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Votre plâtre : 10 questions-réponses pour tout savoir

Publié le 18 août 2017 par Khaled Benokba

A la suite d’une fracture, d’une entorse ou encore d’une opération chirurgicale, le chirurgien vient de vous poser un plâtre qui va permettre de soigner votre blessure tout en soulageant vos douleurs.

Le terme « plâtre » est devenu générique pour parler d’immobilisation traditionnellement en plâtre mais souvent actuellement également en résine ou en matériaux synthétiques.

Pour que ce plâtre soit pleinement efficace et sans dangers, il est impératif de suivre quelques règles et consignes très simples, mais aussi de connaître les éventuelles complications qui réclament de consulter de toute urgence un médecin.

1. Les premiers jours, à cause de mon plâtre, pour quelles raisons devrais-je revoir d’urgence un médecin ou me diriger vers le service d’urgence de l’hôpital le plus proche ?

J’ai l’impression que le plâtre me serre trop. Je suis porteur d’une attelle (ou gouttière), et même si j’ai desserré la bande autour j’ai l’impression que cela me serre trop.

J’ai l’impression que sous le plâtre le gonflement (l’œdème) s’est intensifié.

La douleur de mon membre sous le plâtre a augmenté, voire a repris ; aucune position ni aucun médicament contre la douleur ne la calme.

Votre plâtre : 10 questions-réponses pour tout savoir

• Ma peau est rouge ou à vif autour du plâtre
• Je suis porteur d’un corset plâtré et j’ai le hoquet ou des nausées ou des vomissements.

Toutes ces situations sont anormales et nécessitent impérativement et d’urgence de desserrer voire de remplacer le plâtre, en tous cas de consulter un médecin immédiatement.

2. On vient de me poser un plâtre. Quelles sont les précautions à prendre les premières 48-72 heures ?

Le gonflement (l’œdème) sous le plâtre dû à votre blessure peut entraîner au début une impression d’être « serré » dans le plâtre ou l’attelle (ou gouttière). Il est très important d’aider à faire diminuer l’œdème pour réduire la douleur.

Afin d’éviter un effet de garrot, il est interdit de rouler la manche de votre chemise, de votre pull ou le bas de votre pantalon au-dessus du plâtre.

Si vous portez une attelle maintenue par une bande, vous pouvez la desserrer, mais sans quitter l’attelle.

Pour faire diminuer l’œdème :
• appliquez régulièrement de la glace placée dans un sac plastique sur toute la longueur du plâtre ou de l’attelle.
• surélevez votre membre immobilisé.

Votre plâtre : 10 questions-réponses pour tout savoir
Surélevez le membre supérieur : Quand vous êtes debout, maintenez-le par une écharpe de façon à ce que le poignet soit plus haut que le coude par rapport à l’horizontale. Quand vous êtes allongé, surélevez la main sur un coussin.

Votre plâtre : 10 questions-réponses pour tout savoir
Surélevez le membre inférieur : Le plus souvent possible asseyez-vous en faisant reposer le talon sur une chaise afin que la cheville soit plus haute que le genou. La nuit, surélevez les pieds du lit de 10 cm.

A savoir : Dans les premières heures, le plâtre va vous paraître lourd. Il va s’alléger rapidement en séchant.
Si vous portez un « plâtre de marche », ne marchez pas dessus jusqu’à ce qu’il soit complètement sec et dur (soit environ une heure pour les immobilisations en résine et de 36 h à 48 h pour celles en plâtre).

3. Ensuite comment dois-je surveiller régulièrement mon plâtre ?

• Inspectez la peau autour du plâtre, vérifiez qu’elle ne soit pas blessée par les bords du plâtre.

• Inspectez le plâtre pour vous assurer qu’il reste propre : Si des taches apparaissent s’accompagnant ou non d’odeurs nauséabondes, ceci peut traduire une souffrance de la peau sous le plâtre (phlyctènes), voire l’apparition de pus – correspondant à une infection des plaies ou de la cicatrice chirurgicale ou à des escarres – sous le plâtre.

• Inspectez l’état du plâtre : S’il devient craquelé ou si des points mous se développent par endroit, ou s’il est cassé, il n’est plus efficace.

• Si votre membre peut bouger facilement, descendre à l’intérieur du plâtre, sa fonction d’immobilisation n’est plus assurée, il n’est plus efficace. Le plâtre est devenu trop grand en raison de la diminution de l’œdème et de la fonte de vos muscles.

4. Quelles sont les précautions à prendre dans la vie quotidienne pour ne pas abîmer mon plâtre et lui conserver son efficacité ?

• Le plâtre ou l’attelle plâtrée, qui immobilise votre la blessure pendant qu’elle guérit, est fragile. Il faut en prendre soin grâce à quelques mesures de simple bon sens.

• En aucun cas, ne passez votre plâtre sous l’eau (même s’il est en résine), au risque que l’humidité l’affaiblisse, détrempe le rembourrage intérieur et cause une irritation. Vous pouvez prendre une douche à condition que le plâtre soit protégé de deux épaisseurs de sacs plastiques fixés par un sparadrap qui devra assurer leur parfaite étanchéité. Même s’il est recouvert, ne placez pas le plâtre sous l’eau courante, un simple trou d’épingle dans la couverture plastique risquant de le détremper.

• Ne vernissez pas le plâtre pour ne pas empêcher l’évaporation naturelle et provoquer une macération sous le plâtre.

• Évitez de le salir, évitez que du sable (à la plage) pénètre à l’intérieur.

• Ne tirez pas, ne retirez pas le rembourrage intérieur.

• Ne cassez pas, ne coupez pas les bords du plâtre, ne raccourcissez pas le plâtre qui va devenir inefficace ou entraîner des appuis intempestifs dangereux.

• Si vous portez un corset, limiter la dilatation de l’estomac en fractionnant votre alimentation en cinq repas par jour, en supprimant les boissons gazeuses et les chewing-gums.

Ne conduisez pas un véhicule ou un 2 roues avec un plâtre ! C’est strictement interdit. En cas d’accident, votre responsabilité serait engagée sans couverture de votre assurance.

5. Le médecin m’a prescrit un traitement anticoagulant quotidien pour prévenir la phlébite sous plâtre. Puis-je m’en passer ?

• Non, dès la puberté, ce traitement est obligatoire quand vous portez un plâtre sur le membre inférieur -que vous marchiez en appuyant ou non sur votre plâtre- ou quand vous portez un corset plâtré pour une fracture du rachis.

• Ne l’interrompez en aucun cas sans avis médical et respectez les consignes de surveillance (généralement par prises de sang) que le médecin vous a prescrites

6. Quand dois-je consulter le chirurgien orthopédiste pour la surveillance de mon traitement par plâtre ?

• La première consultation de suivi se déroule en général 48 heures après la confection du plâtre. La surveillance continue les semaines suivantes, le plus souvent 8, 21 et 45 jours après la pose du plâtre puis ensuite tous les mois.

• A chaque fois, des radiographies sont effectuées pour contrôler le plâtre en lui-même ainsi que l’évolution de votre fracture. Le chirurgien contrôle sur ces radiographies l’absence de déplacement de la fracture et sa consolidation.

7. Pourquoi faut-il faire des exercices physiques du membre immobilisé par le plâtre ?

• L’immobilisation par le plâtre entraîne par non-usage des muscles, une perte de leur force et par non-usage des articulations, leur enraidissement.

• Des exercices quotidiens d’entretien des muscles sont nécessaires (surtout au membre inférieur) : Plusieurs fois par heure, contractez vos muscles sous le plâtre et faites bouger les articulations du membre qui sont libres et notamment celles des doigts ou des orteils. Ces exercices vous aideront à conserver le plus possible une force musculaire normale et la mobilité de vos articulations.

8. La peau me démange sous le plâtre. Que faire ?

• Cela peut arriver surtout au début. Même si cela peut être difficile de résister, le mieux est d’arriver à ne pas se gratter, voire de se gratter ailleurs et d’attendre que cela passe.

• N’essayez pas de vous gratter en introduisant, une aiguille à tricoter sous le plâtre : la sensation de démangeaison ne fera qu’empirer et vous risquerez d’abîmer votre peau sans vous en apercevoir- le port du plâtre diminue la perception de la douleur au niveau de la peau- et de créer une plaie qu’on ne pourrait soigner qu’en ôtant le plâtre. De plus l’objet utilisé pourrait se casser et se coincer entre le plâtre et la peau avec un risque d’infection de la peau (si c’était le cas contactez rapidement votre médecin pour retirer l’objet et re-confectionner le plâtre).

• Si les démangeaisons sont trop intenses et que vous sentez que vous n’arriverez pas à résister, il vaut mieux trouver un objet sans danger pour se gratter (c’est-à-dire un objet suffisamment long pour ne pas se coincer sous le plâtre, souple mais solide -en plastique par exemple- et toujours propre).

• Si les démangeaisons persistent et vous gênent vraiment, contactez votre médecin qui pourra prescrire un médicament de type antihistaminique agissant contre les démangeaisons.

9. Pourquoi ne dois-je pas retirer moi-même mon plâtre ?

• Décider d’enlever et enlever un plâtre (on dit ablation) est un acte médical qui engage la responsabilité du médecin. Seul ce dernier peut le retirer dès lors qu’il estime que la blessure (fracture, entorse) est suffisamment guérie et que l’os est assez consolidé pour supporter les contraintes physiques de la vie quotidienne.

• En retirant vous-même votre plâtre, vous risqueriez de couper votre peau (avec les risques d’infection que cela entraîne).

• Si l’ablation doit être réalisée par un confrère d’une autre région, il vous faudra demander à celui qui l’a confectionné une fiche relative à sa technique (épaisseur, coton , jersey..)

10. Comment sera ma peau lorsque le plâtre sera retiré ?

On observe souvent une couleur de peau changée, décolorée, une peau sèche, des mauvaises odeurs, une pousse des poils, une perte locale de la masse musculaire : tout ceci se résorbera dans les semaines suivant l’ablation de votre plâtre.

Cet article a été rédigé avec le concours du Docteur Jean-Christophe Bel, chirurgien orthopédiste et traumatologue à l’Hôpital Edouard Herriot de Lyon (HCL), membre de la SOFCOT.


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