions que nous vivons, nous les ressentons intolérables, et donc nous trouvons de « bonnes raisons » pour expliquer la situation.

Ainsi, une personne qui se fait virer de son travail répétera que « de toute façon je n’aimais pas ce travail, et puis les gens étaient désagréables ». Alors que, à l’intérieur d’elle, elle est triste et en colère de s’être fait rejetée.

C’est une manière de ne pas connecter les émotions qui sont en nous et de les ignorer. C’est une forme de déni.

Comment sortir du stress

Le stress est une réaction automatique à une situation ressentie comme menaçante : la plupart du temps, il s’agit de situations qui nous renvoient à des émotions, pensées ou sentiments que nous n’arrivons pas à gérer.

Les 10 comportements que nous avons vus sont des réactions automatiques qui servent à prendre le contrôle de la situation et ainsi d’éviter la « catastrophe ». En réalité, ce que nous vivons comme dangereux ne sont que des émotions qui demandent à être acceptées en nous.

Ces comportements ne sont pas une solution car :

  • Nous masquons le vrai problème : la conscience a besoin d’être mise sur certaines émotions intérieures
  • Couvrir n’est pas guérir : c’est en faisant face à nos émotions que nous pouvons nous transformer
  • On s’habitue à la douleur et on ne la ressent même plus. Les situations douloureuses passent inaperçues et paraissent normales
  • En agissant toujours pareil nous obtenons toujours les mêmes résultats : le changement provient de l’innovation

Prendre conscience du stress et de ces réactions est primordial, sinon nous nous y habituons et nous vivons perpétuellement dans le stress et dans les réactions. C’est un mode de vie qui est agressif, où le cœur et l’âme ne peuvent pas s’exprimer. Cela peut engendrer des maladies ou problèmes que l’on appelle psychosomatiques : si elles ne peuvent pas s’exprimer naturellement, les émotions s’expriment à travers le corps en somatisant.

Les émotions sont des signaux naturels qui nous permettent de communiquer avec notre être profond. Si nous les écoutions vraiment et que nous arrivions à les accepter, alors nous n’aurions plus de situation de stress.
Afin de sortir du stress, il est nécessaire de faire l’effort de regarder en face ce qui se passe à l’intérieur : en nous observant réagir lors de situations de stress, nous pouvons corriger le comportement, et surtout être à l’écoute des émotions qui demandent à s’exprimer.

Développer une capacité à être conscient de soi et de ses émotions est la solution pour éradiquer le stress. Petit à petit, prouvez-vous que vous êtes capable de gérer vos émotions et de vous procurer l’attention dont vous avez besoin, et alors vous n’aurez plus besoin de subterfuge pour les fuir.
La méditation est une pratique qui aide beaucoup à développer cette conscience et cette capacité à accepter ce qui est en nous.

Prenez le temps de débriefer avec vous-même sur la manière dont vous avez réagi aux situations stressantes de la journée. Prenez ce temps précieux pour voir quelles émotions vous avez ressenties, et comment vous les avez gérées.
Le mieux est encore de faire ce travail de conscience sur le moment même où les émotions s’expriment.

La finalité est la capacité à exprimer, accepter et comprendre les émotions qui demandent à s’exprimer, d’une manière douce, fluide, et en accord avec notre entourage.
Il est important d’être à l’écoute de nous-même. En étant attentif à la manière dont nous réagissons au stress, nous apprendrons à désamorcer les comportements qui nous empêchent de voir en nous la solution à nos problèmes : elle se trouve simplement dans l’acceptation et l’écoute de ce que nous ressentons.


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