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Les masques sont en train de tomber

Publié le 23 juillet 2008 par Lozsoc

Les masques sont en train de tomber

juillet 23rd, 2008 Posted in Congrès du PS, France, Vie du PS

Les masques sont en train de tomber. C’est ainsi que le camarade Bertrand Delanoë, maire de Paris, a appelé aujourd’hui les socialistes à ne pas tomber dans « le piège » tendu par Nicolas Sarkozy.

Les masques sont en train de tomber

Diable, quel est donc ce piège ? L’autodénigrement, c’est-à-dire cette propension que les socialistes auraient de se critiquer les uns les autres. Cet autodénigrement nourrirait, selon Delanoë, l’esprit de division et d’individualisme. Voilà bien le genre de circonvolutions que le maire de Paris affectionne !

Pour dire les choses plus simplement que Bertrand Delanoë (qui a dû prendre des cours de langue de bois chez Jean-François Copé), il ne faut pas morigéner Jack Lang, sous peine de donner une vilaine image du PS.

Afin d’échapper au piège de Sarkozy – décidément d’un machiavélisme surpuissant si l’on suit le raisonnement de Delanoë – il aurait donc tout simplement fallu ne rien reprocher à Jack Lang, c’est-à-dire s’accoutumer à l’idée qu’un parlementaire socialiste puisse s’affranchir de la ligne décidée par sa famille politique au point d’apporter son concours et son soutien à la majorité la plus réactionnaire et la plus rétrograde (politiquement, socialement, économiquement) que la France ait connue depuis une cinquantaine d’années.

En d’autres termes, il faudrait s’incliner devant l’opportunisme de quelques individus. Il faudrait taire la félonie et ronger son frein puisque dénoncer l’opportunisme et la traîtrise reviendrait à tomber dans un piège tendu par Sarkozy.

L’opportunisme et la traîtrise, c’est moderne et vertueux. La fidélité et la discipline, c’est ringard et sectaire. On voit que Delanoë et Sarkozy sont décidément sur la même longueur d’onde.

Dans son sermon de milieu de semaine, Bertrand Delanoë en a donc appellé « chacun à la responsabilité, à la solidarité et à la sérénité. »

Amen.

Le maire de Paris n’est seul à penser ainsi. On rappellera que Valls et ses amis avaient dénoncé, dans la journée d’hier, l’« antisarkozisme pavlovien » (sic) de la direction du PS. Remarque assez comique et navrante de la part du maire d’Evry, lui qui, justement, est un pur produit du PS, et qui n’a même rien connu d’autre que la vie d’appareil et les courbettes pour y faire sa place.

Valls est donc le prototype du faux rebelle et du vrai conformiste. Il critique l’antisarkozisme pavlovien de la direction, mais on notera qu’il s’est bien gardé de voter en faveur de la réforme constitutionnelle, alors même qu’il la trouvait à son goût, il y un mois et demi, au point d’avoir tenté de fomenter une fronde au sein du groupe parlementaire socialiste.

Au fond, à l’image de Fabius, DSK, Aubry, Jospin, Mélenchon, Montebourg et de tant d’autres, Bertrand Delanoë et Manuel Valls ont ceci de commun : l’un et l’autre défendent l’idée d’un Parti socialiste faible et d’une direction sans ligne politique claire, vivant dans une perpétuelle indécision.

L’un et l’autre défendent l’idée que chaque élu socialiste de premier plan puisse agir à sa guise sans avoir de compte à rendre à sa famille politique.

L’un et l’autre défendent les petites phrases, les petites combinaisons, les petites stratégies mesquines qui, dans un passé récent, ont pourtant conduit le PS à la division durant le référendum sur le projet de constitution européenne et durant les élections présidentielles.

A chaque fois que les militants ont exprimé une ligne politique claire, une direction à suivre, il s’est trouvé systématiquement deux ou trois responsables socialistes pour la contester dans les médias et faire exactement l’inverse, sans être nullement inquiétés par la direction du PS.

Résultat, le PS a sombré dans la cacophonie et son message a été brouillé.

Et maintenant, ces artisans de la cacophonie osent en appeler à l’unité, à la sérénité et au ragnagna pseudo consensuel d’avant Congrès.

Disons les choses comme elles sont : ces personnes se satisfont très bien d’être dans l’opposition. Celles-ci s’installent dans un système que François Mitterrand était parvenu à casser pour mener la Gauche démocratique au pouvoir. Demeurer dans l’opposition leur permet en effet d’entretenir leurs positions de barons locaux, leurs réseaux d’obligés, de distribuer les places dans l’appareil et d’entretenir une certaine paresse collective.

La Droite aime ces « socialistes pleurnichards » qui lui permettent de croire que le pouvoir lui échoit de droit divin.

Il n’y a que Ségolène Royal qui défende des options radicalement différentes et qui résiste à cet esprit de capitulation.


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