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Montesquieu

Publié le 23 juillet 2008 par Malesherbes
Nous avons porté à la tête de l’État un jouisseur sans éducation, ivre de femmes et de luxe, prompt à l’invective, qui confie volontiers qu’après la présidence, son but suprême est de faire de la thune. Malheureusement on ne voit pas quelle réforme de la Constitution pourrait protéger l’État des excès d’un tel personnage. Il était de la responsabilité des électeurs de ne pas se laisser abuser par ce genre d’homme politique, habile à manier des mots fourre-tout comme réforme, action, travail, et ce d’autant plus lorsqu’ils ont eu l’occasion de le voir agir des années durant comme ministre. Mais en outre, notre Président est un bonimenteur de très grand talent. En début d’année, au cours d’une conférence de presse spectacle, lorsque Laurent Joffrin, du Nouvel Observateur, avait eu l’impertinence de l’accuser d’instaurer une monarchie élective, notre Président s’était impunément moqué de ce journaliste en lui demandant où il avait vu que notre Président était le fils de Jacques Chirac. De deux choses l’une, ou bien notre Président n’entend pas le français, ce qui ne peut être exclu, ou bien il est d’une parfaite mauvaise foi, ce que j’ai déjà souvent souligné. Mais, en l’occurrence, il profitait d’une situation dans laquelle son interlocuteur n’avait pas la possibilité de lui répondre.
Comme la preuve nous a été infligée que de tels hommes peuvent accéder à la magistrature suprême, il est indispensable que notre Constitution nous en protège. Comme Montesquieu l’a énoncé, il ne saurait y avoir de démocratie sans séparation des pouvoirs. Le chef de l’exécutif n’a pas à haranguer le législatif, un point c’est tout. La réforme adoptée lundi permet au Président de s’exprimer devant le Parlement, sans qu’il ait à craindre de sanction puisque les élus n’auront pas à se prononcer par un vote. Cette réforme, proposée au nom d’une illusoire modernité, est en fait sur ce point une régression inqualifiable. Je n’imaginais pas nos élus disposés à subir sans broncher des avanies comme celle encaissée par ce malheureux Joffrin.
Je reviendrai prochainement sur cette réforme mais je tiens sans attendre à mettre en évidence le magnifique tour de passe-passe des 3/5°. Une réforme de la Constitution a besoin pour être adoptée d’une majorité des 3/5°. Le législateur a ainsi voulu qu’un acte de cette importance requière une majorité plus ample que la simple majorité absolue et obtienne ainsi l’adhésion d’un plus grand nombre d’élus. Dans son immense magnanimité, l’homme qui se dit « pas illégitime à » a voulu associer les parlementaires à certaines nominations. Leurs commissions pourront s’y opposer si elles disposent d’une majorité des 3/5°. Saluons ce souci d’équilibre, à nouveau 3/5°. Malheureusement, ceci signifie que pour imposer sa volonté, le Président n’a pas même besoin de la majorité absolue mais pourra se contenter d’un modeste 40%. Beau geste, que de pouvoirs nouveaux accordés au Parlement !

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