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Des effets du réchauffement climatique sur mon balcon

Publié le 25 juillet 2008 par Mgallot

Il arrive qu'on touche du doigt très concrètement ce que signifie le réchauffement climatique et la migration massive de dizaines d'espèces d'insectes chaque année vers le Nord. Certes, j'avais entendu parler du moustique responsable de la transmission du chikungunya repéré en Italie depuis l'an dernier, du parasite du palmier originaire d'Egypte sur la riviera niçoise, de la carpocapse ravageur des pommiers et poiriers en Normandie.

"Une moyenne de 19 espèces exotiques d'invertébrés, en grande majorité des insectes, s'est ainsi établie par an en Europe durant la période 2000-2007 contre 10 en moyenne par an entre 1950 et 1975" explique l'Inra (institut national de recherche agronomique).

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Pour autant, je ne m'attendais pas à devoir affronter cet été l'un de ces nouveaux venus. Mon envahisseur se nomme Cacyreus marshalli ou brun du pelargonium, pour les intimes (qui d'ailleurs s'en passeraient bien).

Ce papillon brun pond sur les géraniums (et uniquement sur les géraniums!) de petits oeufs blancs dont sort une larve, puis une chenille qui mangent les boutons et les feuilles de l'intérieur, compromettant la floraison, voire la survie de la plante infestée.

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Voici le trou dans un bouton causé par la larve du brun du pelargonium qui le grignote.

 

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Les deux petits points blancs sont ses oeufs.

 

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La feuille d'un de mes géraniums mangée de l'intérieur par les larves. 

Originaire d'Afrique, cette espèce a été d'abord repérée aux Baléares à la fin des années 80, puis en Espagne dans les années 90, avant d'atteindre le Sud de la France. L'absence de prédateur sur le sol national et la faible efficacité des insecticides lui donnent la possibilité de proliférer en toute quiétude.

Si Lyon semblait en 2001 la limite septentrionnale de ce brun ténébreux, selon l'inra, "son expansion n'est sans doute pas terminée et il poursuivra sa conquête de proche en proche (au vol) ou en profitant des transports. Pour d'aucuns, le réchauffement climatique le favoriserait..."

J'ai renoncé à voir fleurir mes géraniums cet été. L'année prochaine, je planterai d'autres fleurs non sensibles à ce maudit insecte. Mais la présence de ce papillon pionnier sur mon balcon n'est guère rassurante, et je me demande ce qu'il va tomber sur les arbres fruitiers et autres cultures vivrières ces prochaines années, sans compter les insectes vecteurs de maladies humaines.


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