Magazine Société

UIMM : le témoignage qui accuse Mitterrand, la CGT et le CNPF

Publié le 24 juillet 2008 par Cguittard @cguittard
24 jui 2008Par  Fabrice Arfi Fabrice Lhomme www.mediapart.fr (source et suite de l'article)Nouveau rebondissement dans l'affaire de l'UIMM. Le juge Roger Le Loire a recueilli un témoignage décisif dans le scandale des enveloppes en espèces distribuées par la plus puissante fédération patronale de France. Le magistrat, qui cherche la trace de plus de 16 millions d'euros en espèces distribués entre 2000 et 2007, a longuement interrogé, le 16 juillet, Jacques Gagliardi, l'ancien directeur des études de l'UIMM - et confident de Pierre Guillen, prédécesseur de Denis Gautier-Sauvagnac à la tête de l'UIMM.    Jacques Gagliardi, 77 ans, a été mis en examen début juillet du chef de «recel d'abus de confiance» pour avoir perçu de l'UIMM des compléments de salaires en liquide pendant plusieurs années. Le témoignage de M.Gagliardi, qui fut par le passé un militant de l'Algérie française au sein du mouvement Patrie et Progrès dont il a été l'un des animateurs avec Philippe Rossillon, met surtout en cause la gauche: la CGT et l'ancien président de la République François Mitterrand (PS).   D'entrée, M. Gagliardi, qui a quitté l'UIMM en 1995, a annoncé la couleur, en évoquant l'ancêtre de l'UIMM, le Comité des forges. «Pendant toute l'entre deux guerres, a-t-il rappelé, le Comité des forges a fait de la politique, et après la guerre de 1939-1945, ce même comité devient la chambre syndicale de la sidérurgie. Et à l'époque, en 1966, date à laquelle je suis moi-même rentré dans la sidérurgie en qualité de chef du service de presse au sein de l'association de la sidérurgie Lorraine, dirigée par M. Le Poivre, la chambre syndicale était présidée par M. Jacques Ferry et qui avait comme conseiller M. Giraudon de Mazobert. C'est ce dernier qui, à cette époque, dirigeait l'action vers le monde politique et vers la presse. Cela consistait en de la distribution d'argent en espèces à des hommes politiques de tout bord hormis le parti communiste, à l'époque il n'y avait pas d'extrême droite, mais des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand».     Sur la période des années 1970, M.Gagliardi a précisé : «Je pense que la chambre syndicale finançait directement les hommes politiques et les journaux, il y avait un budget pour la presse. Par exemple, pour financer, il suffisait de payer des placards publicitaires dans le journal, sans que ceux-ci soient publiés. Quant à l'UIMM, je pense que dès cette époque et peut-être avant, elle aide les syndicats d'une autre manière. Elle ne finance pas les syndicalistes comme des hommes politiques, mais elle concourt aux nécessités financières des syndicats lorsqu'ils ont des budgets qu'ils ne peuvent pas assumer eux-mêmes, par exemple la mise en place d'un congrès».
AJOUT - 24 JUILLET - 12 HEURES -
 Jacques Gagliardi a été joint par Mediapart. Il nous a confirmé la teneur de son témoignage du 16 juillet au juge Le Loire. «Tout ce que j’ai dit est vrai. Et si je le dis, c’est que c’est exact », a-t-il d’abord assuré dans un court entretien accordé téléphoniquement. D’une voix enjouée, l’ancien directeur des études de l’UIMM a ajouté : «Comme disait Chirac, si maintenant on ne peut plus utiliser notre argent comme on veut, où va-t-on ?». Pour lui, «personne ne pourra rien tirer de cette affaire». Mis en examen pour avoir perçu des compléments de salaires en liquide de l’UIMM, Jacques Gagliardi estime par ailleurs que sa mise en cause ne tient pas sur le plan juridique. «Dites-moi comment un tribunal va pouvoir prouver qu’il y a eu abus de confiance ! Ça tournera en eau du boudin…».

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Cguittard 1811 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine