Magazine Journal intime

Ego-Journal 59/

Par Deuxcentcinquanteetun @DeuxCent51
J'alterne entre mes deux mondes : espoir et désespoir. Ma raison me pousse, fidèle, à me tourner inlassablement vers le premier, mon cœur vers le second. Quant à mon âme, elle tente d'unifier ses deux asymétriques et pourtant unis en moi, comme un flot persistant et cohérent.
Je ne suis pas amoureux de la douleur, mais je ne suis pas non plus un béat de la vie, sans me poser de questions existentielles. Je ne suis pas égoïste, je pense à mes enfants et je fais du mieux que je peux pour les aider dans leur propre existence, me poussant à l'espoir. Mais que peut une barque qui prend l'eau pour sauver de la noyade des personnes en difficultés ? Elle doit d'abord écoper ses souffrances pour permettre aux autres, proches et amis véritables, de bénéficier de mon réel support, de mon amour inconditionnel.
Je vis comme je peux, je cherche à exister pour avoir une profondeur d'âme qui me permette d'assumer mon rôle dans ce monde aux axes inhumains. Je sais que je ne peux atteindre cette perfection, mais ne pas essayer serait renoncer à être, donc à vivre.
Si la vie doit se résumer à "gagner de l'argent" pour assumer sa vie sociale, quelle qu'elle soit, alors la vie ne vaut pas plus chère qu'un bout de papier ou qu'une carte à puce. Je pense que nous valons tous mieux que cela.
Je ne suis pas non plus un idéaliste, ma rationalité m'empêchant de sombrer dans les délires ésotériques, mon pragmatisme m'encourageant à réagir pour le mieux, pour le nécessaire et l'utile. Mais je ne peux pour autant le faire si mes bases ne sont que sables émouvants, sur lesquels je ne peux construire ma propre bâtisse. Des fondations solides sont un pré-requis pour pouvoir être et vivre parmi les siens.
Malheureusement, depuis quelques mois, cette base s'est effondrée, engloutie dans le torrent de mes larmes et de mes cris de souffrance, abandonné et isolé. Je tente petit à petit de reconstruire mon habitat, hébergeant mon triptyque : cœur, raison et âme. Sur ce socle stabilisé, je serais alors à nouveau en capacité d'être non seulement moi-même, mais surtout efficace et utile aux autres. L'amour des miens est un des ciments de mes fondations. Hélas, le composant le plus important s'est évaporé, laissant des failles abyssales sous mes pieds.
Le temps, oui, le temps saura être mon allié. Si jamais j'en ai la permission, la vie me permettra peut-être de renouveler mon futur. Quand je dis "permission", je ne pense aucunement à une entité supérieure, même si je ne veux offusquer personne dans leur croyance, je suis persuadé que notre lumière est la nôtre, qu'elle est en chacun de nous et qu'il nous appartient de la suivre ou de la renier. L'avenir est incertain, les accidents de la vie sont imprévisibles, j'en sais quelque chose, mais l'espérance, non pas diffuse mais construite et raisonnée, est une force implacable, que rien ni personne ne peut m'en faire dévier.
Cette espérance, je la construit petit à petit, je l'écris, je la prépare, je l'anticipe, je me fixe des objectifs, certains lointains voire inaccessibles, des idéaux, d'autres à courts et moyens termes. Chaque jour voir un progrès me permet de voir mon avancée, même si de l'extérieur cela semble chaotique. Je suis moi-même déconstruit, dévasté, au milieu de ma tempête d'un crane qui ne veut se soumettre à la folie.
Le temps, oui, le temps peut être mon allié.

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