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2148 (Requiem Écologie), de Robin des Champs

Publié le 16 avril 2017 par Francisrichard
2148 (Requiem Écologie), de Robin des Champs

On était bien loin des prospectives rassurantes du début du siècle sur le réchauffement de la planète; les "un ou deux" degrés prévus par siècle s'étaient plutôt transformés en 10°C.

Telle est la situation climatique en 2148: en conséquence, la population doit vivre sous terre et ne sortir en surface qu'équipée de combinaisons contre les UV...

Mais il n'y a pas que le climat qui ait changé. 

L'économie a changé:

- Les grandes structures "mixtes", publiques et privées [sont] devenues le modèle universel et la règle générale.

- Les employés sont donc quasiment tous devenus fonctionnaires. On peut parler de dictature fonctionnaire.

La société a changé:

- Le développement de l'informatique [a rendu] la force physique obsolète dans la plupart des entreprises.

- La main d'oeuvre, masculine et musclée, [est] devenue inutile.

- Les robots de plus en plus polyvalents [sont] moins chers et surtout moins revendicatifs...

- La société s'est féminisée, surtout depuis l'adoption en 2118 de la loi IPN (Interdiction de procréer naturellement) qui a permis aux femmes de ne plus être des reproductrices et, du coup, d'occuper les emplois les plus élevés.

(La loi IPN interdit les rapports sexuels destinés à engendrer une descendance, ce qui permet un contrôle efficace sur la qualité des générations futures et évite les conceptions artisanales et aléatoires d'individus mal adaptés à la société moderne...)

Bref la société de croissance est devenue étatique, technocratique, fonctionnarisée à l'extrême (l'individu n'y a plus sa place), et s'est traduite par un gâchis économique et, par conséquent, écologique sans précédent dans l'histoire de l'humanité...

Quelques héritiers des objecteurs de croissance des années 2000, rétrogrades du progrès, vivent en marge de cette société et sont tolérés (et surveillés) par elle parce qu'ils sont peu nombreux. Deux cents d'entre eux vivent ainsi dans une grotte près de la calanque marseillaise de Devenson...

Un virus, qui sera baptisé H15N11, a été concocté par des scientifiques iraniens, qui veulaient pouvoir écouler les réserves pétrolières de leur pays. Ce faisant, bien involontairement, ils ont joué les apprentis-sorciers.

Certes ce virus, mi-biologique, mi-électronique, a bien permis de rendre inutilisables des biocarburants qui sont des produits concurrents du pétrole, mais il a contaminé les eaux usées rejetées dans la mer et provoqué une pandémie:

Ce virus était, une fois de plus, une création humaine. Une fois encore, la puissance de l'outil informatique avait démultiplié le pouvoir naturellement destructeur de l'homme...

Ironie de l'histoire, pour lutter contre le fléau, les scientifiques de la Commission européenne de l'eau, CELE, et de la Transgenian Oil and Medics, TOM (qui fabrique des bio-carburants et des alicaments), se voient contraints de collaborer avec le chef des marginaux de la grotte de Devenson...

Le paradoxe de ce livre est de présenter une société de croissance comme vouée à l'étatisme, à la servitude volontaire et au gâchis, et une micro-société de rebelles à la croissance comme résolument autonome, fonctionnant sur un mode tribal, patriarcal et démocratique...

Francis Richard

2148 (Requiem Écologie), Robin des Champs, 290 pages Le Terminal


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