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[Critique] DOG EAT DOG

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] DOG EAT DOG

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Titre original : Dog Eat Dog

Note:

★
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☆
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☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Paul Schrader
Distribution : Nicolas Cage, Willem Dafoe, Christopher Matthew Cook, Paul Schrader, Omar J. Dorsey, Louisa Krause…
Genre : Thriller/Adaptation
Date de sortie : 14 avril (DTV)

Le Pitch :
Trois amis fraîchement sortis de prison acceptent la mission que leur confie un chef de la mafia mexicaine afin de se remettre à flot, en rêvant à un avenir meilleur. Aussi imprévisibles que violents et bien décidés à ne plus jamais retourner derrière les barreaux, ils vont devoir faire face à une situation des plus inextricables…

La Critique de Dog Eat Dog :

Paul Schrader a écrit Taxi Driver, Légitime Violence, Hardcore (qu’il a aussi réalisé), Mosquito Coast, La Dernière Tentation du Christ, À Tombeau Ouvert, ou encore Affliction (également réalisé). Et encore, il ne s’agit que d’un échantillon de son impressionnante filmographie. Autant dire qu’on ne parle pas ici du premier venu. Pour autant, les temps sont durs pour les légendes, qui parfois, se fourvoient un peu. Artisan d’un The Canyons extrêmement poseur et vain, échaudé par l’affaire de La Sentinelle, qui fut l’objet d’un appel au boycott de la part du réalisateur et des acteurs, Schrader revient ce mois-ci avec ce Dog Eat Dog et n’arrive toujours pas à retrouver la flamme sacrée. En résulte un film bordélique, entre autres défauts plus ou moins probants…

Dog-eat-Dog-Nicolas-Cage

Retrouvailles

Rien que le fait de retrouver Nicolas Cage et Willem Dafoe dans un film, des lustres après leur collaboration dans le Sailor & Lula de David Lynch, fait plaisir. Surtout dans un film de Paul Schrader, adapté des écrits d’Edward Bunker, à qui on doit aussi Runaway Train et Animal Factory. Pas de quoi qu’inquiéter à priori. Sauf qu’on pige assez vite, dès les premières scènes, que Dog Eat Dog ne va pas s’inscrire dans la lignée de ces deux-là, ni dans celles des faits de gloire les plus marquants de toutes les forces en présence.

En roue libre

Visiblement content de retrouver Nicolas Cage et Schrader, Willem Dafoe, qui a la lourde tâche d’en quelque sorte, introduire le récit, est complètement en roue libre. Le fait que la mise en scène soit tout aussi rapidement outrageuse, car remplie d’effets aussi peu maîtrisés que véritablement justifiés, en rajoute bien sûr une louche. La première scène de Dafoe donc, brille par son côté foutraque et cradingue. C’est violent mais pas dans le bon sens tant tout ceci sent à plein nez le DTV faussement décalé, qui essaye surtout de prendre une posture arty pour tenter de nous faire avaler la pilule qu’il a à nous vendre. Ceux qui ont lu le bouquin dont le film s’inspire pourront peut-être argumenter que c’était déjà le cas avec le roman, mais le long-métrage lui ne raconte finalement qu’un truc qu’on a déjà vu mille fois ailleurs, et souvent en mieux. Tout ce qu’il a pour lui c’est son maniérisme et ses acteurs, paumés mais remplis d’une énergie dont on ne peut que déplorer qu’elle soit gaspillée de la sorte.
Willem Dafoe donc, ne s’économise pas, qu’il soit habillé ou à moitié à poil, le nez plein de coke et la bouche remplie de répliques un peu aux fraises, entouré du balèze de service, Christopher Matthew Cook, et surtout de Nicolas Cage, l’autre pivot de cette entreprise plus que branlante.

Animal en Cage

Nicolas Cage, quoi qu’il fasse, qu’il joue dans un chef-d’œuvre, dans un blockbuster plein de fric, dans un truc bricolé ou dans un DTV à la ramasse, se donne toujours la peine d’y aller à fond. Rock star du cinéma américain, jamais à un excès près, à l’écran comme à la ville, il représente tout ce qui manque à la jeune génération, à savoir de l’audace, de la folie et ce caractère totalement imprévisible. Dans Dog Eat Dog, même si Paul Schrader semble avoir renoncé à trop diriger ses acteurs, Cage fait le job, comme toujours, citant à la cantonade Humphrey Bogart. C’est drôle et les fans pourront y trouver (un peu) leur compte, mais pas assez pour véritablement permettre au long-métrage de relever la tête. Un navet avec Cage n’est plus vraiment un navet vu qu’il est là, mais quand même. Force est de reconnaître qu’ici, ça aurait pu le faire. La sauce aurait pu prendre, mais elle ne prend jamais totalement. Quelque part, entre deux scènes emballées au petit bonheur la chance, sous le vernis de cette écriture bordélique, se dessine des intentions nobles. On reconnaît un peu le Paul Schrader qu’on connaît et qu’on aime et on se dit du même coup que Nicolas Cage et Willem Dafoe auraient pu, avec les bonnes cartes, incarner en effet cette histoire à fort potentiel. On se dit mais on ne voit rien de vraiment convaincant à l’écran, sur lequel défile des scènes qui n’en finissent plus de noyer le poisson, jusqu’au final, aussi loupé que tout ce qui a précédé. Occasion manquée ? Carrément !

En Bref…
Prometteur sur le papier, Dog Eat Dog s’avère extrêmement décevant. Jamais aussi fou qu’il prétend l’être, tout le temps à la ramasse, il ressasse des clichés éculés sous couvert d’une mise en scène maniérée, et se réfugie derrière le talent de ses acteurs sous-exploités. Circulez il n’y a presque rien à voir…

@ Gilles Rolland

Dog-Eat-Dog-Nicolas-Cage-Willem-Dafoe
  Crédits photos : Metropolitan filmexport


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