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Journal décalé d'un timide dans les derniers temps d'hiver et de son âge

Publié le 19 mars 2017 par Francisrichard @francisrichard
The Place To..., avenue de Wagram à Paris

The Place To..., avenue de Wagram à Paris

Paris, le 28 janvier 2017

Cette journée sera une journée dense. J'en accepte l'augure, même si je suis fatigué par le travail intensif qui échoit à un responsable de l'administration des ressources humaines d'une grosse PME et à un gérant de caisse de pension chaque début d'année, et que je souffre d'une névralgie persistante et douloureuse au bras gauche.

A fin août 2016, j'avais une douleur à l'omoplate. Je pensais naïvement que cette douleur passerait toute seule. Car je ne suis pas du genre à consulter dès le moindre bobo. Mais, à la suite du décès de ma soeur Chantal, le 2 septembre, cette douleur a gagné l'avant-bras, puis le bras. Ce n'était plus une douleur sourde, elle était maintenant aiguë. Alors j'ai fini par consulter début octobre.

J'ai passé une IRM après avoir vu une neurologue. J'ai commencé une physiothérapie en novembre sur prescription de mon médecin du sport. Et je commençais à aller mieux, quand la douleur est revenue, plus forte qu'auparavant, après avoir reçu, le 4 décembre, un message de rupture d'amitié auquel je ne m'attendais pas et mon corps non plus. 

Depuis, rien n'y fait vraiment. La physiothérapie m'apporte quelques soulagements, puis je rechute. D'avoir vu mon ami défait à la prison de Bochuz, le 15 janvier dernier n'a rien arrangé. Le fait de nager quotidiennement mes deux mille mètres de nage libre me donne heureusement du répit, pendant une heure ou deux...

Aujourd'hui je n'aurai pas trop le temps de penser. Mon programme est celui d'un Homme pressé, comme disent mes proches, faisant allusion au célèbre roman de Paul Morand (dont je conserve précieusement le petit mot écrit sur du papier à en-tête du Montfleury de Cannes, du temps où j'étais étudiant à Lausanne et qu'il habitait le Château de l'Aile à Vevey).

Ma journée est effectivement dense, mais j'aime ça:

- Levé à 6:30, je vais de Chatou au Bois de Boulogne et à 8:30 je suis dans le bassin de 50 mètres de mon club parisien

- De là je vais au Chesnay, où à 10:00 j'assiste à une réunion d'une association dont je suis le trésorier

- De là je vais à la Porte Dauphine et y laisse ma voiture, prends le métro, descends à la station Ternes et me rends dans un magasin pour échanger un pantalon, acheté sur Internet, dont la taille est décidément trop grande (j'ai encore maigri)

- A The place to..., avenue de Wagram, je déjeune rapidement, reprends le métro, change à Villiers, direction la Bourse.

- Au Centre Saint-Paul, à 15:00, j'assiste à une conférence sur Hans-Hermann Hoppe de Jörg Guido Hülsmann, que j'ai connu lors d'Universités d'automne de l'économie autrichienne à Troyes

- Au Théâtre du Nord-Ouest, à 17:00, j'assiste à une représentation de Mahomet la pièce de Jean-Luc Jeener

- Dans un restaurant japonais, au Vésinet, tenu par mon ami Eric, à 21:00, je soupe tardivement avec mon fils aîné...

Une du Canard Enchaîné du 25 janvier 2017

Une du Canard Enchaîné du 25 janvier 2017

Lausanne, le 5 mars 2017

Depuis que Le Canard Enchaîné a publié son article sur Penelope Fillon, les chiens se sont déchaînés contre François Fillon, le candidat des Républicains, grand vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Dans un article publié sur ce blog le 6 février 2017 j'ai repris l'expression employée par François Mitterrand lors de la mort provoquée de Pierre Bérégovoy.

Je ne m'étais pas trompé quand j'avais écrit à propos de ces chiens: Je vous souhaite bon courage, Monsieur Fillon. Car soyez sûr qu'ils ne vous lâcheront plus maintenant qu'ils ont trouvé vos os à ronger. Mais je ne m'étais pas fait que des amis en osant prendre la défense de quelqu'un du système, qui en avait profité, comme tous, et qui résistait à un véritable déchaînement dirigé contre lui seul.

Il y avait les vertueux, les soi-disant purs qui s'offusquaient de ce qu'un candidat à la présidence de la République ait pu se comporter ainsi. Ils faisaient penser aux Animaux malades de la peste, trop heureux de pouvoir s'en prendre à l'âne qui avait commis le crime abominable de manger l'herbe d'autrui et qui, gens querelleurs, étaient tous, au dire de chacun, de petits saints...

Et le fabuliste de conclure:

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

La fable d'aujourd'hui est de dire que la justice française est indépendante, alors que tout le monde sait, mais il ne faut pas le dire, qu'elle est un instrument du pouvoir. C'est d'autant plus hypocrite que le Parquet national financier est une instance d'exception et qu'il n'est pas compétent s'agissant d'un parlementaire dont le cas ne peut être instruit que par ses pairs...

Il y avait les gardiens du temple du libéralisme qui ne trouvaient pas François Fillon si libéral que ça et qui, d'un mouvement de menton, ne comprenaient pas que je puisse défendre son programme. Mais ils ne m'avaient pas lu ou ne savaient pas lire, sans doute en raison des séquelles laissées en eux par l'instruction qu'ils avaient reçue en France ou ailleurs...

Sinon, ils auraient compris que l'heure était trop grave pour faire la fine bouche. Bien sûr que le programme de François Fillon n'est pas libéral, qu'il est même celui d'un étatiste, comme tous les hommes politiques le sont en France. Mais il l'est moins que tous les autres et certaines des mesures annoncées sont réellement susceptibles d'engager un processus de rupture.

C'est ce processus de rupture qui m'importe, comme à d'autres libéraux  et non des moindres. Et puis, j'ai en tête ce que des socio-démocrates sont parvenus à faire en Nouvelle-Zélande, au Canada ou en Suède, évitant par là même le pire à leur pays. Ce que je ne souhaite pas à la France que j'aime, ne me résolvant pas à penser que les Français n'auront que ce qu'ils méritent.

De plus la forte résilience de François Fillon m'incline à penser qu'il est l'homme de la situation, même s'il est loin d'être parfait, puisqu'en France le régime républicain est présidentiel, sans réels contrepouvoirs, et qu'il faut bien faire avec, même si c'est regrettable. Alors je pense que les médias, les juges, les politiciens ont eu tort de le diaboliser, faussant la campagne et les sondages.

Il se pourrait bien qu'il y ait une surprise le 23 avril, du même genre que celle de la large victoire de  François Fillon à la primaire de la droite et du centre... Les dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies aujourd'hui au Trocadéro pour soutenir François Fillon sont peut-être un signe de cette possibilité... Et c'est pourquoi j'appelle ce jour au rassemblement derrière lui.

Ma chair médecine : Performance du groupe Esperimentoquadro

Ma chair médecine : Performance du groupe Esperimentoquadro

Lausanne, le 18 mars 2017

Aujourd'hui j'ai encore soixante-cinq ans, jusqu'à demain... Je suis encore dans les derniers temps de cet âge, qui coïncident avec ceux de l'hiver cette année. Demain j'aurai donc une pige de plus. Autant bien profiter de ces derniers moments de jeunesse...

Aujourd'hui, pas de chance, je ne suis pas très bien. Je suis allé quand même nager à midi, ne voulant pas manquer un jour d'entraînement. Depuis hier j'ai déjà parcouru cent cinquante kilomètres de nage cette année...

Aujourd'hui je ne suis pas très bien. J'ai dû attraper froid. Et suis légèrement aphone. Ce n'est pas vraiment le moment. Car ce soir j'ai accepté de lire un texte dans le cadre d'un événement, Ma chair médecine, qui a lieu au Cinéma Bellevaux, à Lausanne, et qui est organisé par Barbara Polla et sa fille Roxane Varone.

Alors je me soigne: thé vert au miel, Homéovox (ce qui fera hurler les allopathes...). Le fait est que je retrouve ma voix le moment venu... Reste à vaincre ma timidité maladive... Alors je mets le maximum d'atouts de mon côté.

Hier soir j'ai retranscrit le texte que j'ai choisi pour cet événement afin d'en faire une lecture fluide et compréhensible par l'auditoire. C'est en effet un extrait, en français du XVIe siècle, du chapitre XIII, du Livre III des Essais de Michel de Montaigne.

Dans ce texte, mon cher Montaigne parle de la douleur et, plus particulièrement, de la douleur que lui procure la gravelle dont il est atteint. La gravelle, ce sont des coliques néphrétiques dues à des calculs rénaux...

J'ai retranscrit le texte à partir de l'édition dans la Pléiade des Oeuvres complètes établie en 1962 par Maurice Rat, qui était voisin de mes parents à Auteuil... tout comme l'était le compositeur Michel Legrand (c'est l'avantage d'être de grande roture, comme disait Jacques Perret).

A l'aide de l'édition folio classique, parue en 2009, établie par Emmanuel Naya, Delphine Reguig et Alexandre Tarrête, j'ai modernisé l'orthographe. Puis j'ai introduit une ponctuation adéquate. Enfin j'ai utilisé une police de confort.

Tout cela n'a pas empêché le timide que je suis de trembler quand je suis monté sur la petite scène du cinéma. Je me répétais pour m'encourager la phrase de Turenne:

Tu trembles carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je veux te mener...

Bref, mes souvenirs d'art martial aidant, j'ai tenu le coup, observant scrupuleusement le conseil avisé de mon fils aîné, reçu dans l'après-midi:

Pour la lecture, si tu as ce message à temps, je t'adresse un conseil classique, mais qu'on ne donne sans doute jamais assez, et qui se justifie d'autant plus avec un texte ancien comme celui de Montaigne : ne va pas trop vite. Prends le temps, laisse le temps aux gens d'entendre le texte. Ils auront la chance d'avoir en face d'eux quelqu'un qui aura beaucoup séjourné dans Montaigne et qui l'aime sincèrement : surtout qu'ils puissent en profiter au maximum ! L'agrément de ta voix fera le reste...

Pour avoir écouté des enregistrements de ma voix, je ne l'aime pas, mais des goûts et des couleurs...

Jusque passées 23 heures, j'ai échangé avec bonheur avec les autres lecteurs de la soirée. Il faut dire que ma timidité disparaît comme par enchantement quand je suis en petit comité et en agréable compagnie, dont celle de Barbara et de Royane, de robe rouge vêtues toutes deux, les jambes gainées de noir, dans des collants sexy...

Francis Richard


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