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Laurent, prince maudit ou maudit prince ?

Publié le 12 août 2017 par Réverbères
Laurent, prince maudit ou maudit prince ?Disons-le d’emblée : le « sujet » de ce billet n’a aucune espèce d’importance. Il serait beaucoup plus pertinent de parler des tensions nord-coréennes vs nord-américaines, des œufs qui nous pourrissent la vie, du terrorisme qui entraîne des mesures tueuses de liberté et de démocratie, de la négation de plus en plus forte des droits de ceux qui n’ont pas eu la chance de bénéficier d’un travail décent et stable… ou encore des risques illusoires pris par tous ces migrants à la recherche d’une vie de qualité minimale ou enfin de la famine insupportable en Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria, au Yémen… Mais bon, voilà, parfois, il faut aussi pouvoir aborder des sujets légers (quoique, dans ce cas, je serais curieux de connaître son poids).
Notre Laurent de Belgique s’est donc fait remarquer, une fois de plus. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il déchaîne les passions ! C’est pour ou contre ! Est-il un prince maudit, auquel les autorités chercheraient noise, à tort et déraison ? Ou est-il un maudit prince, qui ne cherche qu’à s’attirer les foudres officielles en multipliant les provocations et autres jérémiades ? Sans doute un peu des deux : la vérité est rarement noire ou blanche, elle s’épanouit le plus souvent dans les tons gris, ceux sur lesquels on a le moins de prise.
Un des éléments qui revient souvent dans les commentaires qui s’enchaînent et se déchaînent est une comparaison avec son frère aîné. Celui-ci serait d’une nullité sans nom et féodée au gouvernement fédéral inique par définition, alors que le rebelle Laurent, lui au moins, aurait une existence propre, vertueuse de par sa proximité au peuple et – surtout – sa défense des animaux ! Les comparaisons de quotient intellectuel abondent, toutes sans aucun fondement scientifique ! Une analyse des réalités royales et princières, montre qu’en réalité, Philippe, 7e roi des Belges, a simplement bien intégré les règles liées à son statut et se contente de faire ce que ses conseillers en communication – et/ou le gouvernement – lui  disent de faire. Il est payé pour ça, et il fait le job ! Laurent, lui, n’a pas de job véritable. Il n’existe pas vraiment et n’a jamais vraiment eu un véritable statut. Alors, il essaie – tant bien que mal – d’exister ! Comme il estime ne pas avoir les moyens de se payer un conseiller en communication, il fait ce que bon lui semble. Bref, il n’en fait qu’à sa tête. Comme celle-ci n’est pas un cadeau, il symbolise bien ce qu’on appelle des « frasques ».
Comme il est quand même Prince de Belgique – maudit ou maudit –, notre pays a prévu un système pour subvenir à ses besoins : une dotation. Pour le moment, il a droit à 308 000 EUR par an, répartis en 88 000 EUR de salaire en tant que fonctionnaire (montant soumis à l'impôt des personnes physiques) et 220 000 EUR pour couvrir ses frais de fonctionnement et personnel. Cette dotation – qui en soi ne me dérange aucunement – est financée par l’État belge, c’est-à-dire par les contribuables. Ils sont 6 700 000 en Belgique, ce qui veut dire qu’en moyenne, chaque contribuable paie un peu moins de 5 centimes par an pour financer notre bon prince ! J’ajoute que cette « dotation » n’a rien à voir avec la « donation » royale. Celle-ci est liée au fait que lorsqu’il est devenu le 1er Roi des Belges, en 1830, Léopold 1er a cédé à la Belgique certains biens immobiliers avec charge pour la Belgique de les gérer au mieux. La « donation royale » ne fait donc que gérer des biens immobiliers et ne contribue en rien à financer les différentes dotations.
La question principale me semble être liée à la dotation. On lit souvent que Laurent n’a pas demandé à être Prince ! C’est vrai et personnellement, je préfère ne pas l’être, même si on me proposait en échange cette foutue dotation. Prince de Belgique, il le restera, qu’il le veuille ou non. Il ne peut pas se révoquer. C’est bien dommage – tant pour lui que pour nous –, mais c’est comme ça ! Par contre, le principe de la dotation permet d’entrevoir une solution aux difficultés actuelles !
En échange de cette dotation, les membres de la famille royale qui en bénéficient (Philippe, le roi, puis Astrid et Laurent) ont certaines obligations ou contraintes. Notamment, ils ne peuvent pas avoir de contacts avec des responsables étrangers sans en avoir préalablement reçu l’autorisation du Ministre des Affaires étrangères. C’est normal : la Belgique est une monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire. Cela signifie que la responsabilité finale est toujours du ressort du Parlement fédéral. Celui-ci accorde – pour les fonctions exécutives – sa confiance au gouvernement fédéral qui assume donc la responsabilité de tout ce qui concerne l’État. Le Roi ne peut jamais rien faire sans l’aval du gouvernement. Il en est de même pour les autres membres de la famille royale. Bref, Laurent reçoit une « petite » dotation et en échange, il est soumis à certaines règles, dont informer le gouvernement de ses contacts internationaux. Il ne l’a pas fait : que ce soit avec des Chinois n’a aucune espèce d’importance. Simplement, il n’a pas respecté les règles minimales auxquelles il est soumis. Il est donc normal qu’il soit sanctionné.
Il pourrait ne pas l’être. Il suffirait pour cela qu’il renonce à sa dotation. Cela, il peut le faire. Plus de dotation, donc plus d’obligations (quoique) ! Il pourrait alors rencontrer qui il veut, pavoiser là où il le souhaite (mais sans doute pas en uniforme), déclarer tout ce qui paraît bon à son cerveau de première classe, etc. Il pourrait même se présenter (quoique) aux élections et – on peut rêver – devenir premier ministre et « diriger » de la sorte son frère aîné. Si j’étais Laurent, c’est ce que je ferais. Non pas me présenter à des élections et tout ce qui s’en suit, mais renoncer à ma dotation. C’est un peu ce que j’ai fait lorsque j’ai annoncé à mes parents que j’abandonnais mes études universitaires après 4 années pour me lancer dans ce que j’avais vraiment envie de faire : pendant mes nouvelles études, ils ne m’ont plus refilé que les allocations familiales qu’ils percevaient. Pour le reste, je me suis débrouillé. Ce ne fut pas facile, mais j’étais cohérent avec moi-même.
Laurent ferait bien d’en faire autant. C’est mon avis et je le partage. Sans aucune illusion, ni sur l’éventuelle concrétisation d’une telle piste, ni sur l’intérêt ou la pertinence de mon partage : ce serait donner beaucoup trop d’importance à un « sujet » qui n’en a aucune !

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