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Urgences au Yémen : paroles de victimes, paroles de soignants

Publié le 25 avril 2017 par Frédéric Joli

Urgences au Yémen : paroles de victimes, paroles de soignants

A l’heure où se tient à Genève sous l’égide des Nations unies et à l’initiative de la Suisse et de la Suède une conférence de levée de fonds pour assister les populations du Yémen, le CICR annonce le renfort de ses opérations dans le pays. Dans cet optique, l’institution très impliquée sur le terrain s’apprête à doubler son budget initial 2017 en le portant à 82 millions d’euros. On estime que 70 % de la population a besoin d’aide humanitaire, sous une forme ou une autre.

Une équipe chirurgicale a été dépêchée par le CICR dans la ville portuaire de Hodeïda et une autre le sera prochainement à Aden. Le nombre de collaborateurs du CICR expatriés est en passe de doubler dans le pays tandis que celui des employés locaux augmentera d’un tiers.

« Les besoins sont considérables et le temps presse : la famine menace ! C’est le conflit qui déchire actuellement le cœur du pays qui est à l’origine de toutes ces souffrances. Seuls 45 % des structures médicales sont encore en état de fonctionner. Le droit international humanitaire est foulé aux pieds, et ce sont les civils et les infrastructures civiles qui en paient le prix, déplore Robert Mardini. Un autre problème de taille auquel il faut faire face consiste dans les importantes restrictions imposées à l’importation et à l’acheminement de biens et de matériel médical à l’intérieur du pays. Or le Yémen dépend de ces importations. Les gens souffrent et meurent en raison des combats, mais aussi à cause de maladies chroniques. L’étau qui étouffe le pays doit absolument être desserré si l’on veut pouvoir venir en aide à la population. »

En outre, le CICR est très préoccupé du fait qu’il ne peut véritablement accéder aux personnes détenues par l’ensemble des parties, que les conditions de détention semblent se détériorer et que les liens familiaux ne sont plus assurés. Il est essentiel que les parties au conflit permettent au CICR de visiter dans les meilleurs délais les personnes arrêtées dans le cadre des hostilités et de rétablir les liens entre les personnes privées de liberté et leurs familles.

« Le CICR reste prêt à apporter son assistance dans ce domaine. Toutes les personnes détenues pour des motifs en relation avec le conflit en cours devraient pouvoir être visitées. Cela contribuerait dans une large mesure à établir des relations de confiance entre toutes les parties, conclut M. Mardini ».

Les déclarations de M. Mardini coïncident avec la tenue d’une importante conférence internationale organisée conjointement par la Suisse et la Suède sous l’égide des Nations Unies à Genève afin d’appeler les donateurs à s’engager plus largement pour venir à bout de la crise humanitaire qui frappe le Yémen.


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